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Les Amis de l'Ecole de Rouen

UNE OEUVRE, UNE HISTOIRE...

20 Janvier 2017, 17:07pm

Publié par le webmaster

Robert-Antoine PINCHON - "le logis de CARADAS"- aquarelle gouachée - coll. particulière

Robert-Antoine PINCHON - "le logis de CARADAS"- aquarelle gouachée - coll. particulière

QUI :  Robert-Antoine PINCHON (1886-1943)

QUAND : entre 1935 et 1940

 

QU’ EST-CE : Le logis de Caradas

(aquarelle gouachée, coll. part.)

 COMMENT

Durant la seconde partie de sa carrière, donc après 1920 au retour de la Grande Guerre qu’il termina prisonnier en Allemagne, Robert Antoine Pinchon est sollicité comme illustrateur par Henri Defontaine, prolifique éditeur à Rouen.

Il participe notamment aux ouvrages de Guy de Maupassant ''Les Contes Normands'' réédité en 1925, de Lucie Delarue-Mardrus “Rouen” (1935), de Pierre Chirol “Cathédrales et Eglises Normandes” (1936), de Jean De La Varende  “Les Châteaux en Normandie” (1937)...

Avec une économie de moyens afin d’optimiser la reproduction de ses dessins, il produit donc des aquarelles et des lavis des monuments remarquables normands.

Ainsi, sensibilisé à l’architecture médiévale de la capitale normande, il s’adonne par la suite à dépeindre ses bâtiments caractéristiques comme les nombreuses maisons à colombages dont Rouen s’enorgueillit de posséder.

Des huiles, des aquarelles, mais pas à notre connaissance de crayons de couleurs qu'il utilisa au cours de sa convalescence à St Céré (Lot) après qu'il fut blessé mi-octobre 1914, ou lors de sa captivité en Allemagne en 1916. Ce point est intéressant car, autant ses premiers dessins sont ensoleillés malgré leur contexte brutal et tragique, autant ses huiles très délayées ou ses aquarelles portraiturant Rouen, nous paraissent un peu tristes aujourd’hui, surtout lorsque l'on compare avec son œuvre fauve d'avant 1914.

Mais il faut se rappeler que, d’une part les bâtiments devaient être moins mis en valeur à l'époque et, d’autre part, que son apprentissage aux dessins d’édition nécessite une économie chromatique pertinente, technique qu'il poursuit également dans ses compositions destinées à sa clientèle.

De plus, à l'instar de son aîné, Léon-Jules Lemaître (1850-1905) le chantre des ruelles du vieux Rouen nacrées d'atmosphères pluvieuses, Pinchon nous livre ici une fin d'après-midi typique bien grise que des rehauts de gouache blanche éclairent avec talent.

 

                                                                          Brice Aurpeuthy

 

…ET SON ENVIRONNEMENT

QUAND LE DESTIN PERMET DE RETROUVER UN PRÉCIEUX TÉMOIGNAGE D'UN PASSÉ CHARGÉ D'HISTOIRE ET DÉVASTÉ PAR LA GUERRE !

Cette fort jolie aquarelle est exécutée par Robert-Antoine PINCHON dans la période précèdant la déclaration de la deuxième guerre mondiale; elle fait partie d'une exposition de l'Artiste qui s'est tenue du 16 mai au 15 juin 1941 dans les locaux de l'Hôtel de la Couronne à Rouen, dont le propriétaire, Pierre DORIN est un ami du peintre.

Cette exposition comprenait 35 numéros de toiles ainsi que des dessins, gouaches et aquarelles.

   En 1942, PINCHON , âgé de 56 ans, va exposer une dernière fois dans les locaux du magasin Printania  et tombe gravement malade. Malgré des soins attentifs, Il s'éteint le 3 janvier 1943.

En mai 1944 , Rouen subit d'intenses bombardements et une partie de l'hôtel de la Couronne est détruite; par miracle, l'aquarelle évoquée ici est retrouvée dans les décombres.

Au dos de l'œuvre figure un intéressant témoignage écrit qui précise :

"retrouvé en mai 1944, dans les ruines de l'hôtel de la Couronne,

et offert par M.Pierre DORIN à Mlle…"

UNE OEUVRE, UNE HISTOIRE...

Le logis, dit "des CARABAS" est un bâtiment édifié à Rouen dans la seconde moitié du XVème siècle à l'angle des rues de la Savonnerie de la Tuile par Carabas de Quesne,  issu d'une famille de négociants Espagnols installée dans la ville. Avec la partie sud figurée ci-dessus donnant sur la rue de la Tuile (achevée au début XVIème), l'ensemble en colombage s'élevait sur trois étages et deux en combles possédant un quadruple encorbellement surmonté de corniches en mâchicoulis et  assorti  de deux oriols octogonaux.

L'ouvrage, classé monument historique en 1926, qui constituait, selon les Historiens Normands, la "perle des maisons en bois de la Cité" , fut victime de l'effroyable incendie du 9 juin 1940  Il ne subsiste,hélas !, aucun vestige.

                          JACBA

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