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Les Amis de l'Ecole de Rouen

Albert LEBOURG (1849-1928) peignant sur les berges de la Seine, face à MUIDS (27)

18 Mars 2017, 10:15am

Publié par le webmaster

photographies - archives privéesphotographies - archives privées

photographies - archives privées

   L'année 1903 est une année particulièrement bien remplie pour l'artiste âgé de cinquante-quatre ans.

   Début mars, Albert Lebourg dîne avec l'industriel-négociant François Depeaux (1) qui lui fait part de sa délicate situation conjugale.

   Quelques jours plus tard, la municipalité de Montfort-sur-Risle (Eure), où il est né le 1er février 1849, lui apprend que la proposition d'attribuer de son nom une place du village (en face de sa maison natale) est refusée.

   Le 16 avril, ouverture du Salon de la Société Nationale des Beaux-arts de Paris, treizième exposition depuis sa fondation en 1890. Albert Lebourg en est Sociétaire, et adresse six "Bords du lac de Genève", souvenirs de son séjour en automne 1902.

   Le 20 mai, il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur ; quatre jours après, l'artiste écrit à Roger Marx (2), critique d'art, Inspecteur Général des Musées au ministère des Beaux-arts, pour le remercier : "...d'avoir eu la pensée de me faire avoir cette croix que je suis très fier de ne devoir qu'à vous qui l'avez demandée au ministre...".

   L'événement étant d'importance, il s'était ébruité quelques semaines auparavant, et Charles Angrand en avait eu connaissance par l'intermédiaire de la famille Guilloux (3). Il écrit le 5 mars de Dieppe à Lebourg : "cher Monsieur Lebourg, Mademoiselle Guilloux m'apprit samedi l'heureuse nouvelle de votre promotion. Les artistes n'avaient pas attendu cette imprécation (?) pour vous accorder la leur. Ils apprécient depuis longtemps votre belle œuvre. Ceux qui, comme moi ne sont plus jeunes, l'ont vue se fonder étape par étape … Vous êtes devenu le Maître Vénérable dont chacun reconnaît la haute figure et dont nous, Normands, sommes particulièrement fiers..." (8).

   Habitué au transport en chemin de fer entre Paris et Rouen où il possède un atelier dans chacune de ces deux villes, il a pu jouir du superbe paysage qui s'offre lors de ce trajet au bord de la Seine. Ce fleuve, il le connaît mieux que quiconque ! De Paris à Honfleur, il a saisi tous les plus beaux effets en toutes saisons.

   Pour l'été, il choisit donc de s'installer à Muids, village situé sur la rive droite. C'est un endroit paisible et réputé pour la pêche, qui possède à cette époque pas moins de seize restaurants-pensions, ainsi qu'une jolie église des XIIème et XVIème siècles, avec des fonts-baptismaux du XIVème siècle. Albert Lebourg choisit de s'y fixer pour août et septembre.

   Il donne à son beau-frère Albert Guilloux (4) (1871-1952), (les témoins d'Albert Guilloux à sa naissance sont Philippe Zacharie et Léon-Jules Lemaitre !), quelques explications depuis Paris sur le site, le 6 août :

ci-dessous " la descente du passage du bac à Muids"  - voir l'image plus loin : "Albert LEBOURG  dans la descente. pour se mettre  au travail...."...passage de la descente du bac à MUIDS

".. Tu dois savoir maintenant que j'ai loué la maison pour Alice (5) qui est probablement sur son départ, si elle n'y est déjà installée avec ta mère. Le pays en lui-même ne m'avait pas emballé outre mesure, mais le chemin de fer m'a eu l'air commode pour aller du côté de la vallée de l'Eure, de sorte que j'irai moi-même dès que j'aurai terminé des choses en train ici et aux environs et qui me prennent tout mon temps et surtout toutes les après-midi … Je te verrai sans doute à Muids où tu viendras te délasser et pêcher à la ligne. La mère Guilloux a acheté une ligne et un filet à papillons pour courir après ces bestioles, le costume des villégiatures est de rigueur..."

     Le 12 septembre, Albert Lebourg écrit à son ami Paul Paulin (6) : « depuis que je ne t'ai vu, je suis installé ici, au bord de la Seine, dans cet endroit où les berges sont très belles… Corot y venait autrefois, et Daubigny aussi. Évidemment, ce n'est pas aussi beau que de leur temps, mais c'est encore fort joli. Les Andelys ne sont pas loin, et aussi la vallée de l'Eure, de sorte que c'est l'embarras du choix et le mois va passer pour moi très rapidement. Malgré toute ma bonne volonté, il me sera impossible d'aller vous voir...".

   

     Albert Lebourg va y exécuter plusieurs toiles. Celle présentée à l'exposition de Mantes-la-Jolie, est l'archétype même de la toile recherchée par les collectionneurs de cet artiste qui a, ne l'oublions pas, participé à deux reprises (1879 et 1880) aux expositions du groupe impressionniste.

Un ciel magnifique, typique de cette vallée, une atmosphère unique, une plantureuse végétation parfaitement rendue, une animation avec ces vaches et leurs gardiens et, enfin, une ambiance générale d'une grande sérénité. C'est une très belle page normande qu'offre l'artiste à son pays natal.

François Lespinasse

février 2017

Albert LEBOURG - Bords de Seine à MUIDS - 1903- HST 54X81 - collection particulière.Cette toile est visible  en ce moment à l'Expo du Musée de l'Hôtel-Dieu de MANTES-la-Jolie (25 février - 25 juin 2017)

Albert LEBOURG - Bords de Seine à MUIDS - 1903- HST 54X81 - collection particulière.Cette toile est visible en ce moment à l'Expo du Musée de l'Hôtel-Dieu de MANTES-la-Jolie (25 février - 25 juin 2017)

Notes:

1) Voir François Lespinasse : François Depeaux, portrait d'un collectionneur. Ed, Association des Amis de l'Ecole de Rouen, Rouen, 2016.

2) Roger Marx (1859-1913) : Homme de lettres,critique d'art, Inspecteur Général des Musées des Départements au ministère des Beaux-arts, correspondant de la Gazette des Beaux-arts (deux très importants articles sur Lebourg). Voir : Roger Marx, un critique aux côtés de Gallé,  Monet, Rodin, Gauguin, Ville de Nancy/Musée d'Orsay 2006.

3) Il s'agit de Germaine Guilloux, fille d'Alphonse Guilloux, nièce d'Albert Lebourg, dont le musée de Rouen conserve le Portrait d'Albert Lebourg par Germaine Guilloux....

4)Albert Guilloux (1871-1952) : rouennais, dernier enfant d'une fratrie de neuf, élève de l'Ecole des Beaux-arts de Rouen, Prix du Salon en 1903.

5) Alice Guilloux (1861-1940) : épouse Emile Lambin en 1890, qui décède en 1902. Elle épousera Albert Lebourg en seconde noces le 26 février 1921.

6) Paul Paulin (1852-1937) : Originaire de Chamalières, docteur en médecine, puis chirurgien-dentiste, peintre et sculpteur. Il réalisa les bustes de Monet, Pissarro, Degas, Lebourg, Moreau-Nélaton..

7) Charles Angrand (1854-1926) : Voir: F. Lespinasse :

, éd.F.L, Rouen 1988 et catalogue: C. Duvivier, Adèle Lespinasse, F. Lespinasse, Musée de Pontoise, éd. Somogy, 2006.

8) Correspondances : Archives privées.

Charles Angrand, correspondances

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Angeline 28/03/2017 21:52

j'aime me promener ici. un bel univers. venez visiter mon blog