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Les Amis de l'Ecole de Rouen

exposition Michel FRECHON à BERNAY

21 Juin 2012, 16:02pm

Publié par le webmaster

à retenir absolument !Tn 000534


affiche-expo.M.FRECHON-Bernay-0612 (Copier)Exposition Michel FRECHON  

au Musée des Beaux-Arts de BERNAY

place Guillaume de Volpiano

du mardi au dimanche de 11h à 18h

du 23 juin au 16 septembre

 

Noter aussi que, Dimanche 1er juillet, une visite gratuite est organisée

avec François LESPINASSE, co-commissaire de l'exposition

(tel. 02 32 46 63 23)

 

clique sur l'image pour l'agrandir

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interview de Delphine CAMPAGNOLLE par Pierre BUYCHAUT

21 Juin 2012, 16:00pm

Publié par le webmaster

D-Campagnolle--Copier-.JPG1994, Del

Avant que ne débute la rétrospective "MICHEL FRECHON" au Musée des Beaux Arts de Bernay, nous rencontrons Delphine CAMPAGNOLLE qui fut l'instigatrice de ce projet. En effet, elle a rejoint, depuis le début de cette année 2012, les rangs du Musée National de l’Éducation à Rouen, mais suit, par passion aujourd'hui encore, la bonne réalisation de son ancien projet.

Diplômée de l’École du Louvre Delphine CAMPAGNOLLE enchaîne sur deux ans de Master à l'Université de Paris VIII-St Denis, de Maîtrise Scientifique et Technique de Médiation Culturelle.

Or, un stage de dernière année de Master la conduit au Musée de Bernay, alors dirigé par Madame AUBE. Et Bernay lui convient tout à fait, puisque c'est sa région de naissance !

La chance lui sourit de nouveau deux ans plus tard, car le musée doit se doter d’un service des Publics et sa spécialisation en médiation culturelle l’aide à créer cette politique culturelle;

En 2006, Delphine CAMPAGNOLLE passe le concours d’attachée de conservation du patrimoine et est promue Directrice du Musée des Beaux Arts de Bernay.

Pierre BUYCHAUT : à votre arrivée au Musée de Bernay, que représentait, pour vous,  l'Ecole de Rouen ?

Delphine CAMPAGNOLLE : pour être franche, à l’École du Louvre, on nous avait parlé d'Albert LEBOURG, et c'est tout... Peut-être comme représentant paysagiste d'une École Régionale. En fait, à mon arrivée, je n'avais absolument pas conscience de l'importance de cette "École de Rouen". Et puis, il y a eu la Rétrospective Charles FRECHON au Musée des Beaux-arts de Rouen en 2008. Une révélation !

Mais j'avais en mémoire la rétrospective Magdeleine HUE qui avait été montée à l'Abbatiale de Bernay attenante au Musée (du 14 juillet au 31 août 2004 NDLR). Ce n'était pas nous, le Musée, qui l'avions réalisée, mais M. Benoît Lecoq, alors Attaché culturel à la ville de Bernay. .

Car, vous le savez, Magdeleine HUE est née à Bernay (Magdeleine HUE, 1882-1944, marraine des enfants de Robert-Antoine PINCHON, est la seule Femme de 'l’École de Rouen' NDLR). Oh, je suis un peu embarrassée pour vous l'avouer, mais à l'époque, j'avais écouté les réflexions de ma directrice qui la considérait comme.... comme "un petit peintre" !

PB : et votre sentiment aujourd'hui ?

DC : sincèrement, c'est un Peintre ! Une femme ! Une vraie singularité ! Mais rattachée à une communauté d'artistes. Elle n'est pas la servile copie de PINCHON. C'est une coloriste à la palette flamboyante ! Et son parcours de femme libre n’est pas si courant pour l’époque !

PB : elle fait partie de vos peintres préférés ?

DC : moi, c'est plutôt PINCHON ! Et pour la 1ère génération : Charles FRECHON !

Et puis Charles ANGRAND ! Il n'a pas choisi la facilité. Regardez ses pastels ; ils ne sont pas toujours beaux, dans le sens où ils ne plaisent pas toujours au grand public ! Il n'a pas choisi la facilité commerciale. Enfin, c'est la vision romantique que j'en ai...

Ce n'est pas banal d'être Artiste ! Les Peintres de "l’École de Rouen" méritent leur place dans les encyclopédies d’Histoire de l'Art.

PB : vous parliez de Pinchon ?au Musée de Rouen (MONET, PISSARRO, GAUGUIN à Rouen, "une ville pour l'impressionnisme

DC : le Festival Normandie Impressionniste "(été 2010 NDLR) a été une découverte pour beaucoup de visiteurs de ce jeune prodige. Je trouve que l'on sent une humanité dans son œuvre. Une vraie harmonie se dégage de ses scènes de campagne. Le tout avec une palette réinventée, et malgré tout, sereine, " à la Matisse " du  "Luxe, Calme et Volupté "  (musée d'Orsay) (PINCHON accroche 3 toiles au même Salon d'Automne de 1905, la fameuse "Cage aux Fauves" -  NDLR). Le Portrait de sa Mère que nous avons exposé à Jardins Enchanteurs (dans le cadre de Normandie Impressionniste, été 2010, Musée de Bernay - NDLR) est monumental dans sa simplicité !

PB : d'ailleurs, comment est née la collaboration avec notre Association des Amis de l’École de Rouen ?

DC : eh bien, un jour, ce devait être fin 2008, un membre de votre Bureau a pris rendez-vous. Et il est arrivé, c'était cocasse, une valise remplie de livres et documentations de votre Association (Delphine CAMPAGNOLLE est, depuis, adhérente de l'Asso, NDLR).

Ernest Quost fleurs du matin (Copier) Nous avons longuement envisagé ce que pourrait être une collaboration entre le Musée de Bernay et l'AER. D'autant plus, il faut le dire, que le Musée est relativement pauvre en œuvres impressionnistes, à part le prodigieux QUOST de 1885, notre fleuron.

 ci-contre  "fleurs du matin" d'Ernest QUOST

Alors, je me suis dit pourquoi pas ? Ce pouvait être une opération gagnant-gagnant ! Une expo en associant une œuvre du Musée.

PB : et ce fut Michel FRECHON...

DC : oh ! Avant ça, il y a eu Quand l'enfant paraît (du 27 janvier au 31 mai 2010, NDLR), avec une demi douzaine de prêts dont Angrand et Pinchon ; puis la grande expo Jardins Enchanteurs (du 12 juin au 3 octobre 2010) qui a vu 6.000 visiteurs en 1 été, soit plus de 60 % de notre fréquentation annuelle !

PB : et ce fut Michel FRECHON...

DC : oui, à l'époque, fin 2008, on sortait de la rétrospective de son père Charles au Musée de Rouen. Et faire un enchaînement sur son fils Michel, je trouvais cela très instructif et aussi inédit...

En fait, je découvrais totalement cet artiste. Ce qui m'a séduit, c'est le dessinateur hors-pair. Et pourtant, nous possédons des dessins du XXème dans les collections du Musée avec l’importante donation De Maistre (1891-1953). Et Michel FRECHON est l'exemple même du fait que ce n'est pas parce qu'on n'est pas de l'avant-garde artistique, qu'on n'est pas intéressant ! Michel FRECHON joue sa propre musique particulière !

Je pense à ses portraits de femmes, tout en sérénité, charme...

PB : oui, ceux à la touche croisée...

DC : non, plutôt ses Langueurs, par exemple, où il invente un univers. Dans les portraits de sa famille, faits de touches croisées avec une technique brillante, je vous l'accorde, je trouve qu'il ne s'est pas encore affranchi de son père. Ce n'est pas ce que je préfère.

Je suis également très sensible à ses vues de Rouen, qui s'inscrivent dans la tradition... Dans la tradition d'Eugène ATGET (photographe 1857-1927 NDLR) par exemple, qui nous a montré des cours intérieures, des ruelles pavées du Paris de la fin du XIXème. Michel FRECHON, lui, nous montre un Rouen non idéalisé mais très présent.

PB : pas le Rouen de la reconstruction après la libération de 1945 ?

DC : ah si !! C'est vraisemblablement le Michel Frechon que je préfère ! Sa ville en reconstruction ! Il rejoint, à mon avis, la modernité des Gare St Lazare de Claude MONET ! Et puis, il adopte des cadrages tellement originaux. Il est un artiste à part entière, il s’intéresse à ce que nous n’avions pas regardé, il nous montre ce que nos yeux n’avaient pas vu.

Quant à ses Intérieurs de Cathédrale, ils viennent du legs paternel, certes. Mais il installe par ces noirs et ces blancs, un mystère, comme dans certains portraits de femme, d’ailleurs, où le temps semble suspendu..

Je le trouve moins à son aise dans ses paysages à l'huile qui, selon moi, sont moins riches.

PB : vous avez quitté le Musée de Bernay au début de cette année. Quel est votre quotidien ?

DC : je suis, depuis le 1er janvier, en poste au Musée National de l’Éducation de Rouen. Je me suis éloigné du domaine des Beaux-arts. C'est, pour moi, un vrai challenge intellectuel. Et je tente de faire profiter, à mon nouveau milieu, de mon regard extérieur qui est plus tourné vers le grand public. Car il faut que nous fassions connaître ce Musée ! Nous devons, je pense également, introduire plus de Beaux-arts dans ce musée qui est des cinq musées nationaux scientifiques. Car le thème de l’Éducation avec un grand E nous parle de l’histoire des hommes, de cet enjeu de civilisation. C’est un musée où l’art et l’histoire se répondent... L’enfance est donc à envisager très largement. Nous nous intéressons à l’histoire scolaire, mais aussi aux scènes d’éducation familiale...

Ces moments de complicité entre mère et enfants, par exemple chez Charles ANGRAND où la présence des enfants chez Charles FRECHON, me laissent penser que, peut-être, l’association des Amis de l’École de Rouen sera de nouveau un partenaire d’un musée, qui sait !

J'appréhende avec modestie ce nouveau poste, ce tournant professionnel, car, rendez-vous compte, le Musée de l’Éducation de Rouen renferme plus de 950.000 objets, ce qui constitue la plus importante collection européenne dans le domaine. Et, en plus, tout est à l'inventaire ! Aussi bien la toile d'un Maître hollandais du XVIIème, comme le cahier d'écolier de 1950 avec son lot de mauvaises notes ! D'ailleurs, nous sommes friands de ces « 'mauvais » carnets scolaires anciens. Alors, n'ayez pas honte, ramenez les nous, nous vous féliciterons !

PB : des projets ?

DC : en 2014, je serai co-commissaire d'expo ayant pour thème : L'enfant et la 1ère guerre mondiale.

 

propos reueillis par Pierre BUYCHAUT

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