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Les Amis de l'Ecole de Rouen

la rubrique d'Hubert PRIAUCEY (14)

26 Octobre 2014, 11:10am

Publié par le webmaster

1-   DE  L’ EXPOSITION  JAPONAISE

de  PEINTRES  de  L'ECOLE  de ROUEN

la rubrique d'Hubert PRIAUCEY (14)

Lors de l'Assemblée Générale de ce printemps 2014, le Bureau de notre Association nous avait annoncé le départ pour une tournée japonaise et coréenne de 10 œuvres des peintres qui nous sont chers. A savoir : 1 Albert LEBOURG, 1 Léon-Jules LEMAITRE, 1 Charles FRECHON, 1 Joseph DELATTRE et 6 Robert-Antoine PINCHON.

Cette 'tournée', d'une durée d'un an, verra les étapes suivantes :

Seiji Togo Memorial Sompo Japan Museum of Art, Tokyo, du 6 septembre au 9 novembre 2014 ;

Seoul Arts Center, du 18 novembre 2014 au 22 février 2015 ;

Hiroshima Museum of art, du 28 février au 12 avril 2015 ;

Kumamoto Prefectoral Museum of Art, du 18 avril au 14 juin 2015 

Yamanashi Prefectoral Museum of Art, du 27 juin au 30 août 2015 ;

Réunissant 135 numéros, émaillée de signatures prestigieuses dont Claude Monet (6 toiles), Eugène Boudin (11), Gustave Courbet (3), Turner (4 gravures), Johan Jongkind (2), Raoul Dufy (15), Félix Valloton (2), Richard Bonington, Camille Corot, Georges Braque, Albert Marquet etc..., notre expo se trouve sous l'égide de Mme Annette Haudiquet, conservateur en chef du Musée Malraux du Havre (MuMa), et du Brain Trust Inc. Tokyo. Les œuvres choisies viennent de Musées français des plus prestigieux, dont le Musée Marmottan à Paris, le MuMa du Havre, le Musée des Beaux Arts de Rouen, entre autres. Autant dire que nos chers peintres rouennais voyagent en éminente compagnie, à une place méritée après les expositions d'importance de ces dernières années auxquelles ils ont participé.

« L'estuaire de la Seine, L'invention d'un paysage », voilà le thème retenu, de quoi ravir nos amateurs asiatiques, si friands d'art impressionniste.

Plusieurs sections jalonnent l'exposition qui débute par « Au source de la création d'une image de la Normandie : le rôle des artistes britanniques et des artistes romantiques ». Les peintres anglais, surtout par l'aquarelle qui permet une transcription immédiate du motif, sont les premiers à s'être émus des ruines médiévales normandes, suivis par la vague romantique française, comme Isabey ou Fragonard.

« L'invention du paysage moderne » s'attache à montrer le rôle nouveau de la lumière dans la composition du paysage peint. Eugène Boudin crée ses 'Paysages de Mer', distinction bien établie avec les 'Marines'. De Corot et Courbet, puis des pré-impressionnistes Boudin, Daubigny et Jongkind, Annette Haudiquet présente des œuvres de Monet.

« Plaisirs de la plage » retrace l'attraction nouvelle de la bourgeoisie parisienne pour les plages de Trouville et Deauville. On y retrouve Boudin, le précurseur, Dubourg à sa suite, mais également Monet ainsi que cette merveilleuse toile du Musée de Rouen, 'L'heure de bain' de Duez.

« Impressions urbaines » : Annette Haudiquet y montre le souci des peintres à décrire les activités portuaires, avec les jeux subtils de brume et de fumées. Eugène Boudin, qui fait l'affiche avec son fabuleux 'Bassin de l'Eure' du MuMa du Havre, côtoie Stanislas Lépine, Charles Lapostolet et 'Bords de Seine, Croisset' du rouennais Léon-Jules Lemaitre, appartenant à notre Association, ainsi que 'Le Port de Rouen, effet de brume' de Joseph Delattre.

« Vers une libération de la couleur » fait la part belle aux Peintres de l'Ecole de Rouen, avec Albert LebourgCharles Frechon et pas moins de 6 Pinchon ! Puis on y voit Braque, Marquet, Vallotton et Henri de Saint Delis.

« Raoul Dufy, un peintre de l'estuaire » cloture l'exposition.

Ajoutons 2 sections photographiques : une de la fin du XIXème siècle avec Letellier et Chesneau, et une autre contemporaine avec Olivier Mériel.

Quelques clichés, fournis par Mme Haudiquet que nous remercions, vous décrivent la logistique de cette exposition itinérante.

Hubert PRIAUCEY

Vous pouvez également en découvrir d'autres en cliquant sur le lien :

http://www.muma-lehavre.fr/blog/montage-d-une-exposition-itinerante-au-japon

 

les oeuvres de l'expo prêtes pour le voyage.....et à l'arrivée !les oeuvres de l'expo prêtes pour le voyage.....et à l'arrivée !

les oeuvres de l'expo prêtes pour le voyage.....et à l'arrivée !

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commentaires sur l'article de JACBA du 13 octobre

24 Octobre 2014, 09:10am

Publié par le webmaster

Notre chroniqueur, Brice AURPEUTHY, nous adresse quelques commentaires rapportés ci-dessous, qui complètent avec bonheur le récent article de JACBA intitulé : Claude MONET - Soleil levant, Soleil couchant ?

Dans la seconde moitié du 19ème siècle les expositions d'œuvres picturales qui se tiennent dans les salons parisiens, n'accueillent pas n'importe quel artiste. Seules des personnalités choisies et reconnues par un monde particulièrement fermé et académique de l'Art y sont invitées. Des jurys sévères sélectionnent les participants au point que, en 1863, l'Empereur Napoléon III est amené à créer un "Salon des Refusés" où Édouard MANET, accompagné de jeunes peintres paysagistes de l'Atelier de Gleyre, expose  Le déjeuner sur l'herbe .

Après la défaite de 1870, la sélectivité à l'égard de nouveaux talents, qui avait connu quelque répit de 1865 à 1870, repart de plus belle, sous caution de besoin nationaliste. Néanmoins, à l'initiative de jeunes peintres, une Association voit le jour qui, à partir de 1874, sous des noms différents ( 'Les Indépendants', 'Société anonyme des artistes peintres', 'École des Batignolles', 'Les Intransigeants', 'La Nouvelle Peinture', employé par le galeriste Paul Durand-Ruel quand il prend en main la gestion de leurs expositions, etc.) fera bientôt découvrir au public, des œuvres d'une facture nouvelle où le Dessin, art noble, parait délibérément négligé, ou absent ; ces œuvres se trouvent dépréciées par le fait que la Critique académique de l'époque les considère ainsi comme intellectuellement et esthétiquement inachevées.

Dès 1866, on compte parmi ces jeunes artistes, qui se réunissent régulièrement au Café Gerbois, avenue de Clichy, autour de Zola, Cézanne, et Manet, les "piliers du groupe'', Monet, Renoir, Sisley, Bazille, rejoints par Degas et Pissarro. Avides de sensations et, néanmoins, héritiers du réalisme de Courbet, ils échangent des idées et échafaudent des thématiques en peignant sur le motif pour mieux rendre compte du changement permanent de leur époque.

Leur première exposition se tient du 15 avril au 15 mai 1874, chez le photographe Nadar*; une trentaine de peintres hétéroclites s'y rassemblent dont certains restent inconnus aujourd'hui, ou oubliés, tel Edouard Béliard (1832-1912). Pierre-Auguste Renoir accroche La Loge (voir ci-contre) et La Danseuse, Claude Monet, 12 œuvres, dont le n°98  Marine  ou  Avant Port du Havre (aujourd'hui Impression Soleil Levant dont JACBA vient de nous relater l'histoire).

Nous ajouterons que le terme ''Impression'' est usité depuis déjà une grosse dizaine d'années ! Les critiques d'Art, que ce soit de la Danse ou la Peinture, commentent souvent leurs articles par ''l'impression'' qu'ils ont ressentie. Louis Leroy, au sortir de l'exposition de 1874, dans le journal 'Le Charivari', se gausse et invente alors la raillerie « Impressionnisme ! » dont on connaît le succès et qui donnera logiquement « NéoImpressionnisme » en 1886.

Brice AURPEUTHY, d'après JACBA

*alias Félix Tournachon, dit ''Nadar'' par ses condisciples étudiants qui s'amusaient à ajouter le suffixe « dar » au nom de famille de leurs camarades, pour donner « Tournadar » puis le quolibet de « Nadar » pour Félix, qui lui restera, cqfd

louis LEROY journaliste au CHARIVARI (25 avril 1874)
louis LEROY journaliste au CHARIVARI (25 avril 1874)

louis LEROY journaliste au CHARIVARI (25 avril 1874)

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une oeuvre, une Histoire, par B.Aurpeuthy et JACBA

11 Octobre 2014, 16:48pm

Publié par le webmaster

Claude MONET : soleil levant, soleil couchant?

Claude MONET - impression, soleil levant - HST 50X65 SBG Musée Marmottan-Monet Paris- crédit photographique Christina BARAJA

Claude MONET - impression, soleil levant - HST 50X65 SBG Musée Marmottan-Monet Paris- crédit photographique Christina BARAJA

Impression soleil levant, la toile qui a donné qui a donné son nom à l'Impressionnisme et qui est le fleuron des collections du Musée Marmottan-Monet, est l'une des peintures les plus célèbres au monde. Cette œuvre n'a pourtant pas fait l'objet d'une étude approfondie jusqu'à ce jour. Au contraire, depuis près de 40 ans, le mystère semble grandir autour de la toile : que représente véritablement le tableau? Un soleil levant ou un soleil couchant ? Quand fut-il peint ? En 1872 ou en 1873 ? Qu'est-il advenu du tableau à l'issue de la première exposition impressionniste ? Pourquoi a-t-il rejoint en 1940 les collections du

Musée, établissement initialement dédié à l'Empire?

Ces interrogations se sont posées à l'équipe du Musée Marmottant-Monet à l'occasion d'une grande exposition qui se tient dans ses salons, jusqu'au 18 janvier 2015, regroupant autour du chef-d'œuvre de Claude MONET, 26de ses peintures et 35 œuvres majeures de grands artistes impressionnistes, provenant de musées et de collections particulières du monde entier.

Le 15 avril 1874, MONET présente Impression, soleil levant lors de la première exposition de la Sociétés des Artistes Anonymes, dans l'ancien atelier du photographe Nadar. La plupart des critiques sont vives et le célèbre journaliste d'art, Louis Leroy, peut se gausser dans un article du Charivari: "Que représente cette toile? Impression ! Impression, j'en étais sur aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans [...] et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l'état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là!".

Le tableau allait sceller aussi le destin des artistes réunis à cette occasion, qui furent, ce jour-là, baptisés, malgré eux, du néologisme "d'impressionnistes".

Les résultats de l'enquête documentée, menée par les spécialistes du Musée, démontrent que MONET aurait choisi de fixer sur la toile, en une seule séance, ce que la vue depuis la chambre d'hôtel de l'Amirauté, où il résidait, lui proposait d'emblée, en surplomb des quais de l'avant-port industrialisé du Havre, actuellement, quais de Southampton.

L'étude des circonstances locales leur permettent également d'affirmer que le regard du peintre était dirigé vers le sud-est. Autrement dit, pour eux, c'est bien une vue diurne, un soleil levant, que l'artiste a voulu représenter.

Par ailleurs, dans l'état actuel des connaissances, la date la plus probable d'exécution (qui a aussi fait l'objet de nombreuses controverses) serait le 13 novembre 1872.

Si le terme d'impressionnisme se diffuse rapidement dans la littérature artistique, en revanche l'œuvre et son histoire, que nous venons d'aborder, sont peu à peu oubliées. En mai 1874, le collectionneur Ernest Hoschedé acquiert le tableau pour 800 frs et le revend 210 frs, quatre ans après, dans l'indifférence générale, sous le nom d'Impression, soleil couchant.

En 1940, son nouveau propriétaire en fait don, avec sa riche collection personnelle d'œuvres d'art, au Musée Marmottan, propriété de l'Académie des beaux-arts, qui fait mettre le tableau en caisse, l'entreposant en province, à l'abri des bombardements.

En 1952, la toile revient à Paris. Exposée à la galerie WiIdenstein, elle est décrite dans le catalogue comme l'œuvre qui donne naissance à une nouvelle école de peinture. En 1955, elle est désignée enfin dans la remarquable Histoire de l'Impressionnisme de John Rewald (édition française) comme un marqueur historique et deviendra, en 1965, pour le monde des arts, une référence incontournable, fondatrice de la peinture impressionniste.

Son titre, Impression, soleil levant ne changera plus jamais.

JACBA

Remerciements à Madame C.Maureau de l'Agence de communication Claudine DUPONT et au Musée Marmottan-Monet pour leur aimable collaboration

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