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Les Amis de l'Ecole de Rouen

DE L'ETUDE de la COTE des OEUVRES sur PAPIER de Charles ANGRAND

25 Octobre 2010, 13:37pm

Publié par le webmaster

note du webmestre

Ce papier de notre ami Hubert Priaucey fait suite à un article publié en mars 2010 sur les "Maternités de Charles ANGRAND". Nous vous souhaitons bonne lecture.

 

2  - les PASTELS

 

   Après l’étude sur les Maternités, dessins réalisés sur une période courte mais sans aucun doute la plus exceptionnelle de son œuvre graphique et reconnue comme telle par les historiens d’art, nous nous tournons, dans ce deuxième essai, vers les Pastels de Charles Angrand (1854-1926).

   Depuis le décès de son ami Georges Seurat en 1891, comme par amertume, Charles Angrand a abandonné la couleur. Le noir et blanc lui suffit. Il se trouve pleinement en phase dans cet univers intimiste. Néanmoins, une brève incartade entre 1905 et 1908, donne le jour à quelques huiles au chromatisme réfléchi et à la structure géométrique de la touche "en bâtonnet". Puis, c’est le retour au fusain jusqu’en 1912. « J’essaie du pastel » écrit-il en juillet de la même année à Maximilien Luce. Il restera désormais fidèle à ce médium.

   Durant ces treize années (1913-1926), Charles Angrand produit environ 400 pastels, dont il n’en signe qu’une centaine. En effet, seules les feuilles abouties, à la composition équilibrée, reçoivent signature et quelques fois datation (il retournait ses dessins face sur le chevalet, en évaluant ainsi l’équilibre des masses par transparence, hors influence du motif ou des tons ; cqfd).

   Rares sont les artistes qui ont consacré une période de leur carrière exclusivement au pastel. Mais tous ont reconnu dans ce médium, la rapidité d’exécution devant un sujet "éphémère", sa facilité de transport "sur le motif", sa douceur de rendu "des carnations". Ainsi, Eugène Boudin couche, dans un élan vif, les ciels lourds de nuages ou ceux embrasés par le soleil couchant. Edgar Degas retranscrit, par ses coups de bâton de pastel, le travail  des corps de ses petites danseuses à la limite de la torture. Levy-Dhurmer, à l’instar d’Odilon Redon, irradie ses portraits comme ses paysages, d’une lumière vaporeuse dont seul le pastel peut sublimer le rendu.Angrand-portRouen1923 [320x200]

   Dans cette ultime et longue phase, Charles Angrand en fait son médium : il l’utilise comme unique moyen propre à définir la prépondérance de la nature et ses formes libres voire envahissantes (A St-Laurent-en-Caux 65x92 coll. part.), comme de la matérialité des activités industrielles du port avec ses formes rectilignes et acérées (Le Port de Rouen 61x93 coll. part.), ou les scènes de genre plus douces et remplies d’humanité (La partie de cache-cache 62x90 coll. part.).

   « Peut-on définir les pastels d’Angrand de symbolistes ? » s’interrogeait Laurent Salomé, Conservateur du Musée des Beaux Arts de Rouen, lors de la réunion de travail en préparation à l’exposition des Œuvres sur Papier de Charles Angrand aux Cabinets des Dessins de cet été 2010. Nous pourrions même étendre la question : relèvent-ils du naturalisme ? du réalisme ?54CA-ramasseuses [320x200] L’Histoire de l’Art laisse aujourd’hui le champ vierge aux spécialistes pour une étude approfondie.  

    Il est en tout cas certain, que Charles Angrand ne décrit jamais la nature pour elle-même, comme a pu le faire toute sa carrière durant Georges Bradberry, pastelliste de la seconde génération de l’Ecole de Rouen. Il y a constamment, dans les dessins de notre artiste, un discours social : ici nature veut dire labeur ! Dans la sérénité du verger, les pommiers donnent à profusion de belles pommes rouges, mais les femmes, au dos meurtri, sont accroupies et peinent à ramasser les fruits (Les ramasseuses de pommes 62x86 coll. part.).

   Malgré les festivités qu’engendrent la fin des moissons et le soin des chevaux pavoisés, le paysan, en chapeau de paille, arbore son matériel aratoire (Le triomphe des moissonneurs 67x95 coll. part.);Charles Angrand Le Triomphe des Moissonneurs [320x200] et même lorsque l’être humain disparait, les animaux, après leur labeur, subissent les déluges de la nature (Les chevaux sous la pluie 72x100 coll. part.).

   Cette absence remarquée d’étude de cette période touchante de l’œuvre de Charles Angrand de la part d’Historiens d’Art ou d’instances muséales, débouche sur une côte timide et fluctuante. L’état de la feuille ainsi que son encadrement sont, bien évidemment, à considérer.53CA-chevauxPluie [320x200] On relève des côtes entre 10 et 20.000€.

    Ajoutons que cet essai ne vaut que pour les feuilles d’importance (autour de 70x90 en moyenne) et signées. Insistons sur le fait que seules ces dernières sont signées, voire datées, de la main de l’artiste, toutes les autres portant, au mieux, le cachet d’atelier ou le timbre de la signature. A titre de comparaison, ces études "naviguent" entre 500 et 2.500€.

 

Hubert PRIAUCEY

 

Je vous donne un lien très instructif provenant du Musée d’Orsay, à propos de leur expo d’octobre 2008 à février 2009 : Le mystère et l’éclat, pastels du Musée d’Orsay : http://www.musee-orsay.fr/fr/manifestations/expositions/au-musee-dorsay/presentation-detaillee/article/pastels-du-musee-dorsay-16509.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=649&cHash=9447745262

 

Prix moyens, « au marteau », hors frais.

Sources : archives perso, ouvrage Lespinasse, Bénézit, Artprice, Auction.fr.

 

cliquer sur la vignette pour obtenir son aggrandissement.

 

Je  

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