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Les Amis de l'Ecole de Rouen

une oeuvre une histoire par Brice AURPEUTHY et JACBA (4)

11 Février 2012, 20:47pm

Publié par le webmaster

pour agrandir, cliquer sur l'image  

Auvers-J.DELATTRE (Copier)

QUI : Joseph DELATTRE (1858-1912)

QUAND : Automne 1894

QU’ EST-CE : Auvers-sur-Oise (huile sur toile, coll. part.)

 

COMMENT : Joseph Delattre vient de rencontrer un amateur, Jérôme Doucet, qui devient son mécène en lui allouant une ‘rente’ de 3 francs par jour contre une partie de sa production. Doucet est le gérant de L’Hôtel du Dauphin et d’Espagne, sur les quais de Rouen, dont le propriétaire n’est autre que le célèbre mais facétieux collectionneur des premiers jours des Impressionnistes, Eugène Murer. Ce dernier expose de nombreuses toiles de sa collection (notamment Renoir) dans la salle de restaurant de l’hôtel !

C’est ainsi que Delattre fait un séjour à Auvers-sur-Oise, chez Murer, dans la demeure bourgeoise qu’il a fait construire en 1881, et que son voisin, le fameux Docteur Gachet (Cf. l’excellent article de Jacba) surnomme sarcastiquement : Le Castel du Four, en rapport avec la fortune provenant de la Pâtisserie que Murer exploitait à Paris. Sur place, il en profite pour rendre visite au Dr. Gachet et découvre, accrochés non loin d’une belle collection de Pissarro, des Van Gogh qui le laissent pantois…

Mais laissons raconter Joseph Delattre (lettre à Angrand datée du 14 décembre 1894) : « …Je viens de passer trois semaines à Auvers-sur-Oise et me suis là consciencieusement occupé. Je suis descendu chez un ami rencontré ici à Rouen et qui s’intéresse beaucoup à moi. Murer est un des premiers amateurs qui ont osé acheter, à l’époque difficile, des Pissarro, Sisley, Renoir, Monet, Cézanne, etc…

Quand tu viendras à Rouen, je te montrerai les toiles que possède ce brave et bon ami […]

A Auvers, j’ai rencontré le Docteur Gachet qui, je crois, est des vôtres aux Indépendants et que tu dois connaître. Chez lui, j’ai vu quantité de Van Gogh véritablement intéressants : plusieurs paysages et deux enfants en plein air m’ont surtout enthousiasmé, par le défini de l’expression. Oh ! Évidemment, pas le modelé – très vitrail, très cloisonné – mais modelé à sa façon tout de même. »

 La construction de notre toile est classique et très structurée, avec la masse colorée du feuillage de l’arbre à gauche qui encadre en partie la composition et procure un ‘effet repoussoir’, amenant toute la profondeur. Le personnage, quant à lui, donne l’échelle. Alternance de plans vert-prairie et ocres dans la première partie de la composition qui se ferme par celui coloré des habitations.

La touche est fine et totalement divisée, dans un style très Pissarro, et un motif que le Patriarche ne renierait pas !

Auvers-Pissarro-1 (Copier)

 

Brice AURPEUTHY

 

 

 

 

Camille PISSARRO - Auvers sur Oise - METRO NY  

                                                                        

                                                                        A propos du "bon Docteur GACHET"...

 

  

Fils de filateur lillois, Paul Ferdinand GACHET (1828-1909) entreprend des études de médecine à Paris, qu’il achève à Montpellier par une thèse « étude sur la mélancolie » en 1858. Il revient l’année suivante à Paris. Spécialisé  en « maladies nerveuses »,  il donne des cours d’anatomie artistique à l’école de dessin de son quartier et s’installe en 1872 à Auvers-sur-Oise où DAUBIGNY séjourne déjà et rencontre la famille PISSARRO qui réside à Pontoise. gachetphoto

Camille PISSARRO, dont il soigne les enfants, le met en contact avec GUILLAUMIN et CEZANNE (qui passe toute l’année 1873 à Auvers), lui permettant de pénétrer le cercle impressionniste et d’approcher de nombreux artistes, MANET, MONET, RENOIR...

Agité excentrique, compensant ainsi des qualités artistiques médiocres de dessinateur, collectionneur compulsif de choses de peu d’intérêt, il sera à peine remarqué malgré ses efforts.

Au début de l’année 1890, Théo VAN GOGH demande au docteur GACHET de s’occuper de son frère Vincent afin que celui-ci puisse sortir de l’asile psychiatrique de Saint-Rémy-de Provence.

C’est pendant le mois et demi qu’il passa auprès du « bon docteur », de son fils Paul et de sa fille Marguerite que Vincent VAN GOGH peignit son portrait le 2 ou 3 juin 1890. Il le représente accoudé à une table vermillon, coiffé de sa casquette avec « l’expression navrée de son temps ».

Le Docteur GACHET ne reverra Vincent que lorsqu’il fut appelé à son chevet fin juillet après sa tentative de suicide d’une balle dans le cœur mais ne fit rien pour le sauver.

Le tableau du portrait du docteur GACHET appartenait à Théo VAN GOGH. Passé de mains en mains entre 1890 et 1990, il a été acquis pour 82,5 millions de Dollars par un collectionneur japonais lors d’une vente chez Christie’s New York le 15 mai 1990.

Il existe une réplique (superbe) de ce chef d’œuvre conservée au Musée d’Orsay.

Selon le fils du docteur GACHET qui l’avait offerte au Louvre en 1949, elle aurait été réalisée début juin 1890, mais l’identité de son auteur demeure un mystère…

Nous montrons ci-dessous les deux œuvres… côte à côte.      

 

JACBA

 

   huile sur toile - 64,5x55,8                                                                                        huile sur toile - 68x57

   collection privée japon                                                                                             musée d'Orsay - Paris

gachet japon (Copier)gachetorsay (Copier)

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