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Les Amis de l'Ecole de Rouen

INTERVIEW DE LAURENT SALOME

5 Février 2011, 22:00pm

Publié par le webmaster

L.SALOMEAvant sa mutation prestigieuse et légitime comme Directeur Scientifique de la RMN (Réunion des Musées Nationaux) et du Grand Palais, nous avons eu le privilège de rencontrer Laurent Salomé, ce 4 février. Débutant sa carrière de Conservateur à Grenoble en 1990, il est passé par Rennes, pour arriver en tant que Conservateur en Chef des Musées de Rouen, le 1er avril 2001. Départ prévu le 1er avril 2011, soit exactement 10 ans à la tête de l’un des plus remarquables musées de province qui accueille, dit-on, la plus grande collection impressionniste française hors Paris.

 

10 ans d’expositions temporaires dont certaines de retentissement international, comme Chefs-d'œuvre des musées de Florence (2006 avec 87.000 entrées), et le point d’orgue de l’été 2010, Une ville pour l’impressionnisme, Monet, Gauguin, Pissarro à Rouen (238.000 entrées). Cette richissime exposition confronta nos 3 protagonistes avec leurs précurseurs tels Turner ou Corot, ainsi qu’avec les peintres de l’Ecole de Rouen, dont une intelligente rétrospective en 2008 de Charles Frechon en avait démontré toute la pertinence.

 

Q  Arrivant de votre poste de Conservateur du Musée des Beaux Arts de Rennes, qu’avez-vous découvert des Peintres de l’Ecole de Rouen ? 

 

Laurent Salomé : En fait, j’ai tout découvert de l’Ecole de Rouen ! Sauf Albert Lebourg qui est le seul personnage qui vient à l’esprit des Historiens d’Art quand on parle de l’Ecole de Rouen ! Et ces derniers voient en Albert Lebourg, un petit maître un peu obscur des bords de Seine. 

 

Q : Et pas Angrand ?

 

LS : Non. Charles Angrand est considéré comme un acteur essentiel de mouvement Néo-impressionniste, d’importance nationale, qui sera un jour réévalué comme l’égal de Seurat. Mais pas comme un peintre de l’Ecole de Rouen.

 

Q : Puis, votre découverte s’est poursuivie…

 

LS : Petit à petit, par la Salle Depeaux et les collections du Musée, qui sont un peu faibles, il faut l’avouer. Autant Depeaux a collectionné les meilleurs Monet, Renoir et Sisley (par l’intermédiaire du galeriste Durand-Ruel, NDR), autant son choix dans les œuvres des artistes régionaux est plus discutable, parce que notre collectionneur y révèle son goût profond pour les petits paysages paisibles, modestes et vrais, ces qualités qu'il admirait spécialement chez Delattre, mais qui font qu'il nous manque les œuvres spectaculaires et ‘audacieuses’. Puis j’ai compulsé le catalogue de l’exposition de 1996 L’Ecole de Rouen, de l’impressionnisme à Marcel Duchamp, ainsi que les ouvrages de François Lespinasse.

 

Q : Quel est le rôle joué, à l’époque, par cette Ecole dans le mouvement impressionniste ?

 

LS : L’Ecole de Rouen est autre chose qu’un simple écho local du mouvement artistique parisien. C’est un foyer, dans sa globalité, avec influence dans les 2 sens ! (Monet expose à Rouen en 1872 et Pissarro rencontre les artistes locaux lors de ses séjours rouennais de 1883, 1896 et 1898, particulièrement Joseph Delattre avec lequel il entretient une correspondance, NDR). Cette Ecole fait partie prenante de l’Impressionnisme ! L’expo de cet été l’a démontré ; preuve en est la toile de Angrand datée 1881.

 

Q : D’où vient qu’elle manque de reconnaissance aujourd’hui ?

 

LS : On ne la voit pas ! Il faut lui consacrer de nombreuses expos. Et puis, le pôle d’influence est malheureusement trop parisien, qui dénigre les Ecoles provinciales. Sans parler du manque de relations et d’échanges entre Musées Provinciaux, sur ces questions. Il faudrait enclencher le processus en exposant à Rouen l’Ecole Lyonnaise du XIXème par exemple…

 

: Après la création de notre association AER fin 2004, et suite aux expositions de 2008, 2010, celle en cours à Rueil-Malmaison, comment faire pour qu’elle ne retombe pas l’oubli ?

 

HODE-Port de Rouen [320x200]LS : Faire encore d’autres expos. Mais avec 2 critères : des monographies comme Pierre Hodé qui était en cours de réflexion au sein du Musée de Rouen et qui, je l'espère, verra le jour sous la houlette de mon successeur, ou comme Joseph Delattre dont on ‘commémorera’ le centenaire de la disparition l’an prochain ; et dans un lieu prestigieux absolument ! Il faut bannir les petites ‘Salles des Fêtes’ et autres locaux de pis-aller qui ne font que nuire au talent de l’artiste exposé !

 

Q : Dans quelle mesure la 2ème génération aura-t-elle une certaine reconnaissance ?

 

LS : Là, tout reste à faire ! Avec quelques individualités très touchantes mais totalement inconnues comme Jean Thieulin, Georges Bradberry, Georges Cyr ou Hyppolyte Madelaine, Maurice Louvrier aux petites nature-mortes tout à fait exquises. Et puis les 2 grands classiques Robert-Antoine Pinchon et Pierre Dumont ! PINCHON-Pont aux anglais-1 [320x200]

Le cas Pinchon doit être traité de manière sérieuse. Pinchon est déjà connu, mais ses chefs-d’œuvre d’avant 1914 sont-ils reconnus à leur juste valeur ? Il lui faut une rétrospective, une vraie grande rétro, mais à Paris !!

 

Q : Pour en revenir à votre mission au sein de la RMN ?

 

LS : Mon poste se situe au cœur du milieu artistique muséal parisien. Les sujets abordés sont passionnants et j’ai déjà de très nombreux rendez-vous avec des confrères conservateurs de divers horizons. Le Grand Palais est une institution prodigieuse et incomparable à piloter. Mais je sais à l’avance que ce qui me manquera le plus, est de pouvoir quotidiennement déambuler dans les collections et les réserves, en contact direct et solitaire avec les œuvres.

 

                                                                     Propos recueillis par Pierre Buychaut

Pierre HODE - le port de Rouen

Robert Antoine PINCHON - le Pont aux Anglais - Musée des Beaux-arts de Rouen

 

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Normandie impressionniste au Musée des Beaux-arts de BERNAY

5 Février 2011, 21:04pm

Publié par le webmaster

En plus de l’expo du Musée des Beaux Arts de Rouen, notre association a participé également en 2010 à deux autres manifestations d’envergure lors de « Normandie Impressionniste » : La Seine au Musée de Vernon et Jardins enchanteurs jardins impressionnistes de l’Ecole de Rouen, au Musée de Bernay.

Cette dernière manifestation a attiré 6 133 visiteurs

(soit 60 visiteurs/jour en moyenne).

En comparaison, les trois dernières expos organisées à l’été 2009 par le MuséeDans le jardin [320x200]

ont reçu 5658 visiteurs

Co-Errances dans l’abbatiale (été 2009)…………………  2.701 visiteurs 

La faïence des Caussy au XVIIIe siècle (été 2009)………1.407 visiteurs

Fréquentation des collections permanentes………………1.550 visiteurs.

En moyenne, le Musée des Beaux-Arts de Bernay accueille 6.000 visiteurs par an. 

 


Origines géographiques des visiteurs

de l’exposition « Jardins Enchanteurs, Jardins Impressionnistes de l’École de Rouen »

86% sont des Français,  

14% des Étrangers.

 

Publications

visit Bernay-France [320x200]348 catalogues,

en comparaison d’une moyenne entre 50 et 70 

pour les expos des années précédentes.

Rappelons que notre association

a activement soutenu cette manifestation

en prêtant la grande majorité des œuvres exposées.


visit Bernay-Etrangers [320x200]

 

                                                                                                        

  

                                                                                                    Pierre Buychaut

 

R.A.PINCHON - "dans le jardin" - oeuvre exposée

Sources : Musée de Bernay

Merci à Delphine Campagnolle

 

clqier sur l'image pour l'agrandir

 

 


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un nouvel ami sur le blog "les amis de l'Ecole de Rouen"

4 Février 2011, 18:35pm

Publié par le webmaster

NORMANDIE IMPRESSONNISTE A ROUEN, UN BILAN IMRESSIONNANT !

Nous sommes heureux d'accueillir Pierre BUYCHAUT que vous retrouverez périodiquement dans les pages du blog des "Amis de l'Ecole de Rouen".muséeBA-Rouen

Dans cette première rubrique, nous nous donne un aperçu chiffré de la fréquentation du musée des beaux-arts de ROUEN à l'occasion de la magnifique exposition de NORMANDIE IMPRESSIONNISTE qui s'est terminée en automne dernier. 

Le Webmestre arts-20-12-.gif

 

pour lire l'article de Pierre BUYCHAUT, cliquer ICI

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STATISTIQUES JANVIER 2011

1 Février 2011, 20:23pm

Publié par le webmaster

 

 

la fréquentation du site des amis de l'Ecole de Rouen

statfréquentation blog-0111

statfréquentation blog-0111-1

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DE L'ETUDE DE LA COTE DES OEUVRES DE Charles ANGRAND

16 Janvier 2011, 13:42pm

Publié par le webmaster

4 - les "crayons CONTÉ"

 Dernière étude sur l’œuvre graphique de Charles Angrand (1854-1926), les dessins au « crayon Conté » viennent pourtant comme point de départ de son œuvre graphique, comme par réaction d’amertume au brusque décès de son ami Georges Seurat, en 1891.

Et bien que cette période clôture notre série de quatre études, il ne faut en aucun cas la considérer pour autant comme la moins intéressante. Mais cette période est plus diffuse, moins encadrée dans le temps, puisqu’on peut considérer qu’elle court de 1892 à 1910, comme un fil rouge sur lequel sont apparus la série des Maternités, puis la parenthèse de la reprise de la couleur à l’huile et enfin les Fusains.

Nous avons volontairement mis à part Les Maternités (Cf. étude 1), bien que le « crayon Conté » soit également leur medium, car la recherche de la ligne parfaite, la courbe, l’arabesque sous-tend ces Maternités : « J’ai déplacé mille fois leur arabesque pour les rendre (les dessins) plus harmonieux tout en les maintenant expressifs » (lettre à FRECHON). La notion d’intériorité est évidemment présente, mais nous pouvons davantage y déceler une quête d’harmonie graphique (la ligne, la profondeur du noir et de ses dégradés).

Abandonnant la couleur en 1892, ses premiers dessins représentent des scènes intimistes encerclées d’un noir profond : La ménagère (1892), L’âtre (1892), Le cellier (1892).

Angrand--bon samaritain-Conté [320x200]Puis un regard symboliste apparaît, dû probablement à son galiériste, Le Barc de Boutteville, défenseur des Post-impressionnistes, des Nabis, des Symbolistes : L’apparition aux bergers (1894), Le bon Samaritain (1895), dans lesquels l’auréole de noir profond concourt pleinement à l’effet mystique et au recueillement. Au début du XXème siècle, notre peintre revient à sa chère campagne qui l’entoure, et au labeur qu’elle impose : Le paysan tondant sa haie (1903), Fin de moisson (1903), Les oies effarouchées (1903), Le mouton rouspéteur (1908)

En salle des ventes, ces épreuves ne sortent que rarement. Cependant, il est fort probable que les compositions signées (et souvent datées) dépasseraient la barre des 5.000€.

 

Voici quelques exemples relevés ces dernières années :

- 550 € Femme assise à la lecture (étude) en juin 2009 Versailles

- 4100 € Nu debout (signé) en mai 2000 New York

 

 

                                                           Hubert PRIAUCEY                                                        

  

Prix moyens, « au marteau », hors frais.

Sources : archives perso, ouvrage Lespinasse, Bénézit, Artprice, Auction.fr.

 

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LA PREMIERE ACQUISITION DE L’ASSOCIATION

15 Janvier 2011, 12:45pm

Publié par le webmaster

lj Lemaitre-Croisset,bord de seine-HST2235 [320x200]

Depuis Juin 2010, L’Association est devenue propriétaire du tableau intitulé « Bord de Seine à Croisset » de Léon Jules LEMAITRE.

 Il s’agit d’une huile sur toile, signée en bas à droite de 27 x 46 cm exécutée en 1888 et représentant la Seine devant la distillerie de Croisset et le pavillon Flaubert.

Cette toile a déjà été exposée au musée des Beaux-Arts de Rouen à l’occasion du festival « Normandie Impressionniste » et fait actuellement partie des œuvres présentées à l’atelier Grognard à Rueil-Malmaison dans le cadre de l’exposition consacrée à l’Ecole de Rouen.

Cette acquisition entre dans la démarche de l’AER qui est de parvenir à réunir des fonds suffisants afin de constituer un fonds de collection destiné à être exposé aussi souvent que possible.

bien à vous.

 

JCD2010a

 

 

Jean-Claude DELAHAYE

Président

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NORMANDIE IMPRESSIONNISTE - MUSEE DES BEAUX-ARTS DE ROUEN - BILAN

14 Janvier 2011, 21:54pm

Publié par le webmaster

Voila déjà quatre mois que le Musée des Beaux-Arts de Rouen a fermé ses portes sur, vraisemblablement, la plus fameuse de ses expositions. Une volonté politique forte et haut placée, un sujet quant à lui apolitique, se basant sur un mouvement artistique non contemporain et donc reconnu par tous c'est-à-dire sans véritable controverse, fédérateur, car s’appuyant sur une région bien délimitée, quelques signatures reconnues, un bon appui journalistique travaillé en amont, sont la clé de ce succès.

En comparaison, les trois dernières expos au Musée des Beaux-Arts de Rouen :

Les Offices de Florence (été 2006)………………….87.000 visiteurs, soit 916 par jour

Le Mythe de l’Ouest Américain (automne 2007)…..35.000 visiteurs

Rétrospective Charles Frechon (été 2008)…………13.580 visiteurs

Ancien record, mais sur presque 5 mois et pour la réouverture du Musée après travaux :

Les Cathédrales de Monet (été-automne 1994)………….130.000 visiteurs

En moyenne, le Musée des Beaux-Arts de Rouen accueille 90.000 visiteurs par an.

Et puis, dans le monde en 2009 :

Exposition Rodin (Musée d’Orsay 2009)………………………………………………173.351 visiteurs

L’art et l’amour dans l’Italie de la Renaissance (Metropolitan New York 2009)…...200.692 visiteurs

Picasso (National Gallery Londres 2009)……………………………………………...204.862 visiteurs

Et un record,

Picasso et les Maîtres (Paris hiver 2008-2009)……………780.000 visiteurs

DONC,

Une ville pour l’impressionnisme, Monet, Pissarro, Gauguin à Rouen (été 2010)

Avec soirées, petit-déj, vernissages, laissez-passer :

238 395 visiteurs soit  2406 visiteurs/jour en moyenne

GROUPES

8.5 % de groupes, 970 groupes accueillis, 20 280 personnes

ORIGINES GEOGRAPHIQUES (sans les 16 653 billets ticketnet)

90 % français

dont   82 % Normandie,   9.5 % Ile de France,  9.5  % autres régions

10 % étrangers

- dont   81 % européens (21% anglais, 14% italiens, 11 % belges, 11% allemands,  6.5% Pays-Bas,  4% espagnols…)

- dont 11.5% américains

- dont 5% asiatiques avec 3% japonais.

VISITES COMMENTEES

338 visites commentées pour le public individuel, 9890 personnes, soit 29 personnes par visite

AUDIOGUIDES

26 007 audioguides soit environ 262 en moyenne par jour, soit 11 % des visiteurs individuels

TICKETNET

16 653 visiteurs venus par ticketnet, 168 personnes moyenne jour, 7 % des visiteurs individuels

PUBLICATIONS

6692 catalogues français, 21 010 Connaissance des arts et 143 catalogues anglais (l’Armitière musées)

Rappelons que notre association y avait prêté un Léon-Jules LEMAITRE, ‘La Seine à Croisset’ (hst sbd 27x46), circa 1888.

 

                                                                                                                      Pierre Buychaut

 

 

Sources : Musée de Rouen

 

 

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les Voeux du Président

14 Janvier 2011, 12:40pm

Publié par le webmaster

      Cher(e) Ami(e) Membre,


      Permettez moi, en premier lieu, de vous présenter mes tous meilleurs vœux de santé, de prospérité et de découvertes artistiques pour cette année 2011 qui commence.

 

      L’année 2010 a vu l’AER impliquée dans plusieurs expositions importantes dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste. C’est ainsi que nous avons collaboré avec les musées de Rouen, de Bernay et de Vernon.

     Nous avons également organisé un hommage à Charles ANGRAND à St Laurent en Caux et édité un ouvrage de 32 pages consacré aux «Maternités».

 

     Nous participerons en Janvier 2011 à la tenue d’une importante exposition à Rueil Malmaison consacrée aux Peintres de l’École de Rouen. Vous recevrez prochainement le carton d’invitation au vernissage de cette manifestation. Nous ne manquerons pas de vous tenir prochainement informé des projets en préparation.

 

    D’autre part, le moment est arrivé de renouveler votre cotisation pour l’année 2011.

Vous savez combien cette contribution est indispensable au bon fonctionnement de l’Association. Le montant de la cotisation est toujours de 20 Euros.

    Je vous remercie par avance pour votre prochain règlement à établir à l’ordre de l’AER (ou Amis de l’École de Rouen).

    Vous renouvelant mes vœux pour cette nouvelle année, je vous prie de croire, cher(e) Ami(e) Membre, en l’expression de mes sentiments cordiaux.

 

                                                                                     Jean-Claude DELAHAYEJCD120909--320x200-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

NB : Merci de joindre votre adresse e-mail (si vous en avez une) à votre règlement. Les adhérents nous ayant rejoints depuis le 01.09.2010 ne sont pas concernés par l’appel à cotisation

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DE L’ ETUDE DE LA COTE des ŒUVRES sur PAPIER de CHARLES ANGRAND

7 Janvier 2011, 20:09pm

Publié par le webmaster

Note du Webmestre

Dans ce 3ème article consacré aux oeuvres en papier de Charles ANGRAND, Hubert PRIAUCEY nous invite à nous intéresser aux fusains. Nous vous en souhaitons bonne lecture.

 

3 - LES FUSAINS 

Après l’étude sur les Maternités, période la plus exceptionnelle de son œuvre graphique, puis les Pastels, tournons-nous vers les fusains de Charles Angrand (1854-1926).

Après le décès en 1891 de son ami Georges Seurat, Charles Angrand a abandonné la couleur. Se retranchant dans sa région natale à Saint-Laurent en Caux, il dérive vers un art plus intérieur, fait de dessins au crayon Conté et au fusain. Charles Angrand se concentre alors vers la ligne et le clair-obscur. Les dégradés de noirs et de gris enveloppent une lumière intimiste. Concomitamment à une courte reprise de la peinture à l’huile entre 1905 et 1908, il travaille le fusain de 1905 à 1912.

Tournant le dos à l’art parisien et sa sophistication, il choisit des sujets presque exclusivement aratoires et champêtres comme en témoignent les titres donnés à ses compositions déposées lors des différentes manifestations auxquelles il participe : Paysan sciant du bois, Paysan sciant des racines, Bûcherons fendant des souches, Les chevaux, La voiture (acquis par Signac), Les vaches, Les chèvres, Les vaches qui se flairent, Les scieurs de bûches

Angrand-Les vaches qui se flairent [320x200]On pourrait imaginer que le trait gras du fusain retranscrit la terre riche du Pays de Caux, ses ornières boueuses, ses bovins trempés de pluie et ses paysans courbés sous le dur labeur. Les formes s’évanouissent sur le papier. La lumière est ambiante, intimiste. Elle ne détache aucun élément précisément.

Les critiques de l’époque s’en trouvent désarçonnés, et rares sont les collectionneurs.

Les feuilles présentées aujourd’hui en salle des ventes ne sont pas légion. Il faut encore bien discerner les œuvres signées (et souvent datées), des simples études, tamponnées ou non du timbre d’atelier. De 400 à 1.500€ pour les secondes selon leur degré d’aboutissement, les premières peuvent atteindre 3 à 4.000€.

Voici quelques exemples relevés ces dernières années :

-    800€ La femme au puits (étude) en décembre 2009 Piasa,

-    800€ Femme à la toilette (étude) en juin 2009 Versailles,

-    2.500€ Meule de foin (signé) en juin 2003 Tajan,

-    1.400€ Femme à la citerne (cachet d’atelier) en juin 2003 Piasa.

                                                                                                           Hubert Priaucey

 Prix moyens, "au marteau", hors frais.

Sources : archives perso, ouvrage Lespinasse, Bénézit, Artprice, Auction.fr.

 

Ch. ANGRAND - les vaches qui se flairent - collection privée

 

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DE L'ETUDE de la COTE des OEUVRES sur PAPIER de Charles ANGRAND

25 Octobre 2010, 12:37pm

Publié par le webmaster

note du webmestre

Ce papier de notre ami Hubert Priaucey fait suite à un article publié en mars 2010 sur les "Maternités de Charles ANGRAND". Nous vous souhaitons bonne lecture.

 

2  - les PASTELS

 

   Après l’étude sur les Maternités, dessins réalisés sur une période courte mais sans aucun doute la plus exceptionnelle de son œuvre graphique et reconnue comme telle par les historiens d’art, nous nous tournons, dans ce deuxième essai, vers les Pastels de Charles Angrand (1854-1926).

   Depuis le décès de son ami Georges Seurat en 1891, comme par amertume, Charles Angrand a abandonné la couleur. Le noir et blanc lui suffit. Il se trouve pleinement en phase dans cet univers intimiste. Néanmoins, une brève incartade entre 1905 et 1908, donne le jour à quelques huiles au chromatisme réfléchi et à la structure géométrique de la touche "en bâtonnet". Puis, c’est le retour au fusain jusqu’en 1912. « J’essaie du pastel » écrit-il en juillet de la même année à Maximilien Luce. Il restera désormais fidèle à ce médium.

   Durant ces treize années (1913-1926), Charles Angrand produit environ 400 pastels, dont il n’en signe qu’une centaine. En effet, seules les feuilles abouties, à la composition équilibrée, reçoivent signature et quelques fois datation (il retournait ses dessins face sur le chevalet, en évaluant ainsi l’équilibre des masses par transparence, hors influence du motif ou des tons ; cqfd).

   Rares sont les artistes qui ont consacré une période de leur carrière exclusivement au pastel. Mais tous ont reconnu dans ce médium, la rapidité d’exécution devant un sujet "éphémère", sa facilité de transport "sur le motif", sa douceur de rendu "des carnations". Ainsi, Eugène Boudin couche, dans un élan vif, les ciels lourds de nuages ou ceux embrasés par le soleil couchant. Edgar Degas retranscrit, par ses coups de bâton de pastel, le travail  des corps de ses petites danseuses à la limite de la torture. Levy-Dhurmer, à l’instar d’Odilon Redon, irradie ses portraits comme ses paysages, d’une lumière vaporeuse dont seul le pastel peut sublimer le rendu.Angrand-portRouen1923 [320x200]

   Dans cette ultime et longue phase, Charles Angrand en fait son médium : il l’utilise comme unique moyen propre à définir la prépondérance de la nature et ses formes libres voire envahissantes (A St-Laurent-en-Caux 65x92 coll. part.), comme de la matérialité des activités industrielles du port avec ses formes rectilignes et acérées (Le Port de Rouen 61x93 coll. part.), ou les scènes de genre plus douces et remplies d’humanité (La partie de cache-cache 62x90 coll. part.).

   « Peut-on définir les pastels d’Angrand de symbolistes ? » s’interrogeait Laurent Salomé, Conservateur du Musée des Beaux Arts de Rouen, lors de la réunion de travail en préparation à l’exposition des Œuvres sur Papier de Charles Angrand aux Cabinets des Dessins de cet été 2010. Nous pourrions même étendre la question : relèvent-ils du naturalisme ? du réalisme ?54CA-ramasseuses [320x200] L’Histoire de l’Art laisse aujourd’hui le champ vierge aux spécialistes pour une étude approfondie.  

    Il est en tout cas certain, que Charles Angrand ne décrit jamais la nature pour elle-même, comme a pu le faire toute sa carrière durant Georges Bradberry, pastelliste de la seconde génération de l’Ecole de Rouen. Il y a constamment, dans les dessins de notre artiste, un discours social : ici nature veut dire labeur ! Dans la sérénité du verger, les pommiers donnent à profusion de belles pommes rouges, mais les femmes, au dos meurtri, sont accroupies et peinent à ramasser les fruits (Les ramasseuses de pommes 62x86 coll. part.).

   Malgré les festivités qu’engendrent la fin des moissons et le soin des chevaux pavoisés, le paysan, en chapeau de paille, arbore son matériel aratoire (Le triomphe des moissonneurs 67x95 coll. part.);Charles Angrand Le Triomphe des Moissonneurs [320x200] et même lorsque l’être humain disparait, les animaux, après leur labeur, subissent les déluges de la nature (Les chevaux sous la pluie 72x100 coll. part.).

   Cette absence remarquée d’étude de cette période touchante de l’œuvre de Charles Angrand de la part d’Historiens d’Art ou d’instances muséales, débouche sur une côte timide et fluctuante. L’état de la feuille ainsi que son encadrement sont, bien évidemment, à considérer.53CA-chevauxPluie [320x200] On relève des côtes entre 10 et 20.000€.

    Ajoutons que cet essai ne vaut que pour les feuilles d’importance (autour de 70x90 en moyenne) et signées. Insistons sur le fait que seules ces dernières sont signées, voire datées, de la main de l’artiste, toutes les autres portant, au mieux, le cachet d’atelier ou le timbre de la signature. A titre de comparaison, ces études "naviguent" entre 500 et 2.500€.

 

Hubert PRIAUCEY

 

Je vous donne un lien très instructif provenant du Musée d’Orsay, à propos de leur expo d’octobre 2008 à février 2009 : Le mystère et l’éclat, pastels du Musée d’Orsay : http://www.musee-orsay.fr/fr/manifestations/expositions/au-musee-dorsay/presentation-detaillee/article/pastels-du-musee-dorsay-16509.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=649&cHash=9447745262

 

Prix moyens, « au marteau », hors frais.

Sources : archives perso, ouvrage Lespinasse, Bénézit, Artprice, Auction.fr.

 

cliquer sur la vignette pour obtenir son aggrandissement.

 

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