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Les Amis de l'Ecole de Rouen

A propos de l'interview de Christophe DUVIVIER par Pierre BUYCHAUT...

25 Octobre 2012, 18:00pm

Publié par le webmaster

On nous prie de signaler que l'expo " l'Arbre" au Musée TAVET-DELACOUR de PONTOISE s'est déroulée du 15 avril au 8 juillet 2012.

Le Catalogue est néanmoins toujours en vente à l'accueil du Musée.

Le Webmestre

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interview de Christophe DUVIVIER par Pierre BUYCHAUT

15 Octobre 2012, 20:20pm

Publié par le webmaster

chroniqueur7Pierre BUYCHAUT vient de rencontrer Christophe  DUVIVIER, Directeur des Musées

de PONTOISE. Il vous livre les quelques propos recueillis à cette occasion.


pour en savoir davantage, cliquer ici

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interview de christophe DUVIVIER par Pierre BUYCHAUT

15 Octobre 2012, 20:15pm

Publié par le webmaster

 

C'est au cours de son exposition sur L'arbre dans la peinture de paysage, entre 1850 et 1920, de Corot à Matisse, que nous rencontrons Christophe DUVIVIER au Musée Tavet-Delacour.ChDuvivier

A la tête des Musées de Pontoise depuis 1990, il a assuré le commissariat ou collaboré à la réalisation d'une centaine d'expositions en France mais aussi à l'étranger (Japon, Italie, Allemagne, Pologne...) dédiées à l'art des XIX et XXème siècles, de l'Impressionnisme à l'Art Concret et Contemporain.

 Pierre BUYCHAUT: vous avez intégré ANGRAND, FRECHON et PINCHON dans votre Exposition sur l'Arbre. Vous connaissez donc L'École de Rouen ?

Christophe DUVIVIER : oui, j'allais dire « depuis toujours » car, je dois l'avouer, je suis « un peu » normand et j'ajouterai pour appuyer ce clin d'œil à la Normandie que le Musée Tavet-Delacour est installé dans un grand vicariat qui dépendait de Rouen, un bel hôtel particulier de la fin du XVèmesiècle construit à l'initiative de Guillaume d'Estouteville...

Plus sérieusement, j'ai assuré le commissariat d'une exposition dédiée au Néo-impressionnisme au Japon en 2002, pour laquelle François Lespinasse m'avait apporté son aide.

Mais qui évoque l'Impressionnisme pense immédiatement à la Normandie. Il faut savoir aussi que la Normandie a contribué à l'aventure Néo-impressionniste, non seulement en donnant quelques motifs à Georges Seurat mais aussi, évidemment, en donnant au mouvement une figure importante : Charles Angrand.

Il ne faudrait pas oublier non plus la présence de Camille Pissarro à Eragny-sur-Epte dans les années décisives de ce même mouvement.

P.B. : ce qui explique votre rétrospective Charles Angrand en 2006 au Musée Tavet-Delacour.

C.D. : effectivement, je me suis intéressé à Charles Angrand à travers le Néo-impressionnisme mais  je m'intéresse aussi à des peintres post-impressionnistes comme Albert Lebourg ou Charles Frechon.

J'ai aussi consacré une exposition aux peintres Néo et post-impressionnistes anglais autour de Lucien Pissarro, exposition reprise par le Musée de Dieppe car elle faisait une place importante aux vues de Dieppe par Walter Sickert, Spencer Gore ou encore Harold Gilman. Mais je parle ici de Normands d'outre-manche !

PB : l'École de Rouen ?

C.D. : ce terme d'« ECOLE » est quelque peu gênant. Les Impressionnistes furent les premiers à rejeter cette terminologie avec raison. Ils étaient contre l'École avec un grand « É ». Ce sont des étiquettes données après coup qui ne veulent pas dire grand-chose d'un point de vue historique ou esthétique. Comme la plupart de ces dénominations, c'est une création a posteriori du marché de l'art qui a convergé vers des préoccupations régionalistes ou éditoriales. La fortune de l'« École de Barbizon » est à ce titre exemplaire. Remarquez qu'avec le temps, ce type d'usage « contamine » les historiens de l'art et finit par s'imposer durablement par commodité.

Mais, heureusement, on ne parle pas encore d' « École Impressionniste », ni même d' « École Néo-impressionniste » ce qui serait au demeurant de l'ordre du pléonasme. Nous sommes à l'aube du XXème siècle et c'est bien la notion de mouvements qui doit désormais prédominer, les fameux « ismes ».

Toutefois, l'aspect positif de cette terminologie réside dans le fait qu'elle permet l'étude d'un contexte local dans sa complexité et le traitement de l'histoire de l'art en ne se limitant pas aux figures majeures. Ainsi, des artistes injustement oubliés, font l'objet d'études et d'un légitime regain d'intérêt de la part des collectionneurs.

P.B. :mais le grand journalisteet critique d'art au Figaro, Arsène Alexandre, avait employé ce terme en 1902 dans un article sur ces peintres Rouennais, comme d'autres avant lui, il faut le dire. Alors, comment les nommeriez-vous?

C.D.  : « GROUPE » ! Je m'explique : quant il s'agit de l'art indépendant, c'est-à-dire l'essentiel de la peinture de paysage au XIXème siècle, je préfère, en effet, parler de « groupe » au sein des mouvements, tel celui de Pontoise formé par Cézanne, Guillaumin et Béliard autour de Pissarro. La notion de « groupe » montre bien qu'il y a des liens d'émulation, d'amitiés intellectuelles, d'influences et de combats entre des peintres et cela à un moment précis. C'est ce moment précis de convergence des recherches qui prévaut sur une appartenance géographique même s'il est souvent lié à un lieu. Notons que c'est d'ailleurs le cas dans les relations qui unirent Angrand et Frechon.

P.B. : parlez-nous de votre choix de Angrand, Frechon et Pinchon dans votre exposition sur l'Arbre.Angrand-le clos normand-JEDR (Copier)

C.D. : une partie de l'intérêt que j'éprouve à faire, à intervalles réguliers, des expositions thématiques, c'est (outre le plaisir intellectuel de faire entrer le public à son insu dans des problématiques esthétiques ou plastiques), celui de pouvoir exposer aux cotés de grands noms, de très belles œuvres d'artistes moins connus. C'est l'occasion de faire découvrir des peintres de grande qualité mais qui n'ont pas forcément joué un rôle majeur.

Ch.ANGRAND - le clos normand -  79x97 - non signée -1907-08 - coll.part.

L'histoire n'est pas faite que d'artistes ayant bouleversé leur époque ; il fallait autour des plus grands, des artistes pour les connaître et les reconnaître, et nourrir leur époque de leurs apports, leur donner une profondeur historique.

                    

P.B. : comme Charles Angrand ?

C.D. : oui, oui, il y a un grand nombre d'artistes qui occupent des places singulières dans l'histoire de l'art et que le grand public ne connaît pas forcément. Oui, c'est le cas justement d'un artiste comme Charles Angrand. Les raisons de cette méconnaissance sont assez faciles à analyser au demeurant. Il faut s'intéresser en profondeur à un mouvement pour découvrir des peintres comme lui, tant ses œuvres sont rares et parfois difficiles pour qui n'a pas de véritable compréhension de l'histoire de la peinture.

Par ailleurs, pour un musée relativement modeste, il est essentiel de faire ce travail de redécouverte. Il est en effet inutile de publier sur des artistes qui sont déjà dotés de nombreux catalogues d'expositions monographiques. Le catalogue de l'exposition Charles Angrand a permis à ce titre de donner une plus large audience aux recherches de François Lespinasse et c'est, désormais, une référence pour un plus large public et un outil au service des historiens qui travaillent sur le Néo-impressionnisme. Bien évidemment, les publications antérieures de François Lespinasse avaient déjà fait l'essentiel, mais la diffusion par un éditeur national augmente soudainement cette visibilité en étant l'occasion de réactualiser les connaissances sur les œuvres réapparues ou localisées depuis peu. D'autre part, le fait d'avoir pu bénéficier de la préface d'une figure internationale aussi considérable que celle de Robert Herbert a permis une plus large  reconnaissance de cet artiste.

P.B. : la place de Charles Frechon ?

C.D. : dans cette exposition, Charles Frechon est dans son environnement artistique et la présence de ses œuvres est parfaitement pertinente.

Eté à Quèvreville (Copier)Ce n'est probablement pas le choix qu'aurait fait le Musée d'Orsay à l'occasion d'un thème aussi ambitieux, mais c'est bien dans la vocation du musée de Pontoise. C'est la publication de Rouen (Rétrospective Charles Frechon, Musée de Rouen, 2008, NDLR) qui m'a fait mieux connaître ce très beau peintre qui a apporté une interprétation originale du Néo-impressionnisme.

Ch. FRECHON - l'été à Quevreville-la-Milon -HST 60x73 -1903-04 - coll. part.

 

P.B. : serait-il encore un peintre inconnu ?

CD.: Il faut avouer que son oubli est l'une des injustices de l'Histoire de l'Art, car il « divise » dès 1889/1990 donc avant la mort de Seurat et le ralliement de Cross. La raison de cet oubli provient probablement de son absence dans les expositions internationales contemporaines du mouvement telles celles organisées par les « XX » à Bruxelles.

Comme bien souvent, il faut rechercher l'origine de la méconnaissance d'un artiste par le public dans la rareté des œuvres et plus précisément, la rareté voire l'absence dans les collections des musées. La diffusion d'une œuvre contribue grandement à sa notoriété (son œuvre est loin d'être pléthorique : nombre estimé à environ 850 numéros, alors que Claude Monet en compte environ 2.000 peintures et Pissarro plus de 1500 NDLR)

P.B. : un espoir ?

C.D. : si un peintre comme Achille Laugé a aujourd'hui pu réintégrer l'histoire du mouvement, il  n'y a pas de raison qu'il n'en soit pas de même pour Charles Frechon qui, à certain égard, est plus fidèle à la théorie du mouvement. et qui se rattache à celui-ci directement de par son amitié avec Charles Angrand.Automne en Forêt de Quèvreville (Copier)

Quant à ses dessins faits de touches croisées et virgulées, ils sont de superbes exemples de dessins néo-impressionnistes !

Ch. FRECHON - automne à Quevreville-la-Milon -HST 65x80 - 1903-04 - coll.part.

 

P.B. : Robert-Antoine Pinchon ? 

C.D. : ah oui ! Vous faites allusion à la peinture que nous avons admirée ensemble lors de l'exposition de Rueil (Impressionnistes et postimpressionnistes de l'Ecole de Rouen, Atelier Grognard, Rueil-Malmaison, 2011, NDLR).

En effet, chaque exposition est l'occasion de corriger la vision préconçue que l'on a des artistes. Certaines œuvres vous font réévaluer cette vision soudainement et vous apportent, de fait, une bien meilleure compréhension. Cela rejoint tout ce que nous disions plus haut.

P.B.: comment le jugez-vous ?

C.D. : le « Fauvisme » est un mouvement reliant des peintres convergeant très ponctuellement et dont les évolutions ultérieures furent souvent divergentes. Regardez par exemple un peintre comme Louis Valtat dont les préoccupations esthétiques sont aux marges du Fauvisme. Certains Fauves évoluèrent vers une forme d'Expressionnisme, d'autres devinrent Cubistes, beaucoup reprirent des chemins originaux et de fait, bien distincts par la suite.

Le chemin neige (Copier)Comme beaucoup de Fauves, Pinchon se souvient autant des Néo que de Monet ou de Van Gogh, quand il peint ses troncs d'arbres en touches parallèles (Cf. Le Chemin, Neige, exposé). Il est, dans cet esprit, dans une certaine filiation avec le Néo-impressionnisme tel que le mouvement évolua après la mort de Seurat. Mais sa liberté de palette l'associe, ici, à ce moment particulier que fut le Fauvisme.

RA. PINCHON - le chemin, neige - HST 60x73 - 1905 - coll. part

On pourrait ajouter qu'à ce titre, et logiquement, il s'oppose en cela, au « Cloisonnisme » de nombre de peintres issus de Pont-Aven dans le sillage de Paul Gauguin.

.

P.B. : la fin du XIXème est une période charnière que vous appréciez...

C.D. : il est très important, pour nous, Conservateurs de Musées ou Commissaires d'expositions, de promouvoir cette période charnière excessivement riche entre le XIXème et XXème siècle. Nous devons avoir le courage de sortir des chemins trop rebattus ; c'est essentiel, notamment en rapprochant des œuvres pour permettre une meilleure compréhension de l'époque, de ses enjeux, de sa richesse. Par ailleurs, la recherche d'une cohésion et d'un dialogue pertinent entre les œuvres ainsi réunies constitue une alchimie fine très stimulante, surtout dans une architecture complexe comme celle du Musée Tavet-Delacour où toute forme de dogmatisme est vouée à l'échec.

P.B. : des projets pour 2013 ?

C.D. : un projet « entre Paris et la côte normande » : Albert Marquet et les bords de Seine, pour l'automne 2013.

 

propos recueilllis par Pierre BUYCHAUT

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exposition Michel FRECHON à BERNAY

21 Juin 2012, 15:02pm

Publié par le webmaster

à retenir absolument !Tn 000534


affiche-expo.M.FRECHON-Bernay-0612 (Copier)Exposition Michel FRECHON  

au Musée des Beaux-Arts de BERNAY

place Guillaume de Volpiano

du mardi au dimanche de 11h à 18h

du 23 juin au 16 septembre

 

Noter aussi que, Dimanche 1er juillet, une visite gratuite est organisée

avec François LESPINASSE, co-commissaire de l'exposition

(tel. 02 32 46 63 23)

 

clique sur l'image pour l'agrandir

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interview de Delphine CAMPAGNOLLE par Pierre BUYCHAUT

21 Juin 2012, 15:00pm

Publié par le webmaster

D-Campagnolle--Copier-.JPG1994, Del

Avant que ne débute la rétrospective "MICHEL FRECHON" au Musée des Beaux Arts de Bernay, nous rencontrons Delphine CAMPAGNOLLE qui fut l'instigatrice de ce projet. En effet, elle a rejoint, depuis le début de cette année 2012, les rangs du Musée National de l’Éducation à Rouen, mais suit, par passion aujourd'hui encore, la bonne réalisation de son ancien projet.

Diplômée de l’École du Louvre Delphine CAMPAGNOLLE enchaîne sur deux ans de Master à l'Université de Paris VIII-St Denis, de Maîtrise Scientifique et Technique de Médiation Culturelle.

Or, un stage de dernière année de Master la conduit au Musée de Bernay, alors dirigé par Madame AUBE. Et Bernay lui convient tout à fait, puisque c'est sa région de naissance !

La chance lui sourit de nouveau deux ans plus tard, car le musée doit se doter d’un service des Publics et sa spécialisation en médiation culturelle l’aide à créer cette politique culturelle;

En 2006, Delphine CAMPAGNOLLE passe le concours d’attachée de conservation du patrimoine et est promue Directrice du Musée des Beaux Arts de Bernay.

Pierre BUYCHAUT : à votre arrivée au Musée de Bernay, que représentait, pour vous,  l'Ecole de Rouen ?

Delphine CAMPAGNOLLE : pour être franche, à l’École du Louvre, on nous avait parlé d'Albert LEBOURG, et c'est tout... Peut-être comme représentant paysagiste d'une École Régionale. En fait, à mon arrivée, je n'avais absolument pas conscience de l'importance de cette "École de Rouen". Et puis, il y a eu la Rétrospective Charles FRECHON au Musée des Beaux-arts de Rouen en 2008. Une révélation !

Mais j'avais en mémoire la rétrospective Magdeleine HUE qui avait été montée à l'Abbatiale de Bernay attenante au Musée (du 14 juillet au 31 août 2004 NDLR). Ce n'était pas nous, le Musée, qui l'avions réalisée, mais M. Benoît Lecoq, alors Attaché culturel à la ville de Bernay. .

Car, vous le savez, Magdeleine HUE est née à Bernay (Magdeleine HUE, 1882-1944, marraine des enfants de Robert-Antoine PINCHON, est la seule Femme de 'l’École de Rouen' NDLR). Oh, je suis un peu embarrassée pour vous l'avouer, mais à l'époque, j'avais écouté les réflexions de ma directrice qui la considérait comme.... comme "un petit peintre" !

PB : et votre sentiment aujourd'hui ?

DC : sincèrement, c'est un Peintre ! Une femme ! Une vraie singularité ! Mais rattachée à une communauté d'artistes. Elle n'est pas la servile copie de PINCHON. C'est une coloriste à la palette flamboyante ! Et son parcours de femme libre n’est pas si courant pour l’époque !

PB : elle fait partie de vos peintres préférés ?

DC : moi, c'est plutôt PINCHON ! Et pour la 1ère génération : Charles FRECHON !

Et puis Charles ANGRAND ! Il n'a pas choisi la facilité. Regardez ses pastels ; ils ne sont pas toujours beaux, dans le sens où ils ne plaisent pas toujours au grand public ! Il n'a pas choisi la facilité commerciale. Enfin, c'est la vision romantique que j'en ai...

Ce n'est pas banal d'être Artiste ! Les Peintres de "l’École de Rouen" méritent leur place dans les encyclopédies d’Histoire de l'Art.

PB : vous parliez de Pinchon ?au Musée de Rouen (MONET, PISSARRO, GAUGUIN à Rouen, "une ville pour l'impressionnisme

DC : le Festival Normandie Impressionniste "(été 2010 NDLR) a été une découverte pour beaucoup de visiteurs de ce jeune prodige. Je trouve que l'on sent une humanité dans son œuvre. Une vraie harmonie se dégage de ses scènes de campagne. Le tout avec une palette réinventée, et malgré tout, sereine, " à la Matisse " du  "Luxe, Calme et Volupté "  (musée d'Orsay) (PINCHON accroche 3 toiles au même Salon d'Automne de 1905, la fameuse "Cage aux Fauves" -  NDLR). Le Portrait de sa Mère que nous avons exposé à Jardins Enchanteurs (dans le cadre de Normandie Impressionniste, été 2010, Musée de Bernay - NDLR) est monumental dans sa simplicité !

PB : d'ailleurs, comment est née la collaboration avec notre Association des Amis de l’École de Rouen ?

DC : eh bien, un jour, ce devait être fin 2008, un membre de votre Bureau a pris rendez-vous. Et il est arrivé, c'était cocasse, une valise remplie de livres et documentations de votre Association (Delphine CAMPAGNOLLE est, depuis, adhérente de l'Asso, NDLR).

Ernest Quost fleurs du matin (Copier) Nous avons longuement envisagé ce que pourrait être une collaboration entre le Musée de Bernay et l'AER. D'autant plus, il faut le dire, que le Musée est relativement pauvre en œuvres impressionnistes, à part le prodigieux QUOST de 1885, notre fleuron.

 ci-contre  "fleurs du matin" d'Ernest QUOST

Alors, je me suis dit pourquoi pas ? Ce pouvait être une opération gagnant-gagnant ! Une expo en associant une œuvre du Musée.

PB : et ce fut Michel FRECHON...

DC : oh ! Avant ça, il y a eu Quand l'enfant paraît (du 27 janvier au 31 mai 2010, NDLR), avec une demi douzaine de prêts dont Angrand et Pinchon ; puis la grande expo Jardins Enchanteurs (du 12 juin au 3 octobre 2010) qui a vu 6.000 visiteurs en 1 été, soit plus de 60 % de notre fréquentation annuelle !

PB : et ce fut Michel FRECHON...

DC : oui, à l'époque, fin 2008, on sortait de la rétrospective de son père Charles au Musée de Rouen. Et faire un enchaînement sur son fils Michel, je trouvais cela très instructif et aussi inédit...

En fait, je découvrais totalement cet artiste. Ce qui m'a séduit, c'est le dessinateur hors-pair. Et pourtant, nous possédons des dessins du XXème dans les collections du Musée avec l’importante donation De Maistre (1891-1953). Et Michel FRECHON est l'exemple même du fait que ce n'est pas parce qu'on n'est pas de l'avant-garde artistique, qu'on n'est pas intéressant ! Michel FRECHON joue sa propre musique particulière !

Je pense à ses portraits de femmes, tout en sérénité, charme...

PB : oui, ceux à la touche croisée...

DC : non, plutôt ses Langueurs, par exemple, où il invente un univers. Dans les portraits de sa famille, faits de touches croisées avec une technique brillante, je vous l'accorde, je trouve qu'il ne s'est pas encore affranchi de son père. Ce n'est pas ce que je préfère.

Je suis également très sensible à ses vues de Rouen, qui s'inscrivent dans la tradition... Dans la tradition d'Eugène ATGET (photographe 1857-1927 NDLR) par exemple, qui nous a montré des cours intérieures, des ruelles pavées du Paris de la fin du XIXème. Michel FRECHON, lui, nous montre un Rouen non idéalisé mais très présent.

PB : pas le Rouen de la reconstruction après la libération de 1945 ?

DC : ah si !! C'est vraisemblablement le Michel Frechon que je préfère ! Sa ville en reconstruction ! Il rejoint, à mon avis, la modernité des Gare St Lazare de Claude MONET ! Et puis, il adopte des cadrages tellement originaux. Il est un artiste à part entière, il s’intéresse à ce que nous n’avions pas regardé, il nous montre ce que nos yeux n’avaient pas vu.

Quant à ses Intérieurs de Cathédrale, ils viennent du legs paternel, certes. Mais il installe par ces noirs et ces blancs, un mystère, comme dans certains portraits de femme, d’ailleurs, où le temps semble suspendu..

Je le trouve moins à son aise dans ses paysages à l'huile qui, selon moi, sont moins riches.

PB : vous avez quitté le Musée de Bernay au début de cette année. Quel est votre quotidien ?

DC : je suis, depuis le 1er janvier, en poste au Musée National de l’Éducation de Rouen. Je me suis éloigné du domaine des Beaux-arts. C'est, pour moi, un vrai challenge intellectuel. Et je tente de faire profiter, à mon nouveau milieu, de mon regard extérieur qui est plus tourné vers le grand public. Car il faut que nous fassions connaître ce Musée ! Nous devons, je pense également, introduire plus de Beaux-arts dans ce musée qui est des cinq musées nationaux scientifiques. Car le thème de l’Éducation avec un grand E nous parle de l’histoire des hommes, de cet enjeu de civilisation. C’est un musée où l’art et l’histoire se répondent... L’enfance est donc à envisager très largement. Nous nous intéressons à l’histoire scolaire, mais aussi aux scènes d’éducation familiale...

Ces moments de complicité entre mère et enfants, par exemple chez Charles ANGRAND où la présence des enfants chez Charles FRECHON, me laissent penser que, peut-être, l’association des Amis de l’École de Rouen sera de nouveau un partenaire d’un musée, qui sait !

J'appréhende avec modestie ce nouveau poste, ce tournant professionnel, car, rendez-vous compte, le Musée de l’Éducation de Rouen renferme plus de 950.000 objets, ce qui constitue la plus importante collection européenne dans le domaine. Et, en plus, tout est à l'inventaire ! Aussi bien la toile d'un Maître hollandais du XVIIème, comme le cahier d'écolier de 1950 avec son lot de mauvaises notes ! D'ailleurs, nous sommes friands de ces « 'mauvais » carnets scolaires anciens. Alors, n'ayez pas honte, ramenez les nous, nous vous féliciterons !

PB : des projets ?

DC : en 2014, je serai co-commissaire d'expo ayant pour thème : L'enfant et la 1ère guerre mondiale.

 

propos reueillis par Pierre BUYCHAUT

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une Oeuvre, une Histoire par Brice Aurpeuthy et Jacba (6) - annonce

22 Mai 2012, 06:00am

Publié par le webmaster

chroniqueur7Ce mois-ci, vous trouverez un nouvel article de Brice Aurpeuthy et Jacba qui présentent une oeuvre de Charles ANGRAND," le gardeur de dindons" de 1881.

pour ne savoir plus cliquer ici

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une Oeuvre, une Histoire par Brice Aurpeuthy et Jacba (6)

21 Mai 2012, 21:00pm

Publié par le webmaster

CA-lesgardiensdemoutons-1881 [640x480]

cliquer gauche pour agrandir

 

QUI : Charles ANGRAND (1854-1926)

 

QUAND : 1881

 

QU’ EST-CE : Le gardeur de dindons (huile sur toile, coll. part.)

 

COMMENT : Ce sujet rupestre reste classique, déjà étudié par maintes générations de peintres. Et il est évident que l’intérêt de l’œuvre réside uniquement dans sa composition.

En effet, Charles Angrand montre une grande modernité : composition frontale, sans point de fuite. Gauguin, quelques années plus tard, en initiera son groupe à Pont-Aven.

La source en est la découverte des estampes japonaises, qui sont construites sans modelé, sans perspective atmosphérique chère aux artistes européens. Qu’un rendu plaisant et décoratif, car il faut rappeler que les estampes ne servaient à l’origine, que de papier d’emballage ! Or, les peintres impressionnistes, Claude Monet le premier dans sa maison de Giverny, furent séduits et collectionnèrent ces estampes, dont la galerie Siegfried Bing à Paris s’en fit la spécialité.

Ici, prime un fond jaune bouton d’or, façon icône mettant en valeur un sujet bucolique sans prétention, égrainé de touches vert prairie. Et construit, maçonné pourrait-on dire, en touches horizontales à la brosse. La même largeur de brosse habille les dindons d’un gris nuancé de bleu. De plus, les volatiles se retrouvent rejetés dans le coin supérieur du tableau, comme l’aurait fait un photographe.

Le spectateur semble épier le jeune garçon dans son activité de « gardeur ». Il est de dos, une branchette à la main. Même si il en est le titre, il n’est pas le sujet, ni même les gallinacés : la composition surpasse le sujet !

Ainsi en a voulu Charles Angrand.

Brice Aurpeuthy

 

l'environnement du peintre en 1881

220px-Jules Ferry by Georges Lafosse

Politique française

L’évènement politique majeur de cette année 1881 est indubitablement la loi votée le 16 juin par les Chambres à l’initiative de Jules Ferry, Ministre de l’Instruction Publique, instituant dans son article premier, « qu’il ne sera plus perçu de rétribution scolaire dans les écoles primaires publiques ». Mais, c’est en 1882 que « l’instruction primaire est rendue obligatoire pour les enfants âgés de 6 ans à 13 ans révolus »…

L’article 2 de la Loi de mars 1882 stipule que « les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, en outre du dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s’ils le désirent, à leurs enfants, l’instruction religieuse en dehors des édifices scolaires ».

Dans son article 6, la Loi « institue un certificat d’études primaires ».

Medecine

Louis Pasteur explique dans une communication le principe d’action de la vaccination, suite aux travaux de Robert Koch mettant en relation les microbes et les maladies. Sa première vaccination fut celle d’un troupeau de moutons contre le charbon le 5 mai 1881. Mais, ce n’est qu’en 1885 qu’un enfant fut traité contre la rage par vaccin après exposition au risque.

vaccination-1 [320x200]

Si vous souhaitez transformer quelqu’un de paisible en un démon hurlant,

saisissez-le amicalement, mais fermement, par son bras récemment vacciné !

Peinture

Pissarro24 [320x200]Si l’année 181 voit le mouvement impressionnisme s’épanouir avec des œuvres comme

« le déjeuner des canotiers » ou « sur la 

Puvis-pauvre pecheur [320x200]

terrasse » de Pierre-Auguste Renoir, « le chasseur de Lions » d’Edouard Manet, ou « Susan consolant un bébé » de Mary Cassatt, ou bien encore «  jeune paysanne prenant son café » de Camille Pissarro, on assiste en revanche au développement d’une génération anti-impressionniste avec Pierre Puvis de Chavannes (« le pauvre pêcheur »), Odilon Redon (« yeux clos ») ou Gustave Moreau très inspiré de mythologies raffinées.

Redon-yeux clos (320x200)

 Ce nouvel art pictural, né en 1870, s’ingénie à traiter par des représentations symboliques le caché, l’ailleurs, l’invisible, à travers la nature, le rêve et la méditation sans oublier la femme éternelle.

Au lieu de regarder la réalité par les sens, on l’explore par l’esprit.

JACBA

C. Pissarro - jeune paysanne prenant son café - HST 64x54 - 1881 - Art Institute Chicago

P. Puvis de Chavannes - le pauvre pécheur - HST 155x192 1881 - Musée d'Orsay

Odilon Redon - les yeux clos - HST 44x36 -1890 - Musée d'Orsay

 

 

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une Oeuvre, une Histoire, par Brice Aurpeuthy et Jacba (5) - annonce

14 Avril 2012, 15:30pm

Publié par le webmaster

chroniqueur7Ce mois-ci, Brice Aurpeuthy et Jacba vous présente une oeuvre d'Albert LEBOURG (1849-1928), réalisée en 1876.

pour en savoir plus, cliquer ici

le Webmestre

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une Oeuvre, une Histoire, par Brice Aurpeuthy et Jacba (5)

14 Avril 2012, 08:53am

Publié par le webmaster

LEBOURG Café maure dans le jardin d'Essai (Copier) (3)  cliquer gauche sur l'image pour l'agrandir 

 

QUI :   Albert LEBOURG (1849-1928)

 

QUAND :   1876

 

QU’ EST-CE :   le café du jardin d’Essai (huile sur toile, coll. part.)

 

COMMENT : A 23 ans, abandonnant ses proches pour un territoire inconnu, Albert Lebourg débarque à Alger en octobre 1872. Un professorat de dessin l’attend. Il ne revient définitivement en France qu’en 1877. Un seul retour en 1873 à Rouen pour se marier.

Notre peintre manque donc la 1ère exposition impressionniste qui se tient à Paris en 1874, dans les salons Nadar, et que tout le Paris des critiques raille à foison.

En a-t-il connaissance ? Suit-il les nouvelles artistiques parisiennes ? Vraisemblablement tout de même car, rappelons-nous, il expose au printemps 1872 au salon de Rouen, où sont présents… Monet, Pissarro et Sisley ! Ce que nous savons avec certitude est que son ami, le peintre Seignemartin, du voyage à Alger également, l’incite à éclaircir sa palette.

Mais quid des nouvelles artistiques parisiennes que peuvent relayer les journaux algériens ?

Quid des relations épistolaires d’amis de l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen (qui ne se nomme pas encore de la sorte, d’ailleurs) ?

A ce jour, nous n’en savons rien. Mais quelle composition en phase avec l’avant-garde parisienne !

Un impressionnisme total, sans anecdote ni fioriture : des coups de brosse bien distincts et détachés, de la lumière éclatante, écrasante et des ombres colorées, une palette relativement restreinte enflammée par juste quelques touches de rouge carmin, une trouée de respiration avec ses deux touches bleu-acier dans les différents verts des frondaisons.

De la vigueur, du rythme, de L’IMPRESSION !

 

                                                                                      Brice Aurpeuthy

 

  l'environnement du peintre : 1876

 

L’environnement politique français en 1876

Depuis 1868, Bismarck, ministre de son roi, Guillaume 1er, avait pour objectif de soumettre à la Prusse tous les Etats Allemands en les poussant à s’unifier autour d’une cause commune. Falsifiant une dépêche de son souverain qui est « aux bains » à Ems, en lui donnant un sens outrageant pour la France, Bismarck fait savoir que Guillaume 1er a refusé de recevoir l’ambassadeur de Napoléon III. Ce dernier, se sentant humilié, déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 et, ce faisant, à toute l’Allemagne.

Napoléon III et son armée, particulièrement désorganisée, sont vaincus à Sedan et proclamEmpireAll (Copier)l’Empereur est fait prisonnier. La Capitale est bombardée. Gambetta forme à Paris un nouveau gouvernement et proclame la République.

Après des combats sanglants qui firent 130 000 morts de part et d’autre, les armées françaises capitulent enfin à Metz et la France demande la paix qui est signée le 28janvier 1871. Bismarck  et Guillaume Ier, qui devient Empereur d’Allemagne, annexent l'Alsace et de la Moselle qui resteront allemandes pendant 47 ans !

1875 : la République est définitivement établie en France. Adolphe Thiers en devient le Président.

La Constitution est rédigée et les premières chambres (Députés et Sénat) se réunissent pour la première fois en 1876.

les peintres

En 1876, se tient la deuxième exposition des peintres impressionnistes chez moulinGalette(dét)Durand-Ruel, rue Pelletier, où, déjà, on voit s’affronter les deux tendances de l’impressionnisme, 

l'absinthe-Degasd’un côté,« le plein air » avecMonet, Renoir, Sisley, jouant sur les reflets dans l’eau et la vie mobile mais aussi Pissarro et Cézanne, peintres de paysages plus rustiques, de l’autre, « la vie moderne » et « la figure humaine » avec Degas et Caillebotte.

Renoir y présente son premier chef d’œuvre « le bal du moulin de la Galette », Sisley, « l’inondation à Port-Marly », Pissarro, « la moisson », Degas, « la classe de danse » et « l’absinthe », Caillebotte, « les raboteurs de parquet ».port marly flood (Copier)

Les évènements dans le monde

Graham Bell dépose en 1876 son brevet du Téléphone et réalise la première communication téléphonique avec son assistant, Watson (qui est dans la pièce à côté !) : « M. Watson, come here, I want you ».

torcheStatueLibertéA Philadelphie, se tient la première exposition universelle des Etats-Unis où est présentée au public la torche (inachevée) de la Statue de la Liberté qui brûle peut-être déjà avec du pétrole …de sureté !

                               JACBA428px-Jules Chéret-Saxoléine (Copier)

 

 

Pierre-Auguste RENOIR  - le bal du Moulin de la Galette

Edgar DEGAS - l'absinthe

Alfred SISLEY - l'inindation à Port-Marly

 

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ASSEMBLEE GENERALE des A.E.R.

31 Mars 2012, 09:45am

Publié par le webmaster

Vendredi 13 Avril 2012 à 18H30

Assemblée générale des Amis de l’Ecole de Rouen

salle des fêtes Claude Lambert

rue aux Saulniers à Saint Pierre les Elbeuf


Cette année, le dîner-débat animé par François LESPINASSE sera consacré à la vie et à l’œuvre de Joseph DELATTRE décédé il y a cent ans et qui a tenu un rôle essentiel en participant notamment à la formation de nombreux artistes composant la deuxième génération des peintres qui nous sont chers.

Je vous encourage fortement à participer à ce moment privilégié qui allie le  plaisir culturel à celui d’un repas convivial. N’hésitez pas à encourager vos amis à nous rejoindre à cette occasion !

Veuillez croire, chers Amis Membres, en l’expression de mes sentiments cordiaux.

 

                                                     Jean-Claude DELAHAYE , Président de l'A.E.R.JCD120909--320x200-.jpg

 

 

Prix du repas : 25€

Merci de retourner sans attendre le coupon-réponse de votre participation

accompagné de votre règlement.

 

 

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        DINER DEBAT  Assemblée Générale des Amis de l'Ecole de Rouen 

COUPON REPONSE

 

           __________________________________________________ assistera     OUI  /  NON

                                                                                                                                                               entourez votre choix


          nombre de personnes (joindre votre règlement de 25 € /personne à l'ordre des A.E.R.

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