Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Les Amis de l'Ecole de Rouen

voeux du Président

9 Janvier 2013, 11:00am

Publié par le webmaster

      

images

Cher(e)  Ami(e) Membre ,

Permettez-moi de vous présenter tous mes meilleurs vœux de santé, de prospérité et de découvertes artistiques pour cette année 2013 qui commence.

Depuis sa création en 2008, notre site Internet a vu le nombre de ses rubriques s’enrichir et je ne saurai trop vous encourager à lui rendre régulièrement visite afin de suivre au mieux  l’évolution de nos projets.

dominiqueCHAUVEL-JCD-2-151112 (Copier) (2)L’année 2012 a été marquée par la belle exposition rendant hommage à Michel FRECHON au musée de Bernay (23 juin au 16 septembre) ainsi que par la commémoration du 100ème  anniversaire du décès de Joseph DELATTRE dans le salon d’honneur de l’Hôtel du Département de Seine Maritime (15 novembre au 13 décembre). 

Jean-Claude DELAHAYE et Dominique CHAUVEL, responsable culture au CG76, lors du vernissage de l'expo DELATTRE,  le 15 novembre 2012

Nous participerons en Mai 2013 à la tenue d’une exposition consacrée à Albert LEBOURG à la Maison des Arts de Grand-Quevilly, dans le cadre de Normandie Impressionniste 2013. 

Nous travaillons également, toujours dans le cadre de  la préparation de « Normandie Impressionniste 2013 » sur plusieurs projets, incluant l’importante exposition qui se tiendra au Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Nous ne manquerons pas de vous tenir prochainement informé de leur état d’avancement.

D’autre part, le moment est arrivé de renouveler votre cotisation pour l’année 2013.

Vous savez combien cette contribution est indispensable au bon fonctionnement de l’Association. Le montant de la cotisation est toujours de 20 Euros.

Je vous remercie par avance pour votre prochain règlement à établir à l’ordre de l’AER (ou Amis de l’Ecole de Rouen).

Vous renouvelant mes vœux pour cette nouvelle année, je vous prie de croire, Cher(e) Ami(e) Membre, en l’expression de mes sentiments cordiaux.

Jean-Claude DELAHAYE, Président de l’Association

                     

NB. Les adhérents nous ayant rejoints depuis le 01.09.2012 ne sont pas concernés par le présent appel à cotisation.                                                                                                     

Voir les commentaires

une Oeuvre, une Histoire par Brice AURPEUTHY et JACBA (7)

1 Décembre 2012, 11:28am

Publié par le webmaster

  Delattre-RégatesSeine (Copier) (3)cliquer gauche  pour agrandir

 

QUI : Joseph DELATTRE (1858-1912)

 

QUAND : entre 1895 et 1900

 

QU’ EST-CE : Les régates (huile sur toile, coll. part.)

 

 

 

COMMENT : Joseph Delattre est un paysagiste, un paysagiste des bords de Seine, notamment.

Au début des années 1890, il oriente ses recherches dans la retranscription des brumes portuaires rouennaises. Il s'évertue à donner de la transparence dans la palette de ses gris, en les éclairant de bleu, de vermillon, d'ocre... Une recherche tout en délicatesse.

Après son déménagement à Petit-Couronne en 1902, ce sont les gribanes, ces barques de transport de roches et de craie des carrières de Biessard, qui captent l'attention de notre peintre.

Notre toile, exceptionnelle, se situe entre ces deux périodes. Joseph Delattre, grâce à ses correspondances avec Charles Angrand, l'ami de Seurat, a parfaitement intégré les principes néo de la décomposition de la touche. Plus large dans les reflets du fleuve, cette touche devient punctiforme dans les voilures, simulant le gonflement ou le faseyement de ces dernières, c'est à dire le mouvement !

Et que dire des couleurs réfléchies sur les ondes sages de la Seine: un mélange étonnant de parme venant du ciel, de mauve produit par les coteaux, quelques traits crème pour les voiles, coquille d'oeuf rosé pour le reflet des falaises de craie, sur fond bleu céleste dégradé (plus clair).

Quant au premier plan de droite ocre-vert figurant la berge, il est caractéristique de Delattre, permettant d'étager les plans successifs, ce qui amène toute la profondeur de la composition.

 

Brice AURPEUTHY

 

L'environnement du peintre en 1895-1900

 

Le peintre réalise son œuvre entre 1895 et 1900, c’est-à-dire au début de la « belle époque », caractérisé par de nombreux progrès technologiques : en 1895, les frères LUMIERE déposent le brevet du cinématographe, en 1897, Eugène DEMARÇAIS isole l’EUROPIUM, en 1898, Pierre et Marie CURIE, le RADIUM, le chimiste américain John ABEL, l’adrénaline, Joseph THOMSON annonce la découverte de l’électron, élément fondamental des rayons lumineux, et Clément ADER réalise un premier vol horizontal de 300 mètres sur son AVION III...et aussi  des catastrophes !

un train "s'arrête" en Gare Montparnasse en 95

 

Mais, dans cette période également riche sur le plan culturel surviennent également des évènements qui jettent le trouble dans cette société qui, sortant d’une longue période de guerre, respire enfin. J’en cite deux :

330px-Le Petit Journal - Bazar de la Charité (Copier)- Le 4 mai 1897, un gigantesque incendie survient au Bazar de la Charité à PARIS, faisant 121 morts.  L’effervescence autour de ce drame générera toutes sortes de réflexions, chacun voyant dans l’évènement récupéré, interprété et amplifié par le presse, des symboles quasi mythologiques sur la dégradation de la société ; les milieux cléricaux lui y attribuèrent même l’expression d’une punition divine.

- Le 13 janvier 1898, publication par le journal « l’aurore » du « J’ACCUSE », relançant l’affaire DREYFUS. Dans ce texte virulent, l’écrivain Emile ZOLA, soutenu par Georges CLEMENCEAU, dénonce les manigances qui entourent le procès démarré en 1894 du capitaine DREYFUS, accusé d’espionnage. Carte jaccuse

Le 19 septembre 1899, le Président de la République Emile LOUBET gracie DREYFUS, reconnu pourtant coupable de haute trahison par la cour militaire. Et c’est seulement en 1906 que DREYFUS est définitivement innocenté.

 

C’est dans cet environnement agité que Paul GAUGUIN réalise une de ses œuvres postimpressionnistes la plus connue, peinte à Tahiti,  actuellement abritée par le Musée de BOSTON (USA) :

« D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? ».

Tout un programme d’actualité, n’est-ce-pas ?     

 

JACBA

Voir les commentaires

A propos de l'expo Joseph DELATTRE : le mot du Président...

1 Novembre 2012, 14:48pm

Publié par le webmaster

j.delattre -photo (Copier)Le 6 Août 1912, c’est à dire il y a cent ans, Joseph DELATTRE décédait  à Petit Couronne à l’âge de 54 ans.

Il fût de tous les combats pour faire en sorte que l’impressionnisme trouve sa place à ROUEN.

Il fréquentait les plus grands peintres dès que ceux-ci passaient par la capitale normande et Camille PISSARRO n’hésita pas à écrire à son fils Lucien tout le bien qu’il pensait de cet Artiste atypique.

Rien ne fût facile pour Joseph DELATTRE qui passa son existence à chercher comment assurer le lendemain et  n’y parvint jamais vraiment.

Mais il fût l’ami fidèle des peintres impressionnistes normands de la première génération et le maître qui forma les peintres de la génération suivante tels Marcel COUCHAUX, Narcisse GUILBERT, Narcisse HENOCQUE, Maurice LOUVRIER, Georges BRADBERRY et de nombreux autres.

Joseph DELATTRE exposa deux fois à PARIS, dans la galerie de Paul DURAND RUEL.

Une carrière nationale aurait pu s’ouvrir, mais Joseph DELATTRE n’osa pas franchir le pas d’une production plus importante et de formats plus grands.

S’il avait été plus audacieux et de santé plus robuste, il serait aujourd’hui largement reconnu hors des frontières normandes.

  Quoiqu’il en soit, la ville de ROUEN doit beaucoup à cet Artiste, et nous sommes particulièrement fiers de cet hommage qui n’est que justice.

Il revient à l’Hôtel du Département le mérite d’avoir spontanément adhéré à notre projet et nous tenons à en remercier chaleureusement Didier MARIE et l’ensemble du personnel impliqué dans cette manifestation.

Une fois encore, les prêteurs particuliers  ont répondu à nos demandes et nous permettent ainsi de présenter un ensemble de haute tenue.

Fidèle parmi les fidèles, François LESPINASSE s’est à nouveau pleinement impliqué pour la réussite de cette exposition et nous lui devons beaucoup.

Il nous reste à souhaiter que depuis le paradis des Peintres, Joseph DELATTRE  nous observe de son œil malicieux en se rappelant cette phrase qu’avait prononcée  Camille COROT, Peintre qu’il aimait tant, pour résumer sa vie artistique « Je n’aurai joué qu’un petit air de flûte, mais il aura été juste ».

 

Jean-Claude DELAHAYEJCD130909--320x200-.jpg

Voir les commentaires

Exposition J. DELATTRE à l'Hôtel du Département de Seine-Maritime

25 Octobre 2012, 19:22pm

Publié par le webmaster

invitation expo delattre basse def-1Chers amis,

L'Association organise à l'Hôtel du Département de Seine-Maritime une exposition  "hommage à joseph DELATTRE".

Vous êtes tous invités au vernissage qui se déroulera dans le Grand Salon le jeudi 15 novembre. Venez nombreux !

le Président

Jean-Claude DELAHAYEinvitation expo delattre basse def

carton d'invitation personnel

Voir les commentaires

A propos de l'interview de Christophe DUVIVIER par Pierre BUYCHAUT...

25 Octobre 2012, 19:00pm

Publié par le webmaster

On nous prie de signaler que l'expo " l'Arbre" au Musée TAVET-DELACOUR de PONTOISE s'est déroulée du 15 avril au 8 juillet 2012.

Le Catalogue est néanmoins toujours en vente à l'accueil du Musée.

Le Webmestre

Voir les commentaires

interview de Christophe DUVIVIER par Pierre BUYCHAUT

15 Octobre 2012, 21:20pm

Publié par le webmaster

chroniqueur7Pierre BUYCHAUT vient de rencontrer Christophe  DUVIVIER, Directeur des Musées

de PONTOISE. Il vous livre les quelques propos recueillis à cette occasion.


pour en savoir davantage, cliquer ici

Voir les commentaires

interview de christophe DUVIVIER par Pierre BUYCHAUT

15 Octobre 2012, 21:15pm

Publié par le webmaster

 

C'est au cours de son exposition sur L'arbre dans la peinture de paysage, entre 1850 et 1920, de Corot à Matisse, que nous rencontrons Christophe DUVIVIER au Musée Tavet-Delacour.ChDuvivier

A la tête des Musées de Pontoise depuis 1990, il a assuré le commissariat ou collaboré à la réalisation d'une centaine d'expositions en France mais aussi à l'étranger (Japon, Italie, Allemagne, Pologne...) dédiées à l'art des XIX et XXème siècles, de l'Impressionnisme à l'Art Concret et Contemporain.

 Pierre BUYCHAUT: vous avez intégré ANGRAND, FRECHON et PINCHON dans votre Exposition sur l'Arbre. Vous connaissez donc L'École de Rouen ?

Christophe DUVIVIER : oui, j'allais dire « depuis toujours » car, je dois l'avouer, je suis « un peu » normand et j'ajouterai pour appuyer ce clin d'œil à la Normandie que le Musée Tavet-Delacour est installé dans un grand vicariat qui dépendait de Rouen, un bel hôtel particulier de la fin du XVèmesiècle construit à l'initiative de Guillaume d'Estouteville...

Plus sérieusement, j'ai assuré le commissariat d'une exposition dédiée au Néo-impressionnisme au Japon en 2002, pour laquelle François Lespinasse m'avait apporté son aide.

Mais qui évoque l'Impressionnisme pense immédiatement à la Normandie. Il faut savoir aussi que la Normandie a contribué à l'aventure Néo-impressionniste, non seulement en donnant quelques motifs à Georges Seurat mais aussi, évidemment, en donnant au mouvement une figure importante : Charles Angrand.

Il ne faudrait pas oublier non plus la présence de Camille Pissarro à Eragny-sur-Epte dans les années décisives de ce même mouvement.

P.B. : ce qui explique votre rétrospective Charles Angrand en 2006 au Musée Tavet-Delacour.

C.D. : effectivement, je me suis intéressé à Charles Angrand à travers le Néo-impressionnisme mais  je m'intéresse aussi à des peintres post-impressionnistes comme Albert Lebourg ou Charles Frechon.

J'ai aussi consacré une exposition aux peintres Néo et post-impressionnistes anglais autour de Lucien Pissarro, exposition reprise par le Musée de Dieppe car elle faisait une place importante aux vues de Dieppe par Walter Sickert, Spencer Gore ou encore Harold Gilman. Mais je parle ici de Normands d'outre-manche !

PB : l'École de Rouen ?

C.D. : ce terme d'« ECOLE » est quelque peu gênant. Les Impressionnistes furent les premiers à rejeter cette terminologie avec raison. Ils étaient contre l'École avec un grand « É ». Ce sont des étiquettes données après coup qui ne veulent pas dire grand-chose d'un point de vue historique ou esthétique. Comme la plupart de ces dénominations, c'est une création a posteriori du marché de l'art qui a convergé vers des préoccupations régionalistes ou éditoriales. La fortune de l'« École de Barbizon » est à ce titre exemplaire. Remarquez qu'avec le temps, ce type d'usage « contamine » les historiens de l'art et finit par s'imposer durablement par commodité.

Mais, heureusement, on ne parle pas encore d' « École Impressionniste », ni même d' « École Néo-impressionniste » ce qui serait au demeurant de l'ordre du pléonasme. Nous sommes à l'aube du XXème siècle et c'est bien la notion de mouvements qui doit désormais prédominer, les fameux « ismes ».

Toutefois, l'aspect positif de cette terminologie réside dans le fait qu'elle permet l'étude d'un contexte local dans sa complexité et le traitement de l'histoire de l'art en ne se limitant pas aux figures majeures. Ainsi, des artistes injustement oubliés, font l'objet d'études et d'un légitime regain d'intérêt de la part des collectionneurs.

P.B. :mais le grand journalisteet critique d'art au Figaro, Arsène Alexandre, avait employé ce terme en 1902 dans un article sur ces peintres Rouennais, comme d'autres avant lui, il faut le dire. Alors, comment les nommeriez-vous?

C.D.  : « GROUPE » ! Je m'explique : quant il s'agit de l'art indépendant, c'est-à-dire l'essentiel de la peinture de paysage au XIXème siècle, je préfère, en effet, parler de « groupe » au sein des mouvements, tel celui de Pontoise formé par Cézanne, Guillaumin et Béliard autour de Pissarro. La notion de « groupe » montre bien qu'il y a des liens d'émulation, d'amitiés intellectuelles, d'influences et de combats entre des peintres et cela à un moment précis. C'est ce moment précis de convergence des recherches qui prévaut sur une appartenance géographique même s'il est souvent lié à un lieu. Notons que c'est d'ailleurs le cas dans les relations qui unirent Angrand et Frechon.

P.B. : parlez-nous de votre choix de Angrand, Frechon et Pinchon dans votre exposition sur l'Arbre.Angrand-le clos normand-JEDR (Copier)

C.D. : une partie de l'intérêt que j'éprouve à faire, à intervalles réguliers, des expositions thématiques, c'est (outre le plaisir intellectuel de faire entrer le public à son insu dans des problématiques esthétiques ou plastiques), celui de pouvoir exposer aux cotés de grands noms, de très belles œuvres d'artistes moins connus. C'est l'occasion de faire découvrir des peintres de grande qualité mais qui n'ont pas forcément joué un rôle majeur.

Ch.ANGRAND - le clos normand -  79x97 - non signée -1907-08 - coll.part.

L'histoire n'est pas faite que d'artistes ayant bouleversé leur époque ; il fallait autour des plus grands, des artistes pour les connaître et les reconnaître, et nourrir leur époque de leurs apports, leur donner une profondeur historique.

                    

P.B. : comme Charles Angrand ?

C.D. : oui, oui, il y a un grand nombre d'artistes qui occupent des places singulières dans l'histoire de l'art et que le grand public ne connaît pas forcément. Oui, c'est le cas justement d'un artiste comme Charles Angrand. Les raisons de cette méconnaissance sont assez faciles à analyser au demeurant. Il faut s'intéresser en profondeur à un mouvement pour découvrir des peintres comme lui, tant ses œuvres sont rares et parfois difficiles pour qui n'a pas de véritable compréhension de l'histoire de la peinture.

Par ailleurs, pour un musée relativement modeste, il est essentiel de faire ce travail de redécouverte. Il est en effet inutile de publier sur des artistes qui sont déjà dotés de nombreux catalogues d'expositions monographiques. Le catalogue de l'exposition Charles Angrand a permis à ce titre de donner une plus large audience aux recherches de François Lespinasse et c'est, désormais, une référence pour un plus large public et un outil au service des historiens qui travaillent sur le Néo-impressionnisme. Bien évidemment, les publications antérieures de François Lespinasse avaient déjà fait l'essentiel, mais la diffusion par un éditeur national augmente soudainement cette visibilité en étant l'occasion de réactualiser les connaissances sur les œuvres réapparues ou localisées depuis peu. D'autre part, le fait d'avoir pu bénéficier de la préface d'une figure internationale aussi considérable que celle de Robert Herbert a permis une plus large  reconnaissance de cet artiste.

P.B. : la place de Charles Frechon ?

C.D. : dans cette exposition, Charles Frechon est dans son environnement artistique et la présence de ses œuvres est parfaitement pertinente.

Eté à Quèvreville (Copier)Ce n'est probablement pas le choix qu'aurait fait le Musée d'Orsay à l'occasion d'un thème aussi ambitieux, mais c'est bien dans la vocation du musée de Pontoise. C'est la publication de Rouen (Rétrospective Charles Frechon, Musée de Rouen, 2008, NDLR) qui m'a fait mieux connaître ce très beau peintre qui a apporté une interprétation originale du Néo-impressionnisme.

Ch. FRECHON - l'été à Quevreville-la-Milon -HST 60x73 -1903-04 - coll. part.

 

P.B. : serait-il encore un peintre inconnu ?

CD.: Il faut avouer que son oubli est l'une des injustices de l'Histoire de l'Art, car il « divise » dès 1889/1990 donc avant la mort de Seurat et le ralliement de Cross. La raison de cet oubli provient probablement de son absence dans les expositions internationales contemporaines du mouvement telles celles organisées par les « XX » à Bruxelles.

Comme bien souvent, il faut rechercher l'origine de la méconnaissance d'un artiste par le public dans la rareté des œuvres et plus précisément, la rareté voire l'absence dans les collections des musées. La diffusion d'une œuvre contribue grandement à sa notoriété (son œuvre est loin d'être pléthorique : nombre estimé à environ 850 numéros, alors que Claude Monet en compte environ 2.000 peintures et Pissarro plus de 1500 NDLR)

P.B. : un espoir ?

C.D. : si un peintre comme Achille Laugé a aujourd'hui pu réintégrer l'histoire du mouvement, il  n'y a pas de raison qu'il n'en soit pas de même pour Charles Frechon qui, à certain égard, est plus fidèle à la théorie du mouvement. et qui se rattache à celui-ci directement de par son amitié avec Charles Angrand.Automne en Forêt de Quèvreville (Copier)

Quant à ses dessins faits de touches croisées et virgulées, ils sont de superbes exemples de dessins néo-impressionnistes !

Ch. FRECHON - automne à Quevreville-la-Milon -HST 65x80 - 1903-04 - coll.part.

 

P.B. : Robert-Antoine Pinchon ? 

C.D. : ah oui ! Vous faites allusion à la peinture que nous avons admirée ensemble lors de l'exposition de Rueil (Impressionnistes et postimpressionnistes de l'Ecole de Rouen, Atelier Grognard, Rueil-Malmaison, 2011, NDLR).

En effet, chaque exposition est l'occasion de corriger la vision préconçue que l'on a des artistes. Certaines œuvres vous font réévaluer cette vision soudainement et vous apportent, de fait, une bien meilleure compréhension. Cela rejoint tout ce que nous disions plus haut.

P.B.: comment le jugez-vous ?

C.D. : le « Fauvisme » est un mouvement reliant des peintres convergeant très ponctuellement et dont les évolutions ultérieures furent souvent divergentes. Regardez par exemple un peintre comme Louis Valtat dont les préoccupations esthétiques sont aux marges du Fauvisme. Certains Fauves évoluèrent vers une forme d'Expressionnisme, d'autres devinrent Cubistes, beaucoup reprirent des chemins originaux et de fait, bien distincts par la suite.

Le chemin neige (Copier)Comme beaucoup de Fauves, Pinchon se souvient autant des Néo que de Monet ou de Van Gogh, quand il peint ses troncs d'arbres en touches parallèles (Cf. Le Chemin, Neige, exposé). Il est, dans cet esprit, dans une certaine filiation avec le Néo-impressionnisme tel que le mouvement évolua après la mort de Seurat. Mais sa liberté de palette l'associe, ici, à ce moment particulier que fut le Fauvisme.

RA. PINCHON - le chemin, neige - HST 60x73 - 1905 - coll. part

On pourrait ajouter qu'à ce titre, et logiquement, il s'oppose en cela, au « Cloisonnisme » de nombre de peintres issus de Pont-Aven dans le sillage de Paul Gauguin.

.

P.B. : la fin du XIXème est une période charnière que vous appréciez...

C.D. : il est très important, pour nous, Conservateurs de Musées ou Commissaires d'expositions, de promouvoir cette période charnière excessivement riche entre le XIXème et XXème siècle. Nous devons avoir le courage de sortir des chemins trop rebattus ; c'est essentiel, notamment en rapprochant des œuvres pour permettre une meilleure compréhension de l'époque, de ses enjeux, de sa richesse. Par ailleurs, la recherche d'une cohésion et d'un dialogue pertinent entre les œuvres ainsi réunies constitue une alchimie fine très stimulante, surtout dans une architecture complexe comme celle du Musée Tavet-Delacour où toute forme de dogmatisme est vouée à l'échec.

P.B. : des projets pour 2013 ?

C.D. : un projet « entre Paris et la côte normande » : Albert Marquet et les bords de Seine, pour l'automne 2013.

 

propos recueilllis par Pierre BUYCHAUT

Voir les commentaires

exposition Michel FRECHON à BERNAY

21 Juin 2012, 16:02pm

Publié par le webmaster

à retenir absolument !Tn 000534


affiche-expo.M.FRECHON-Bernay-0612 (Copier)Exposition Michel FRECHON  

au Musée des Beaux-Arts de BERNAY

place Guillaume de Volpiano

du mardi au dimanche de 11h à 18h

du 23 juin au 16 septembre

 

Noter aussi que, Dimanche 1er juillet, une visite gratuite est organisée

avec François LESPINASSE, co-commissaire de l'exposition

(tel. 02 32 46 63 23)

 

clique sur l'image pour l'agrandir

Voir les commentaires

interview de Delphine CAMPAGNOLLE par Pierre BUYCHAUT

21 Juin 2012, 16:00pm

Publié par le webmaster

D-Campagnolle--Copier-.JPG1994, Del

Avant que ne débute la rétrospective "MICHEL FRECHON" au Musée des Beaux Arts de Bernay, nous rencontrons Delphine CAMPAGNOLLE qui fut l'instigatrice de ce projet. En effet, elle a rejoint, depuis le début de cette année 2012, les rangs du Musée National de l’Éducation à Rouen, mais suit, par passion aujourd'hui encore, la bonne réalisation de son ancien projet.

Diplômée de l’École du Louvre Delphine CAMPAGNOLLE enchaîne sur deux ans de Master à l'Université de Paris VIII-St Denis, de Maîtrise Scientifique et Technique de Médiation Culturelle.

Or, un stage de dernière année de Master la conduit au Musée de Bernay, alors dirigé par Madame AUBE. Et Bernay lui convient tout à fait, puisque c'est sa région de naissance !

La chance lui sourit de nouveau deux ans plus tard, car le musée doit se doter d’un service des Publics et sa spécialisation en médiation culturelle l’aide à créer cette politique culturelle;

En 2006, Delphine CAMPAGNOLLE passe le concours d’attachée de conservation du patrimoine et est promue Directrice du Musée des Beaux Arts de Bernay.

Pierre BUYCHAUT : à votre arrivée au Musée de Bernay, que représentait, pour vous,  l'Ecole de Rouen ?

Delphine CAMPAGNOLLE : pour être franche, à l’École du Louvre, on nous avait parlé d'Albert LEBOURG, et c'est tout... Peut-être comme représentant paysagiste d'une École Régionale. En fait, à mon arrivée, je n'avais absolument pas conscience de l'importance de cette "École de Rouen". Et puis, il y a eu la Rétrospective Charles FRECHON au Musée des Beaux-arts de Rouen en 2008. Une révélation !

Mais j'avais en mémoire la rétrospective Magdeleine HUE qui avait été montée à l'Abbatiale de Bernay attenante au Musée (du 14 juillet au 31 août 2004 NDLR). Ce n'était pas nous, le Musée, qui l'avions réalisée, mais M. Benoît Lecoq, alors Attaché culturel à la ville de Bernay. .

Car, vous le savez, Magdeleine HUE est née à Bernay (Magdeleine HUE, 1882-1944, marraine des enfants de Robert-Antoine PINCHON, est la seule Femme de 'l’École de Rouen' NDLR). Oh, je suis un peu embarrassée pour vous l'avouer, mais à l'époque, j'avais écouté les réflexions de ma directrice qui la considérait comme.... comme "un petit peintre" !

PB : et votre sentiment aujourd'hui ?

DC : sincèrement, c'est un Peintre ! Une femme ! Une vraie singularité ! Mais rattachée à une communauté d'artistes. Elle n'est pas la servile copie de PINCHON. C'est une coloriste à la palette flamboyante ! Et son parcours de femme libre n’est pas si courant pour l’époque !

PB : elle fait partie de vos peintres préférés ?

DC : moi, c'est plutôt PINCHON ! Et pour la 1ère génération : Charles FRECHON !

Et puis Charles ANGRAND ! Il n'a pas choisi la facilité. Regardez ses pastels ; ils ne sont pas toujours beaux, dans le sens où ils ne plaisent pas toujours au grand public ! Il n'a pas choisi la facilité commerciale. Enfin, c'est la vision romantique que j'en ai...

Ce n'est pas banal d'être Artiste ! Les Peintres de "l’École de Rouen" méritent leur place dans les encyclopédies d’Histoire de l'Art.

PB : vous parliez de Pinchon ?au Musée de Rouen (MONET, PISSARRO, GAUGUIN à Rouen, "une ville pour l'impressionnisme

DC : le Festival Normandie Impressionniste "(été 2010 NDLR) a été une découverte pour beaucoup de visiteurs de ce jeune prodige. Je trouve que l'on sent une humanité dans son œuvre. Une vraie harmonie se dégage de ses scènes de campagne. Le tout avec une palette réinventée, et malgré tout, sereine, " à la Matisse " du  "Luxe, Calme et Volupté "  (musée d'Orsay) (PINCHON accroche 3 toiles au même Salon d'Automne de 1905, la fameuse "Cage aux Fauves" -  NDLR). Le Portrait de sa Mère que nous avons exposé à Jardins Enchanteurs (dans le cadre de Normandie Impressionniste, été 2010, Musée de Bernay - NDLR) est monumental dans sa simplicité !

PB : d'ailleurs, comment est née la collaboration avec notre Association des Amis de l’École de Rouen ?

DC : eh bien, un jour, ce devait être fin 2008, un membre de votre Bureau a pris rendez-vous. Et il est arrivé, c'était cocasse, une valise remplie de livres et documentations de votre Association (Delphine CAMPAGNOLLE est, depuis, adhérente de l'Asso, NDLR).

Ernest Quost fleurs du matin (Copier) Nous avons longuement envisagé ce que pourrait être une collaboration entre le Musée de Bernay et l'AER. D'autant plus, il faut le dire, que le Musée est relativement pauvre en œuvres impressionnistes, à part le prodigieux QUOST de 1885, notre fleuron.

 ci-contre  "fleurs du matin" d'Ernest QUOST

Alors, je me suis dit pourquoi pas ? Ce pouvait être une opération gagnant-gagnant ! Une expo en associant une œuvre du Musée.

PB : et ce fut Michel FRECHON...

DC : oh ! Avant ça, il y a eu Quand l'enfant paraît (du 27 janvier au 31 mai 2010, NDLR), avec une demi douzaine de prêts dont Angrand et Pinchon ; puis la grande expo Jardins Enchanteurs (du 12 juin au 3 octobre 2010) qui a vu 6.000 visiteurs en 1 été, soit plus de 60 % de notre fréquentation annuelle !

PB : et ce fut Michel FRECHON...

DC : oui, à l'époque, fin 2008, on sortait de la rétrospective de son père Charles au Musée de Rouen. Et faire un enchaînement sur son fils Michel, je trouvais cela très instructif et aussi inédit...

En fait, je découvrais totalement cet artiste. Ce qui m'a séduit, c'est le dessinateur hors-pair. Et pourtant, nous possédons des dessins du XXème dans les collections du Musée avec l’importante donation De Maistre (1891-1953). Et Michel FRECHON est l'exemple même du fait que ce n'est pas parce qu'on n'est pas de l'avant-garde artistique, qu'on n'est pas intéressant ! Michel FRECHON joue sa propre musique particulière !

Je pense à ses portraits de femmes, tout en sérénité, charme...

PB : oui, ceux à la touche croisée...

DC : non, plutôt ses Langueurs, par exemple, où il invente un univers. Dans les portraits de sa famille, faits de touches croisées avec une technique brillante, je vous l'accorde, je trouve qu'il ne s'est pas encore affranchi de son père. Ce n'est pas ce que je préfère.

Je suis également très sensible à ses vues de Rouen, qui s'inscrivent dans la tradition... Dans la tradition d'Eugène ATGET (photographe 1857-1927 NDLR) par exemple, qui nous a montré des cours intérieures, des ruelles pavées du Paris de la fin du XIXème. Michel FRECHON, lui, nous montre un Rouen non idéalisé mais très présent.

PB : pas le Rouen de la reconstruction après la libération de 1945 ?

DC : ah si !! C'est vraisemblablement le Michel Frechon que je préfère ! Sa ville en reconstruction ! Il rejoint, à mon avis, la modernité des Gare St Lazare de Claude MONET ! Et puis, il adopte des cadrages tellement originaux. Il est un artiste à part entière, il s’intéresse à ce que nous n’avions pas regardé, il nous montre ce que nos yeux n’avaient pas vu.

Quant à ses Intérieurs de Cathédrale, ils viennent du legs paternel, certes. Mais il installe par ces noirs et ces blancs, un mystère, comme dans certains portraits de femme, d’ailleurs, où le temps semble suspendu..

Je le trouve moins à son aise dans ses paysages à l'huile qui, selon moi, sont moins riches.

PB : vous avez quitté le Musée de Bernay au début de cette année. Quel est votre quotidien ?

DC : je suis, depuis le 1er janvier, en poste au Musée National de l’Éducation de Rouen. Je me suis éloigné du domaine des Beaux-arts. C'est, pour moi, un vrai challenge intellectuel. Et je tente de faire profiter, à mon nouveau milieu, de mon regard extérieur qui est plus tourné vers le grand public. Car il faut que nous fassions connaître ce Musée ! Nous devons, je pense également, introduire plus de Beaux-arts dans ce musée qui est des cinq musées nationaux scientifiques. Car le thème de l’Éducation avec un grand E nous parle de l’histoire des hommes, de cet enjeu de civilisation. C’est un musée où l’art et l’histoire se répondent... L’enfance est donc à envisager très largement. Nous nous intéressons à l’histoire scolaire, mais aussi aux scènes d’éducation familiale...

Ces moments de complicité entre mère et enfants, par exemple chez Charles ANGRAND où la présence des enfants chez Charles FRECHON, me laissent penser que, peut-être, l’association des Amis de l’École de Rouen sera de nouveau un partenaire d’un musée, qui sait !

J'appréhende avec modestie ce nouveau poste, ce tournant professionnel, car, rendez-vous compte, le Musée de l’Éducation de Rouen renferme plus de 950.000 objets, ce qui constitue la plus importante collection européenne dans le domaine. Et, en plus, tout est à l'inventaire ! Aussi bien la toile d'un Maître hollandais du XVIIème, comme le cahier d'écolier de 1950 avec son lot de mauvaises notes ! D'ailleurs, nous sommes friands de ces « 'mauvais » carnets scolaires anciens. Alors, n'ayez pas honte, ramenez les nous, nous vous féliciterons !

PB : des projets ?

DC : en 2014, je serai co-commissaire d'expo ayant pour thème : L'enfant et la 1ère guerre mondiale.

 

propos reueillis par Pierre BUYCHAUT

Voir les commentaires

une Oeuvre, une Histoire par Brice Aurpeuthy et Jacba (6) - annonce

22 Mai 2012, 07:00am

Publié par le webmaster

chroniqueur7Ce mois-ci, vous trouverez un nouvel article de Brice Aurpeuthy et Jacba qui présentent une oeuvre de Charles ANGRAND," le gardeur de dindons" de 1881.

pour ne savoir plus cliquer ici

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>