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Les Amis de l'Ecole de Rouen

une Oeuvre, une Histoire, par Brice Aurpeuthy et Jacba (5)

14 Avril 2012, 08:53am

Publié par le webmaster

LEBOURG Café maure dans le jardin d'Essai (Copier) (3)  cliquer gauche sur l'image pour l'agrandir 

 

QUI :   Albert LEBOURG (1849-1928)

 

QUAND :   1876

 

QU’ EST-CE :   le café du jardin d’Essai (huile sur toile, coll. part.)

 

COMMENT : A 23 ans, abandonnant ses proches pour un territoire inconnu, Albert Lebourg débarque à Alger en octobre 1872. Un professorat de dessin l’attend. Il ne revient définitivement en France qu’en 1877. Un seul retour en 1873 à Rouen pour se marier.

Notre peintre manque donc la 1ère exposition impressionniste qui se tient à Paris en 1874, dans les salons Nadar, et que tout le Paris des critiques raille à foison.

En a-t-il connaissance ? Suit-il les nouvelles artistiques parisiennes ? Vraisemblablement tout de même car, rappelons-nous, il expose au printemps 1872 au salon de Rouen, où sont présents… Monet, Pissarro et Sisley ! Ce que nous savons avec certitude est que son ami, le peintre Seignemartin, du voyage à Alger également, l’incite à éclaircir sa palette.

Mais quid des nouvelles artistiques parisiennes que peuvent relayer les journaux algériens ?

Quid des relations épistolaires d’amis de l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen (qui ne se nomme pas encore de la sorte, d’ailleurs) ?

A ce jour, nous n’en savons rien. Mais quelle composition en phase avec l’avant-garde parisienne !

Un impressionnisme total, sans anecdote ni fioriture : des coups de brosse bien distincts et détachés, de la lumière éclatante, écrasante et des ombres colorées, une palette relativement restreinte enflammée par juste quelques touches de rouge carmin, une trouée de respiration avec ses deux touches bleu-acier dans les différents verts des frondaisons.

De la vigueur, du rythme, de L’IMPRESSION !

 

                                                                                      Brice Aurpeuthy

 

  l'environnement du peintre : 1876

 

L’environnement politique français en 1876

Depuis 1868, Bismarck, ministre de son roi, Guillaume 1er, avait pour objectif de soumettre à la Prusse tous les Etats Allemands en les poussant à s’unifier autour d’une cause commune. Falsifiant une dépêche de son souverain qui est « aux bains » à Ems, en lui donnant un sens outrageant pour la France, Bismarck fait savoir que Guillaume 1er a refusé de recevoir l’ambassadeur de Napoléon III. Ce dernier, se sentant humilié, déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 et, ce faisant, à toute l’Allemagne.

Napoléon III et son armée, particulièrement désorganisée, sont vaincus à Sedan et proclamEmpireAll (Copier)l’Empereur est fait prisonnier. La Capitale est bombardée. Gambetta forme à Paris un nouveau gouvernement et proclame la République.

Après des combats sanglants qui firent 130 000 morts de part et d’autre, les armées françaises capitulent enfin à Metz et la France demande la paix qui est signée le 28janvier 1871. Bismarck  et Guillaume Ier, qui devient Empereur d’Allemagne, annexent l'Alsace et de la Moselle qui resteront allemandes pendant 47 ans !

1875 : la République est définitivement établie en France. Adolphe Thiers en devient le Président.

La Constitution est rédigée et les premières chambres (Députés et Sénat) se réunissent pour la première fois en 1876.

les peintres

En 1876, se tient la deuxième exposition des peintres impressionnistes chez moulinGalette(dét)Durand-Ruel, rue Pelletier, où, déjà, on voit s’affronter les deux tendances de l’impressionnisme, 

l'absinthe-Degasd’un côté,« le plein air » avecMonet, Renoir, Sisley, jouant sur les reflets dans l’eau et la vie mobile mais aussi Pissarro et Cézanne, peintres de paysages plus rustiques, de l’autre, « la vie moderne » et « la figure humaine » avec Degas et Caillebotte.

Renoir y présente son premier chef d’œuvre « le bal du moulin de la Galette », Sisley, « l’inondation à Port-Marly », Pissarro, « la moisson », Degas, « la classe de danse » et « l’absinthe », Caillebotte, « les raboteurs de parquet ».port marly flood (Copier)

Les évènements dans le monde

Graham Bell dépose en 1876 son brevet du Téléphone et réalise la première communication téléphonique avec son assistant, Watson (qui est dans la pièce à côté !) : « M. Watson, come here, I want you ».

torcheStatueLibertéA Philadelphie, se tient la première exposition universelle des Etats-Unis où est présentée au public la torche (inachevée) de la Statue de la Liberté qui brûle peut-être déjà avec du pétrole …de sureté !

                               JACBA428px-Jules Chéret-Saxoléine (Copier)

 

 

Pierre-Auguste RENOIR  - le bal du Moulin de la Galette

Edgar DEGAS - l'absinthe

Alfred SISLEY - l'inindation à Port-Marly

 

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ASSEMBLEE GENERALE des A.E.R.

31 Mars 2012, 09:45am

Publié par le webmaster

Vendredi 13 Avril 2012 à 18H30

Assemblée générale des Amis de l’Ecole de Rouen

salle des fêtes Claude Lambert

rue aux Saulniers à Saint Pierre les Elbeuf


Cette année, le dîner-débat animé par François LESPINASSE sera consacré à la vie et à l’œuvre de Joseph DELATTRE décédé il y a cent ans et qui a tenu un rôle essentiel en participant notamment à la formation de nombreux artistes composant la deuxième génération des peintres qui nous sont chers.

Je vous encourage fortement à participer à ce moment privilégié qui allie le  plaisir culturel à celui d’un repas convivial. N’hésitez pas à encourager vos amis à nous rejoindre à cette occasion !

Veuillez croire, chers Amis Membres, en l’expression de mes sentiments cordiaux.

 

                                                     Jean-Claude DELAHAYE , Président de l'A.E.R.JCD120909--320x200-.jpg

 

 

Prix du repas : 25€

Merci de retourner sans attendre le coupon-réponse de votre participation

accompagné de votre règlement.

 

 

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        DINER DEBAT  Assemblée Générale des Amis de l'Ecole de Rouen 

COUPON REPONSE

 

           __________________________________________________ assistera     OUI  /  NON

                                                                                                                                                               entourez votre choix


          nombre de personnes (joindre votre règlement de 25 € /personne à l'ordre des A.E.R.

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interview de Diederik BAKHUYS par Pierre BUYCHAUT

26 Février 2012, 12:46pm

Publié par le webmaster

chroniqueur7Fin novembre 2011, Pierre BUYCHAUT a rencontré Diederik BAKHUYS, chargé du cabinet d'arts graphiques du Musée des beaux-arts de ROUEN. Il nous livre les propos qu'il a recueillis à cette occasion.

 

pour en savoir davantage, cliquer ici

 

note du Webmestre - la lecture de cet interview sera plus confortable si vous allez sur la barre des menus de votre navigateur et sélectionnez  "agrandir" ( zoom+)

 

 

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interview de Diederik BAKHUYS par Pierre BUYCHAUT

26 Février 2012, 09:00am

Publié par le webmaster

Diederik BakhuysNous avons rencontré pour vous, le vendredi 25 novembre 2011, dans son antre du Cabinet des dessins, Diederik BAKHUÿS, absorbé par de nombreux projets pour les années 2012-2013 : plusieurs expositions organisées pour octobre 2012, Nicolas Colombel pour novembre, une grande exposition de dessins français du XVIIIe pour 2013-2014, alors que se profile pour le printemps et l’été 2013 la prochaine édition de Normandie impressionniste.

Formé en histoire de l’art à l’Université de Paris-I, Diederik bakhuÿs est recruté en 1997 par Claude Pétry, alors directrice des musées de Rouen. Choisi en raison de sa spécialité « dessins », il est chargé du cabinet d’arts graphiques du musée. Rappelons que ce dernier abrite quelques 10.000 pièces et compte parmi les plus prestigieux de France.

Pierre BUYCHAUT : vous êtes arrivé juste un an après l’exposition L’École de Rouen, de l’impressionnisme à Marcel Duchamp...

Diederik Bakhuÿs : Oui, et c’est en feuilletant le catalogue que j’ai découvert l’École de Rouen dont, je dois l’avouer, je ne connaissais même pas l’existence avant d’arriver… Et puis après par les salles Depeaux, qui n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui. J’ai été surpris, intrigué, mais je n’ai pas approfondi la question avant des années. J’étais alors accoutumé à travailler sur le dessin ancien, moins attiré sans doute que je ne le suis aujourd’hui par l’art de cette période.Eg.StVincent-Frechon (Copier)

J’avais été frappé, pourtant, par un dessin de Charles Frechon représentant l’intérieur de l’Église St Vincent, une grande feuille offerte au musée en 2000 par Mlle Mouchelet.

PB : cette feuille était, d’ailleurs, de nouveau présente à sa rétrospective de 2008.

DB Oui, et ma vraie plongée dans l’École de Rouen date, en fait, de cette rétrospective Charles Frechon, qui a été une très belle expérience et l’occasion pour moi d’une vraie découverte. J’aime tout particulièrement les toiles des années 1890-1895, avec leurs jardins et leurs vergers saturés d’éclats de lumière, leur côté très dense, très « rempli ». Mais même la fin de sa carrière, qui a moins bonne réputation, réserve parfois de belles surprises avec des toiles empreintes d’une grande poésie. L’exposition m’a révélé par ailleurs un dessinateur vraiment extraordinaire, qui explore des domaines entièrement différents de ceux du peintre, ce que je trouve toujours particulièrement intéressant. Je peux vous avouer que je suis beaucoup plus sensible à un dessin en touches croisées de Charles Frechon qu’à une aquarelle de Paul Signac, par exemple. Charles Angrand aussi me semble bien supérieur à ce dernier comme dessinateur, notamment dans ses Maternités qui sont des merveilles.

PB : cette rétro fut le résultat de la collaboration de notre Association avec votre musée… 

DB : C’était le cas typique d’un sujet dont les amateurs s’étaient emparés avant que les musées ne s’y intéressent. Votre association a tout d’abord joué un rôle fort utile d’aiguillon. Elle a été une force d’impulsion. Elle nous a ensuite énormément aidés en nous donnant accès à des collections privées. Nous avons eu la chance aussi de bénéficier de l’immense savoir accumulé par François Lespinasse. Que saurions-nous du sujet, s’il n’avait pas collecté une masse d’informations dispersées, s’il n’avait pas retracé la succession des expositions anciennes, pisté les œuvres, visité les collections ? Presque rien… Vous ne vous en rendez pas compte, mais pouvoir accéder d’un coup à un milieu de collectionneurs passionnés et extrêmement bien informés sur le sujet est loin d’être courant lorsque l’on se lance dans un projet d’exposition. C’était d’autant plus nécessaire que beaucoup de Frechon majeurs sont encore conservés en mains privées.

PB : et pour Normandie Impressionniste 2010 ?

DB : La relation nouée à l’occasion de cette rétrospective a trouvé un prolongement formidable au moment de la grande exposition impressionniste de l’été 2010. L’une des missions d’un musée comme le nôtre est de faire alterner des expositions « grand public », avec des signatures prestigieuses, et d’autres moins faciles, voire tout à fait en dehors de « l’air du temps », comme Mère Geneviève Gallois (1888-1962). Le Génie et le voile en 2004, dont j’ai adoré m’occuper. La rétrospective Frechon était bien sûr moins risquée, mais Laurent Salomé et moi-même tenions à traiter le sujet de façon ambitieuse. L’artiste ne doit pas être vu uniquement comme un « peintre local » puisque son parcours rejoint à certains moments la grande histoire des avant-gardes. Il a pratiqué une forme de néo-impressionnisme très tôt, avant même d’inventer sa propre vision de l’impressionnisme. Le fait d’avoir été « néo » avant même d’être vraiment impressionniste est une particularité étonnante. Jamais la « grande » histoire de l’art n’avait effleuré ces questions… L’exposition Une Ville pour l’impressionnisme en 2010 a permis d’insister là-dessus, en rappelant plus généralement que les « mousquetaires » de l’École de Rouen ne proposaient pas une interprétation a posteriori des recherches de l’avant-garde parisienne, mais travaillaient précisément au même moment. Le parcours même de l’exposition, vous vous en souvenez, rendait sensible ce constat.

PB : Pierre Dumont ? 

DB : ah, je vous vois venir (rire) ! Oui, le musée a acquis l’été dernier une très étonnante gouache pointilliste de cet artiste : une grande feuille qui représente l’abbatiale Saint-Ouen, formée d’une multitude de petites taches appliquées à la pointe du pinceau. Par bonheur l’œuvre est signée ! P Dumont (Copier)

Car, par la minutie de la technique et la douceur des dégradés, elle diffère entièrement de ce que l’on connaît du peintre. Sans doute faut-il la placer très tôt, au début du XXe siècle, alors que le jeune artiste cherche sa voie en revenant sur les expériences du néo-impressionnisme. 

Abbatiale de St-Ouen - P. DUMONT -  mbar

Entre Angrand et Frechon, il y a eu une vraie tradition d’expérimentations graphiques dans le milieu rouennais. C’est intéressant et tout à fait inattendu de voir qu’elle s’est prolongée chez un artiste comme Dumont .                                                                      

PB : y a-t-il un peintre de l’Ecole de Rouen qui vous tienne plus particulièrement à cœur ?

DB : en fait deux, et même trois, avec Charles Frechon depuis sa rétrospective. Charles Angrand arrive en tête ! Il y a l’œuvre, restreint mais passionnant, et il y a le personnage, si sensible, si honnête, si attachant dans sa fragilité ! C’est un être intelligent, qui porte sur le travail de ses contemporains des jugements d’une finesse merveilleuse. Il faut absolument lire son extraordinaire correspondance publiée par François Lespinasse.

Et puis le Robert-Antoine Pinchon des débuts ! Celui d’avant 1914, comme on l’a vu dans l’exposition impressionniste de l’été 2010 ! Mais c’est un artiste dont l’image peut souffrir du principe de la rétrospective, qui embrasse l’ensemble d’une carrière. C’est ce qui rend problématique, sans doute, l’idée d’une grande exposition au musée. Il n’est pas simple d’expliquer au public que l’on préfère écarter les œuvres tardives. Je trouve moins palpitant en revanche, je dois l’avouer, l’œuvre d’Albert Lebourg, pourtant bien représenté au musée.

PB : d’où vient, d’après vous, que cette « École » manque de reconnaissance aujourd’hui ?

DB : vaste question… Il y a d’abord des raisons historiques. Les figures marquantes que l’on range sous cette bannière n’ont pas eu des parcours faciles. Ils ont eu des difficultés (c’est même un euphémisme) à s’imposer auprès des collectionneurs parisiens. Et le milieu rouennais a beaucoup tardé à leur faire une place, en dépit du soutien de François Depeaux ou de Georges Dubosc. Je pense d’ailleurs que l’histoire aurait été différente si Depeaux avait soutenu Angrand ou même le Frechon néo-impressionniste, plutôt que de favoriser Delattre ou Lebourg. Ce collectionneur n’a jamais vraiment adhéré à l’expérience pointilliste. Curieusement, le plus bel ensemble de Frechon conservé dans un musée n’est pas accroché dans nos salles Depeaux : il est à Louviers ! Et l’on arrive à ce résultat bizarre : Frechon, qui exposait chez Durand-Ruel à Paris à une époque où il ne vendait rien à Rouen, est aujourd’hui presque inconnu en dehors de la région… alors qu’il nous manque au musée un ou deux tableaux vraiment marquants pour lui rendre tout à fait justice. Une rétrospective permet de faire avancer les choses, mais pas autant que l’on aimerait : il y a une telle pléthore d’évènements à Paris que l’on peine à convaincre le public parisien, les critiques, le milieu des collègues de la capitale, à venir voir une exposition consacrée à un personnage dont ils ignorent tout.

Il y a selon moi une autre difficulté dont je parlerai très franchement. La dénomination « École de Rouen » est sans doute commode mais elle pose aussi des problèmes… En voulant rattacher plusieurs générations de paysagistes rouennais au train de l’impressionnisme, on en a desservi certains. Il me semble qu’une association comme la vôtre doit débattre de la question.

PB : expliquez-vous…

DB : eh bien, l’École de Rouen correspond-elle à un mouvement, à un milieu homogène ? Personne ne peut le prétendre. Angrand a été un acteur central du mouvement néo-impressionniste. Ce n’est pas un peintre local, même s’il a vécu et travaillé à Rouen.

N’est-il pas abusif, par ailleurs, de ranger sous la même bannière des artistes de la génération de Lemaître ou de Frechon – ces « mousquetaires » qui, à certains moments, ont été « synchrones » avec ce qui se faisait à Paris – et des épigones de la 2e ou 3e génération ? C’est pour l’histoire de l’art un milieu bien trop disparate !

On trouve d’ailleurs parmi ses représentants tardifs de cette curieuse « École » des figures sensibles et attachantes. Elles ont tenu une place sur la scène locale et cela mérite tout notre respect. Mais elles étaient déconnectées des avant-gardes de leur époque, ou bien y réagissaient d’une façon superficielle. Cela fausse le regard porté sur les créateurs les plus marquants, qui souffrent fatalement d’être mis dans le même sac que des artistes de troisième ordre. On peut parfaitement éprouver de la sympathie pour des peintres qui suivent leur voie sans se préoccuper d’être à la pointe de l’avant-garde. Cela m’arrive tous les jours. Mais rend-on vraiment service à Narcisse Guilbert ou à Narcisse Hénocque, par exemple (2e génération NLR), en les présentant comme les héritiers des « mousquetaires » ?

Ceci étant dit, j’admets volontiers que ce concept, tout bancal qu’il soit selon moi, a permis de créer un intérêt autour du milieu rouennais et c’était plus que nécessaire. Il a servi de fil conducteur aux travaux de François Lespinasse et ce qu’on doit à ses recherches est proprement sidérant. J’en parlais à propos de Frechon, mais cela vaut pour bien d’autres. Sans lui, combien de peintres qui sont aujourd’hui parfaitement documentés seraient tout simplement des inconnus… Et tant mieux également si des artistes ignorés en dehors de la région parviennent aujourd’hui, grâce notamment aux efforts de votre association, à toucher parfois un public plus lointain.

PB : et Normandie impressionniste 2013 ?

DB : comme vous le savez, l’exposition de Rouen portera sur la question des reflets dans l’eau, qui est consubstantielle de l’histoire de l’impressionnisme. Nous ne traiterons pas de la question du reflet dans le miroir, qui est un magnifique sujet en soi, mais qui obéit à d’autres problématiques. Nous remonterons aux sources de la question en revenant sur l’œuvre de précurseurs comme Turner, Corot ou Daubigny. Les Nymphéas de Monet occuperont dans l’exposition une place comparable à celle que tenaient les Cathédrales en 2010.

Le propos ne sera pas topographique, mais Sylvain Amic (successeur de Laurent Salomé à la tête des musées de Rouen depuis octobre 2011 - NDLR) insiste à juste titre pour que le motif de la Seine soit fortement présent. Vous savez la place extraordinaire que le fleuve a tenue dans la peinture impressionniste.

PB : y verra-t-on des représentants de l’Ecole de Rouen ?

DB : Il y a sans doute moins de raisons objectives qu’en 2010 d’inclure un très grand nombre d’œuvres de l’École de Rouen : la ville était alors au cœur du sujet. Mais elles seront assurément présentes. Nous sommes vraiment persuadés de la nécessité de rappeler sans cesse l’existence d’un milieu impressionniste proprement rouennais. Ceci étant dit, je suis aujourd’hui accaparé par d’autres projets et c’est Sylvain Amic, qui connaît la peinture de cette période sur le bout des doigts, qui a repris le sujet. Je reviendrai en renfort plus tard.

PB : quels sont vos projets personnels ?

DB : Je travaille en ce moment sur Nicolas Colombel, né à Sotteville-les-Rouen autour de 1644 et mort à Paris en 1717. On connaît de lui environ 75 tableaux. Nous espérons en réunir la moitié. christ et femme adult -colombel (Copier)

Nous travaillons également sur une formule passionnante intitulée Le Temps des collections. Il s’agit de proposer, un peu comme nous l’avons fait pour Gérard David en présentant la restauration de la Vierge entre les Vierges, un éclairage ponctuel sur une peinture ou un artiste. En juxtaposant chaque année une dizaine d’évènements de ce type dans les trois musées entre octobre et mai, nous renouvellerons en fait toute la perception des collections permanentes.

Un Bulletin des musées de Rouen permettra de publier les résultats des recherches faites à cette occasion.

       le Christ et la femme adultère - Nicolas  COLOMBEL - Musée des Beaux-arts de Rouen                  

                          

propos recueillis par Pierre BUYCHAUT

 

 

 

 

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une oeuvre une histoire par Brice AURPEUTHY et JACBA (4) - annonce

11 Février 2012, 20:38pm

Publié par le webmaster

chroniqueur7.gifce mois-ci, Brice AURPEUTHY et BACBA vous présentent une oeuvre de Joseph DELATTRE (1858-1912) réalisée par l'artiste autour de 1894.

pour la découvrir, cliquer ici

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une oeuvre une histoire par Brice AURPEUTHY et JACBA (4)

11 Février 2012, 19:47pm

Publié par le webmaster

pour agrandir, cliquer sur l'image  

Auvers-J.DELATTRE (Copier)

QUI : Joseph DELATTRE (1858-1912)

QUAND : Automne 1894

QU’ EST-CE : Auvers-sur-Oise (huile sur toile, coll. part.)

 

COMMENT : Joseph Delattre vient de rencontrer un amateur, Jérôme Doucet, qui devient son mécène en lui allouant une ‘rente’ de 3 francs par jour contre une partie de sa production. Doucet est le gérant de L’Hôtel du Dauphin et d’Espagne, sur les quais de Rouen, dont le propriétaire n’est autre que le célèbre mais facétieux collectionneur des premiers jours des Impressionnistes, Eugène Murer. Ce dernier expose de nombreuses toiles de sa collection (notamment Renoir) dans la salle de restaurant de l’hôtel !

C’est ainsi que Delattre fait un séjour à Auvers-sur-Oise, chez Murer, dans la demeure bourgeoise qu’il a fait construire en 1881, et que son voisin, le fameux Docteur Gachet (Cf. l’excellent article de Jacba) surnomme sarcastiquement : Le Castel du Four, en rapport avec la fortune provenant de la Pâtisserie que Murer exploitait à Paris. Sur place, il en profite pour rendre visite au Dr. Gachet et découvre, accrochés non loin d’une belle collection de Pissarro, des Van Gogh qui le laissent pantois…

Mais laissons raconter Joseph Delattre (lettre à Angrand datée du 14 décembre 1894) : « …Je viens de passer trois semaines à Auvers-sur-Oise et me suis là consciencieusement occupé. Je suis descendu chez un ami rencontré ici à Rouen et qui s’intéresse beaucoup à moi. Murer est un des premiers amateurs qui ont osé acheter, à l’époque difficile, des Pissarro, Sisley, Renoir, Monet, Cézanne, etc…

Quand tu viendras à Rouen, je te montrerai les toiles que possède ce brave et bon ami […]

A Auvers, j’ai rencontré le Docteur Gachet qui, je crois, est des vôtres aux Indépendants et que tu dois connaître. Chez lui, j’ai vu quantité de Van Gogh véritablement intéressants : plusieurs paysages et deux enfants en plein air m’ont surtout enthousiasmé, par le défini de l’expression. Oh ! Évidemment, pas le modelé – très vitrail, très cloisonné – mais modelé à sa façon tout de même. »

 La construction de notre toile est classique et très structurée, avec la masse colorée du feuillage de l’arbre à gauche qui encadre en partie la composition et procure un ‘effet repoussoir’, amenant toute la profondeur. Le personnage, quant à lui, donne l’échelle. Alternance de plans vert-prairie et ocres dans la première partie de la composition qui se ferme par celui coloré des habitations.

La touche est fine et totalement divisée, dans un style très Pissarro, et un motif que le Patriarche ne renierait pas !

Auvers-Pissarro-1 (Copier)

 

Brice AURPEUTHY

 

 

 

 

Camille PISSARRO - Auvers sur Oise - METRO NY  

                                                                        

                                                                        A propos du "bon Docteur GACHET"...

 

  

Fils de filateur lillois, Paul Ferdinand GACHET (1828-1909) entreprend des études de médecine à Paris, qu’il achève à Montpellier par une thèse « étude sur la mélancolie » en 1858. Il revient l’année suivante à Paris. Spécialisé  en « maladies nerveuses »,  il donne des cours d’anatomie artistique à l’école de dessin de son quartier et s’installe en 1872 à Auvers-sur-Oise où DAUBIGNY séjourne déjà et rencontre la famille PISSARRO qui réside à Pontoise. gachetphoto

Camille PISSARRO, dont il soigne les enfants, le met en contact avec GUILLAUMIN et CEZANNE (qui passe toute l’année 1873 à Auvers), lui permettant de pénétrer le cercle impressionniste et d’approcher de nombreux artistes, MANET, MONET, RENOIR...

Agité excentrique, compensant ainsi des qualités artistiques médiocres de dessinateur, collectionneur compulsif de choses de peu d’intérêt, il sera à peine remarqué malgré ses efforts.

Au début de l’année 1890, Théo VAN GOGH demande au docteur GACHET de s’occuper de son frère Vincent afin que celui-ci puisse sortir de l’asile psychiatrique de Saint-Rémy-de Provence.

C’est pendant le mois et demi qu’il passa auprès du « bon docteur », de son fils Paul et de sa fille Marguerite que Vincent VAN GOGH peignit son portrait le 2 ou 3 juin 1890. Il le représente accoudé à une table vermillon, coiffé de sa casquette avec « l’expression navrée de son temps ».

Le Docteur GACHET ne reverra Vincent que lorsqu’il fut appelé à son chevet fin juillet après sa tentative de suicide d’une balle dans le cœur mais ne fit rien pour le sauver.

Le tableau du portrait du docteur GACHET appartenait à Théo VAN GOGH. Passé de mains en mains entre 1890 et 1990, il a été acquis pour 82,5 millions de Dollars par un collectionneur japonais lors d’une vente chez Christie’s New York le 15 mai 1990.

Il existe une réplique (superbe) de ce chef d’œuvre conservée au Musée d’Orsay.

Selon le fils du docteur GACHET qui l’avait offerte au Louvre en 1949, elle aurait été réalisée début juin 1890, mais l’identité de son auteur demeure un mystère…

Nous montrons ci-dessous les deux œuvres… côte à côte.      

 

JACBA

 

   huile sur toile - 64,5x55,8                                                                                        huile sur toile - 68x57

   collection privée japon                                                                                             musée d'Orsay - Paris

gachet japon (Copier)gachetorsay (Copier)

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bonne année à tous

19 Janvier 2012, 11:17am

Publié par le webmaster

    

vdk22dun

 

 

JCD120909--320x200-.jpg

 

 

Ch er(e)  Ami(e) Membre             

 

Permettez moi de vous présenter mes tous meilleurs vœux de santé, de prospérité et de découvertes artistiques pour cette année 2012 qui commence.

Depuis sa création en  2008 notre site Internet a vu le nombre de ses rubriques s’enrichir et je ne saurai trop vous  encourager  à lui rendre régulièrement visite afin de suivre au mieux  l’évolution de nos projets.

L’année 2011 a surtout été marquée par la très belle exposition consacrée aux peintres de l’Ecole de Rouen de Janvier à Avril au musée Grognard à Rueil Malmaison. Près de 15 000 visiteurs ont ainsi découvert ou redécouvert le talent de nos Artistes.

Nous participerons en Juin 2012 à la tenue d’une exposition rendant hommage à Michel FRECHON au musée de Bernay.

Nous essayons également de trouver un endroit qui permette de commémorer le centième anniversaire du décès de Joseph DELATTRE et n’hésitez pas à signaler à l’Association tout lieu disponible susceptible de convenir.

Nous travaillons également activement à la préparation de « Normandie Impressionniste 2013 » et sommes déjà présents sur quatre projets.

Nous ne manquerons pas de vous tenir prochainement informé de leur état d’avancement..

                       

D’autre part, le moment est arrivé de renouveler votre cotisation pour l’année 2012. Vous savez combien cette contribution est indispensable au bon fonctionnement de l’Association .Le montant de la cotisation est toujours de 20 Euros. Je vous remercie par avance pour votre prochain règlement à établir à l’ordre de l’AER (ou Amis de l’Ecole de Rouen).


Vous renouvelant mes vœux pour cette nouvelle année, je vous prie de croire, Cher(e) Ami(e) Membre, en l’expression de mes sentiments cordiaux.

 

Jean-Claude DELAHAYE, Président

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Interview de J.C. DELAHAYE, Pdt des Amis de l'Ecole de Rouen

16 Décembre 2011, 15:30pm

Publié par le webmaster

Pierre BUYCHAJCD120909--320x200-.jpgUT : comment vous est venu ce goût pour la Peinture ? 

Jean-Claude DELAHAYE : en fait, je suis issu d’un milieu familial où cet art était pratiquement absent. Mais je me souviens très bien que jeune adolescent, j’appréciais énormément feuilleter mes livres scolaires d’histoire et éprouvais déjà une réelle émotion en m’arrêtant sur les belles reproductions de tableaux et gravures au fil des pages.

PB : on raconte que vous vous êtes lié d’amitié avec Albert MALET qui a été élève de Robert-Antoine PINCHON

JCD : oui, oui, beaucoup plus tard, alors que jeune ingénieur, je commençais à disposer d’un petit budget pour acquérir des toiles. C’est en 1978, au cours d’une visite d’exposition que j’ai rencontré Albert MALET (1912-1986 - NDLR). C’est lui qui m’a confirmé dans cette passion en me donnant les premières clés de lecture d’un tableau impressionniste. Et puis, un jour, au cours d’une conversation sur la Peinture, il m’a dit, je m’en souviens comme si c’était hier : « vous vous intéressez aux peintres actuels. C’est bien ! Allez également voir nos aînés, les Peintres de l’Ecole de Rouen ! Vous y prendrez un grand plaisir ! » Voila comment cela a débuté.

PB : et votre première acquisition ?

JCD : ah ! une gouache de BRADBERRY, Le Port de Rouen. C’était en salle des ventes. Peu après, grâce toujours à Albert MALET, j’ai découvert PINCHON. Quel talent !

PB : vous en êtes le Président Fondateur ; parlez-nous de l’AER (Association des Amis de l’Ecole de Rouen).

JCD : Une fois libéré de ma carrière professionnelle, j’ai cherché à rassembler les amoureux de cette peinture. Je suis donc allé voir l’ARA (les Amis Rouennais des Arts -  NDLR), dont le Président m’a conseillé de fonder une association spécifique à ce projet. Voila comment l’AER est née en septembre 2004. Notre première expo, avec l’aide précieuse de François LESPINASSE, en juin 2005, a été consacrée à Marcel NIQUET(1889-1968), peintre de Poses. Puis ce fut le Conseil Général de Rouen avec une exposition mémorable regroupant l’ensemble des peintres de l’Ecole de Rouen, à l’automne 2005. Nous en sommes à ce jour à une bonne dizaine d’expositions pour lesquelles nous avons été promoteurs ou participants actifs.

Nous comptons aujourd’hui un peu plus de 200 membres qui, pour une partie d’entre eux, sont notre vivier pour disposer des toiles nécessaires à une manifestation.

PB : quels projets pour l’AER ?

JCD : 2012 : Michel FRECHON Au Musée de Bernay, durant l’été ; cette rétrospective fera suite à celle, merveilleuse, de son père, de 2008 au Musée des Beaux Arts de Rouen.

Puis 2013, les discussions en cours portent sur les projets suivants : LEBOURG au Grand Quevilly ; Les Activités sur l’eau (régates comprises) à Elbeuf ; La Pluie au Musée de Bernay ; Une Collection privée dans les locaux de la Matmut à St Pierre de Varengeville; et  nous échangeons régulièrement avec le musée des Beaux Arts de Rouen sur une sélection d’œuvres  des peintres qui nous sont chers, dans le Cadre de leur expo « Reflets ».

Il faut ajouter que nous souhaitons  rendre hommage à Joseph DELATTRE, dont 2012 est le centenaire de son décès. Mais, jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé de lieu de rétrospective à sa mesure, malgré de nombreux contacts. Mais nous ne désespérons pas !

PB : êtes-vous sensible à un peintre de l’Ecole de Rouen plus particulièrement ?

JCD : Non !!! Je trouve cela trop réducteur ! Je suis passionné par l’Impressionnisme tout comme par le Néo-Impressionnisme !

Cela dit, j’ai un grand respect pour Charles ANGRAND et Charles FRECHON qui, s’il avait voulu suivre les conseils de DURAND-RUEL, serait parmi les plus grands impressionnistes de renommée internationale. J’éprouve également une sensibilité particulière pour Narcisse HÉNOCQUE.Henocque-Rouen-1930 (Copier)

PB : comment voyez-vous l’avenir de l’AER ?

JCD : l’AER doit continuer à participer à des expositions, à rechercher et créer elle-même de la documentation.

Et puis un projet de longue haleine me tient à cœur : monter un fonds de collection, dans la mesure de nos moyens qui ne viennent que des cotisations et du mécénat. Je pense que c’est le seul moyen pour que cette association devienne pérenne ! Ainsi l’AER deviendrait un partenaire privilégié pour qui voudrait monter des manifestations.

Par ailleurs, sans renier tous ces peintres reconnus de l’Ecole de Rouen, nous devons également nous pencher sur nos artistes contemporains. Citons par exemple l’excellent aquarelliste Daniel GUILBERT, ou le talentueux Jean-Pierre DUBORD. Mais, bien sûr, la liste ne s’arrête pas  à ces deux noms et si vous le voulez bien, je suggère que nous consacrions une prochaine rubrique à en discuter.

 

propos recueillis par Pierre BUYCHAUT

Narcisse HENOCQUE "ROUEN,depuis le Cours La Reine"  - vers 1930

tableau appartenant à l'Association des amis de l'Ecole de Rouen

 

 

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une oeuvre une histoire par Brice Aurpeuthy et JACBA (3) - annonce

13 Septembre 2011, 07:06am

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chroniqueur7ce mois-ci, Brice et JACBA nous pésentent une oeuvre de chales FRECHON réalisée par l'artiste aurour de 1902.

pour découvrir l'article, cliquer ICI

le webmestre

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Une oeuvre une histoire par Brice AURPEUTHY et JACBA (3)

12 Septembre 2011, 19:26pm

Publié par le webmaster

 

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coinforêt-Ch.Frechon-EP200811 (Copier) (2) 

 

QUI : Charles FRECHON (1856-1929)

 QUAND : autour de 1902

QU’ EST-CE : Sous bois, automne (huile sur toile, Musée de Louviers, legs Roussel 1904)

 

COMMENT : Après la toile de L.J. Lemaître, encore une œuvre sortie de la collection de Constant Roussel, que ce dernier légua au Musée de Louviers en 1904. A croire que notre mécène eut un meilleur œil que son compère rouennais, François Depeaux, pour les peintres de la 1ère génération de l’Ecole de Rouen, hors Lebourg et Delattre, dont Depeaux collectionna la quintessence.

Charles Frechon fut surnommé le peintre des quatre saisons. Et, à notre connaissance, il est le seul  paysagiste à se passionner pour les sous bois d’automne. Déjà à son époque, Charles Frechon rencontre, avec ce thème, un réel succès !

Allez, nous allons tenter de découvrir les secrets de la réussite tant esthétique que ‘commerciale’ (lecture facile par le grand public) de ses automnes :

1- Charles Frechon allie perspective monocentrique (1 seul point de fuite) avec la perspective atmosphérique (plus c’est loin, plus c’est bleu, voire violet avec notre peintre), et plus on monte dans la toile, plus les couleurs sont dégradées (du brun en bas, au tons clairs en haut) ; 

2- deux diagonales partent de chaque bord de la toile, formant alors un triangle, base solide, stable, sur laquelle les verticales viennent prendre racine ;

3- les troncs forment des verticales qui élèvent la composition, la rendant légère, lui ajoutant même parfois un soupçon de connotation mystique ;

4- Frechon joue avec des touches divisées, rendant son œuvre légère et vibrante ;

5- au sol, il applique un rouge carmin (ravivé par quelques touches vert bouteille, sa complémentaire), du jaune solaire, des bruns dégradés et des orangés, c'est-à-dire des tons chauds, puis les buissons aux verts éclairés par de parcimonieuses touches rouges rompues et un bleu céleste pour le ciel, très froid quant à lui ;

6- sur les troncs violets, il accroche des touches virgulées (donc légères, aériennes) brunes et orangées (donc chaudes qui contrastent avec le bleu froid du ciel) ; ce point se révèle être une clé principale du secret de la réussite ;

7- enfin, recadrant son oeuvre de façon à étêter le faîte de ses arbres, il livre une toile totalement dans le courant impressionniste.

Et puis, allez, je vous livre un tout dernier secret : il y a (presque) toujours, dans les sous bois de Charles Frechon, un accident de la nature, bien visible. Regardez le faîte du tronc bien tordu sur la droite, de l’arbre au milieu de la toile, en plein centre de la perspective. Non, n’y voyez pas une réminiscence du langage romantique ; peut-être le peintre insinue-t-il que la nature tolère le moins beau, le tout dans une ambiance harmonieuse ? Ou bien, est-ce, tout simplement, histoire de casser la monotonie des verticales parfaites ? Qui sait ?

 

   Brice Aurpeuthy

 

L’environnement du peintre : 1902

 

L’année 1902 n’a pas marqué les esprits, si on en juge par le dessin paru dans Le Pèlerin avec la légende suivante :220px-Lemot-1902 se méfie

- Allons, à ton tour, ma petite, vas-y !

- non, Papa, si on devient aussi vilaine en un an, j’aime mieux pas entrer !

Dans le monde

8 mai 1902 – Eruption de la Montagne Pelée en Martinique. Un nuage de gaz, de cendres brûlantes et de lave déferle sur la ville de St-Pierre faisant 29 000 morts.

En France

Jean-Jaurès0124 mars 1902 – fondation du Parti Socialiste Français par les socialistes réformistes emmenés par Jean JAURÈS qui fonde le journal l’Humanité deux ans plus tard.

27 juin 1902 – le radical Emile COMBES est Président du conseil – la durée journalière de travail est ramenée à 10h30 pour les hommes (12h en 1848).

29 septembre 1902 – mort à 62 ans d’Emile ZOLA, chef de file du Naturalisme en littérature qui fut aussi l’ami de Paul CEZANNE et d’Édouard MANET.220px-ZOLA 1902B

 

    Jean JAURES

Dans une vaste fresque en 20 volumes, les Rougon-Macquart,  Zola, en peignant l’histoire d’une  famille sous le second Empire, « voulait montrer le jeu de la race modifiée par son milieu ».

Dans les Arts                                                                                                    Emile ZOLA

 bécassineLa bande dessinée fait ses premières apparitions dans les magazines, qui acquerra bientôt ses lettres de noblesse avec Bécassine, le Sapeur Camember, les Pieds Nickelés, Pim Pam-Poum, etc…                                                                                                                                                                             

Georges MELIES tourne ses premiers courts métrages de quelques minutes, dont « le voyage dans la lune », mettant fin au règne de la Lanterne Magique. Il créera un peu plus tard sa société de production baptisée « star film », tout un programme !Le Voyage dans la lune

Paul GAUGUIN signe ses dernières toiles en Polynésie, Il décèdera l’année suivante à 55 ans dans les Iles Marquises.

Paul Gauguin-Le Sorcier d'Hiva-Oa détail (Copier)

P. GAUGUIN 

le sorcier d'Hiva-Oa - détail

 

 

 

 

 

 

Claude MONET, installé à GIVERNY depuis 1883, signe en 1902 une de ses plus belles toiles de paysage.

Claude Monet allée à Giverny (Copier)

C. MONET - une allée à Giverny



 

       

 

 

 

 

 

JACBA

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