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Les Amis de l'Ecole de Rouen

Articles avec #la rubrique de brice aurpeuthy

UNE OEUVRE, UNE HISTOIRE ... par B.Aurpeuthy & Jacba

30 Juillet 2017, 11:02am

Publié par le webmaster

QUI : Charles FRECHON (1856-1929)

 

QUAND : autour de 1889 - 1892

 

QU’ EST-CE : Intérieur

de l'Abbatiale Saint-Ouen de Rouen (fusain, coll part)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMENT :

  Charles FRECHON nous livre ici un dessin académique décrivant son immense talent, preuve de la foison de récompenses dans ce domaine qu'il accrocha lors de son apprentissage à l'Ecole des Beaux Arts.

 On y discerne l'étude des Maîtres hollandais du 16ème et 17ème siècles spécialistes des architectures religieuses, Emmanuel de Witte (1617-1692), Pieter Jansz Saenredam (1597-1665), ou Hendrick Cornelisz van der Vliet (1611-1675) dont le Musée des Beaux-Arts de Rouen conserve une vue de l’Église Saint-Bavon de Haarlem.

 

  Son dessin cache un jeu complexe de lignes de perspective construisant la hauteur, la profondeur, les lignes du pavement au sol ajoutant à la complexité mais ordonnant la lecture, sans omettre celles creusant les chapelles latérales en retrait du chœur.

 

De plus, Charles FRECHON a placé son point de fuite bas, largement hors du cadre de sa page, exagérant alors la hauteur de l’édifice et la majesté de l’ensemble des colonnes et ce, dans un format de page de type ''portrait'' ajoutant à l'emphase de son dessin.

 

Nous sont parvenues quelques feuilles de grande qualité telle celle-ci, une grande partie de son œuvre graphique du début de sa carrière ayant été détruite lors du bombardement allemand de juin 1940 de sa ville natale de Blangy-sur-Bresle.

                                                                          Brice Aurpeuthy

NDLR - Les premiers travaux de construction de l'Abbatiale Saint-Ouen de Rouen  remontent au début du XIVème siècle. La nef est achevée en 1537. Elle abritait une communauté  bénédictine des plus puissantes de Normandie.  La façade occidentale élaborée au XIXème en style néogothique  inspiré de celui de  la Cathédrale de Cologne, est terminée en 1882. En 1803, l'Hôtel de Ville actuel est édifié dans le dortoir des moines  tandis que le logis abbatial qui prolongeait  la partie nord de la cathédrale est dévasté par un gigantesque incendie en 1916.

 

ET SON ENVIRONNEMENT

 

  Charles FRECHON, l'un des "Mousquetaires" de l'École de Rouen, a joué un rôle de tout premier plan dans l'affirmation de cette nouvelle manière de peindre qui, dans le sillage des grands maîtres impressionnistes, trouve dans la capitale Normande à la fin du XIXème siècle, l'un de ses territoires privilégiés. D'abord révolutionnaire, l'artiste deviendra peu à peu l'un des gardiens d'une noble tradition, celle de la peinture de plein air et de la recherche des sensations fugitives de la Nature.

   C'est par l'entremise de Charles ANGRAND - lié à SEURAT, SIGNAC  et PISSARRO - qu'il découvre la méthode "pointilliste" dans le courant de l'année 1887.

    Il expose sa première toile "divisionniste" chez Legrip pendant l'été 1888 avec des œuvres d'ANGRAND et de DELATTRE. Les tableaux qu'il présente à l'occasion du concours organisé au MBA par la Société des Amis des Arts en octobre 1889, lui valent les sarcasmes du public…et le soutien de Georges DUBOSC et Eugène BRIEUX, figures importantes de la presse locale.

   Les thèmes auxquels FRECHON applique le "langage pointilliste" à la différence de ceux que traitent à la même époque SEURAT, SIGNAC ou ANGRAND. Ces thèmes sont d'ailleurs d'une grande variété. Le peintre revient en particulier sur certains motifs de ses débuts - sous-bois, scènes de moissons, effets de neige - et s'attaque également à des sujets nouveaux, scènes d'intérieur aux subtiles pénombres, panoramas urbains et, au fusain, vues d'intérieurs d'églises

rouennaises comme celle qui fait l'objet de cet article de Brice Aurpeuthy(1).

 

Ch. frechon - sous-bois - HST 46x65 SBG

Donation CONSTANT - exp. Musée de Louviers

JACBA

         

1 - ndlr -  Voir l'ouvrage publié à l'occasion de l'exposition Charles FRECHON - 13 juin - 21 septembre 2008 -  au Musée des Beaux-Arts de Rouen

 

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UNE OEUVRE, UNE HISTOIRE...

20 Janvier 2017, 17:07pm

Publié par le webmaster

Robert-Antoine PINCHON - "le logis de CARADAS"- aquarelle gouachée - coll. particulière

Robert-Antoine PINCHON - "le logis de CARADAS"- aquarelle gouachée - coll. particulière

QUI :  Robert-Antoine PINCHON (1886-1943)

QUAND : entre 1935 et 1940

 

QU’ EST-CE : Le logis de Caradas

(aquarelle gouachée, coll. part.)

 COMMENT

Durant la seconde partie de sa carrière, donc après 1920 au retour de la Grande Guerre qu’il termina prisonnier en Allemagne, Robert Antoine Pinchon est sollicité comme illustrateur par Henri Defontaine, prolifique éditeur à Rouen.

Il participe notamment aux ouvrages de Guy de Maupassant ''Les Contes Normands'' réédité en 1925, de Lucie Delarue-Mardrus “Rouen” (1935), de Pierre Chirol “Cathédrales et Eglises Normandes” (1936), de Jean De La Varende  “Les Châteaux en Normandie” (1937)...

Avec une économie de moyens afin d’optimiser la reproduction de ses dessins, il produit donc des aquarelles et des lavis des monuments remarquables normands.

Ainsi, sensibilisé à l’architecture médiévale de la capitale normande, il s’adonne par la suite à dépeindre ses bâtiments caractéristiques comme les nombreuses maisons à colombages dont Rouen s’enorgueillit de posséder.

Des huiles, des aquarelles, mais pas à notre connaissance de crayons de couleurs qu'il utilisa au cours de sa convalescence à St Céré (Lot) après qu'il fut blessé mi-octobre 1914, ou lors de sa captivité en Allemagne en 1916. Ce point est intéressant car, autant ses premiers dessins sont ensoleillés malgré leur contexte brutal et tragique, autant ses huiles très délayées ou ses aquarelles portraiturant Rouen, nous paraissent un peu tristes aujourd’hui, surtout lorsque l'on compare avec son œuvre fauve d'avant 1914.

Mais il faut se rappeler que, d’une part les bâtiments devaient être moins mis en valeur à l'époque et, d’autre part, que son apprentissage aux dessins d’édition nécessite une économie chromatique pertinente, technique qu'il poursuit également dans ses compositions destinées à sa clientèle.

De plus, à l'instar de son aîné, Léon-Jules Lemaître (1850-1905) le chantre des ruelles du vieux Rouen nacrées d'atmosphères pluvieuses, Pinchon nous livre ici une fin d'après-midi typique bien grise que des rehauts de gouache blanche éclairent avec talent.

 

                                                                          Brice Aurpeuthy

 

…ET SON ENVIRONNEMENT

QUAND LE DESTIN PERMET DE RETROUVER UN PRÉCIEUX TÉMOIGNAGE D'UN PASSÉ CHARGÉ D'HISTOIRE ET DÉVASTÉ PAR LA GUERRE !

Cette fort jolie aquarelle est exécutée par Robert-Antoine PINCHON dans la période précèdant la déclaration de la deuxième guerre mondiale; elle fait partie d'une exposition de l'Artiste qui s'est tenue du 16 mai au 15 juin 1941 dans les locaux de l'Hôtel de la Couronne à Rouen, dont le propriétaire, Pierre DORIN est un ami du peintre.

Cette exposition comprenait 35 numéros de toiles ainsi que des dessins, gouaches et aquarelles.

   En 1942, PINCHON , âgé de 56 ans, va exposer une dernière fois dans les locaux du magasin Printania  et tombe gravement malade. Malgré des soins attentifs, Il s'éteint le 3 janvier 1943.

En mai 1944 , Rouen subit d'intenses bombardements et une partie de l'hôtel de la Couronne est détruite; par miracle, l'aquarelle évoquée ici est retrouvée dans les décombres.

Au dos de l'œuvre figure un intéressant témoignage écrit qui précise :

"retrouvé en mai 1944, dans les ruines de l'hôtel de la Couronne,

et offert par M.Pierre DORIN à Mlle…"

UNE OEUVRE, UNE HISTOIRE...

Le logis, dit "des CARABAS" est un bâtiment édifié à Rouen dans la seconde moitié du XVème siècle à l'angle des rues de la Savonnerie de la Tuile par Carabas de Quesne,  issu d'une famille de négociants Espagnols installée dans la ville. Avec la partie sud figurée ci-dessus donnant sur la rue de la Tuile (achevée au début XVIème), l'ensemble en colombage s'élevait sur trois étages et deux en combles possédant un quadruple encorbellement surmonté de corniches en mâchicoulis et  assorti  de deux oriols octogonaux.

L'ouvrage, classé monument historique en 1926, qui constituait, selon les Historiens Normands, la "perle des maisons en bois de la Cité" , fut victime de l'effroyable incendie du 9 juin 1940  Il ne subsiste,hélas !, aucun vestige.

                          JACBA

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une Oeuvre, une Histoire par Brice Aurpeuthy et JACBA

15 Janvier 2016, 15:32pm

Publié par le webmaster

Narcisse GUILBERT - le Pré aux Loups - huile sur toile - 1930/1935 - 65x81 ( coll. partic.)

Narcisse GUILBERT - le Pré aux Loups - huile sur toile - 1930/1935 - 65x81 ( coll. partic.)

QUI : Narcisse GUILBERT (1878-1942)

QUAND : 1930/1935

QU’ EST-CE : Le Pré aux Loups sous la neige (huile sur toile, coll. part.)

COMMENT :

Narcisse Guilbert est originaire de Bouville*, village situé sur la route de Rouen qui mène à Yvetôt.

Dès l'ouverture de l'Académie Libre de Peinture, en 1896, il s'inscrit aux leçons prodiguées par Joseph Delattre (1858-1912), en compagnie de Couchaux, Louvrier, etc... tout un aréopage d'artistes qui formeront la deuxième génération des Peintres de l'Ecole de Rouen.

Fidèle aux principes impressionnistes, Narcisse Guilbert nous livre ici une composition solide, avec la puissante transversale des quais qui accompagne l’œil jusqu'aux usines à gaz et donne la perspective au tableau. Les 2 ducs-d'Albe plantés dans la Seine, au 1er plan, quant à eux, construisent la profondeur, tels 2 effets repoussoir au ton sombre.

La palette est restreinte, même si la neige se couvre de nombreux reflets. C'est le ciel, chargé de neige, qui assoit la réussite de cette œuvre : teintes diaprées orangées qui se mirent dans le flot de quelques touches larges et puissantes.

Brice AURPEUTHY

* L'AER avait monté une rétrospective en la mairie, en mai 2006

LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE DANS LES ANNÉES 1930-1935

Le krach financier de 1929, consécutif à une bulle spéculative, est une crise boursière qui se déroula à la Bourse de New York entre le jeudi 24 octobre et le mardi 29 octobre 1929. Cet événement marque le début de la plus grande crise économique du XXe siècle.

Le chômage explose en France en 1931 et 1932, passant en moins de deux ans dans le secteur industriel de 2 % à plus de 15 %.

La perspective des élections générales de 1932 congèle la vie politique en France et le budget de 1932 est largement déficitaire, ce qui n’est pas admissible pour l’opinion publique de l’époque Le 19 avril 1933, le dollar se détache à son tour de l’or. Le cours du dollar en francs tombe de 25.50 à cette date à 18.25 en juillet.

La France se trouve dans une situation de plus en plus intenable

Gaston Doumergue, chargé en 1934 de remettre de l’ordre dans la république en danger à un moment où la rue commence à bouger. Il engage le pays dans une forme de déflation par une suite de décrets lois et une réforme fiscale en mai. Ils prévoient une réduction des effectifs de fonctionnaires et la baisse des salaires nets par l’instauration d’un prélèvement de 5 %. Les pensions des anciens combattants sont diminuées.

Des ligues d'extrême droite (Croix-de-Feu, Jeunesses patriotes, etc.) sont apparues  dès la fin des années 1920 mais n'atteignent leur pleine puissance que sous le second cartel des gauches. Avec l'Affaire Stavisky en 1934, elles déclenchent des émeutes antiparlementaires. Face à ce danger se crée le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et se dessine une unité des partis de gauche qui donnera le "Front Populaire".

La crise mondiale accentue les déséquilibres structurels. L'économie française n'est plus compétitive, surtout après la dévaluation de la livre sterling en 1931, Les campagnes sont gravement atteintes par la baisse des prix agricoles, les faillites se multiplient. Le chômage, complet ou à temps partiel, touche toutes les catégories sociales et atteint rapidement 15%. En mai 1936, commencera  un mouvement de grève qui s'amplifiera et bloquera le pays.

Le gouvernement Laval (le quatrième, qui s’installe en juin 1935) est contraint de légiférer par décrets-lois, droit qu’il obtient dès son investiture. L’objectif est clair : résister par tous moyens à une dévaluation et sortir de « la crise de spéculation » par une déflation effective, rigoureuse et annoncée.

Les élections législatives françaises de 1936 sont remportées par le Front populaire mené par Léon Blum.

  La déclaration d'investiture de Léon Blum aborde la question de la dévaluation : "le pays n’a pas à attendre de nous ni à redouter de nous que nous couvrions un beau matin les murs des affiches blanches de la dévaluation ». Mais le 26 septembre, le Franc Poincaré a vécu : la dévaluation est annoncée, comprise entre 25 et 35 %.

 

 

LA SOCIETE et L'INDUSTRIE

LES INVENTIONS

les premiers enregistrements en stéréophonie

En réalité, la toute première expérience de son en stéréo (une manière de recréer l’illusion d’un espace sonore, à l’aide de deux canaux, gauche et droit) remonte au "théâtrophone" de Clément Ader, en 1881.

le moulin à légumes

Dans le domaine de l’électroménager, le « moulin à légumes » fait son apparition à cette époque, d’abord en Belgique où Victor Simon fait breveter son « Passe-Vite » le 16 février 1932, Jean Mantelet dépose un brevet pour son modèle de moulin, un appareil basé sur la rotation.: entre 1933 et 1935, deux millions d’appareils sont vendus. Jean Mantelet crée la société « Moulin-Légume », qui devient Moulinex en 1937.

mais aussi ...

le premier antivol de voiture, par l'industriel allemand Abram Neiman,

les premiers surgelés mis en vente par dix épiciers du Massachusetts (de la marque Clarence Birdeye),

les jouets Lego, le rasoir électrique

...et.les belles automobiles !.

LES ARTS

En 1932, dans une parution des "Cahiers d'Art", revue créée par Christian SERVOS en 1926 où se mêlent architecture, peinture, cinéma,  photographie, musique, etc…,  Stravinsky, Apollinaire, Salmon, Sweeney, s'expriment sur l’art de Picasso (lequel expose dans une galerie avec Man Ray et Matisse ).

Picasso devient bientôt, en compagnie de Matisse, Kandinsky et Man Ray ,"l'artiste central" incontournable de la revue).

Des numéros entiers sont consacrés à des questionnements au cœur de l’actualité culturelle de l’époque. En 1935, le surréalisme est à l’honneur dans un numéro spécial. En 1936, c’est l’objet dans tous ses aspects, « surréaliste », « mathématique », etc. qui y est étudié.

.Picasso - la crucifixion

 

LA MODE

Plumes, strass, paillettes et robes droites enchantent les femmes les plus coquettes. La mode de l'époque est un subtil mélange de dentelles, de cotons, de franges, et de jersey, de robes pailletées d'argent et de boléros de plumes et de satin moiré.

JACBA

une Oeuvre, une Histoire par Brice Aurpeuthy et JACBA
une Oeuvre, une Histoire par Brice Aurpeuthy et JACBA

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Maximilien Luce et les Anarchistes par JACBA

10 Août 2015, 11:38am

Publié par le webmaster

reprise de la parution du 6 juillet 2015

En parcourant l'excellent article que nous a adressé François LESPINASSE sur la correspondance échangée pendant 25 ans, de 1900 à1925, par Maximilien LUCE, et Charles ANGRAND ( que nous venons de publier dans la catégorie "la chronique de François LESPINASSE" de notre Blog), je me suis interrogé sur l'environnement  social et sociétal qu'ont vécu ces deux grands Artistes tout au long de leur carrière.

Je vous livre ci-dessous mes modestes réflexions.

JACBA, Collaborateur

Maximilien LUCE vers 1885

Maximilien LUCE vers 1885

La famille LUCE est parisienne depuis deux générations et d'origine modeste quand nait Maximilien le 14 mars 1858. Le jeune garçon passe son certificat d'études primaires le 28 juillet 1870, 13 jours après la déclaration de guerre franco-prussienne.

Avec les Parisiens, les Luce subissent le siège de Paris de 1871, et pendant 2 mois, de mars à mai, vivent les heures dramatiques de l'insurrection de la Commune réprimée avec violence par l'Armée basée à Versailles. Maximilien voit passer devant le logis familial, qui jouxte le cimetière Montparnasse, d'horribles convois d'où, des chargements, dépassent des pieds et des têtes ensanglantés.

LUCE-une rue de Paris,sous la Commune -1903-1905 -HST - musée d'Orsay - extrait de l'ouvrage cité "les travaux et les jours"

L'enfant en fut profondément marqué et toute sa vie répudia une certaine classe bourgeoise responsable, disait-il, de cette misérable guerre civile entre Français.

Son père avec lequel il partage des goûts artistiques, réussit à le faire embaucher en apprentissage chez un graveur sur bois rue de Buci qui travaille dans la reproduction graphique de catalogues. Maximilien en profite pour apprendre le dessin, et, dès 1874, la peinture à l'huile.

Il fait de rapides progrès. A peine âgé de vingt ans, Maximilien, fait déjà la preuve d'un réel talent et d'une forte personnalité, trouvant les sujets qu'il traitera toute sa vie,  des hommes et des femmes au travail, des portraits et des paysages.

cliquer sur les images pour agrandir

M. LUCE - La Blanchisseuse, Madame Boin à sa Toilette (1901), Travailleur (étude) - HST- Musée de l'Hôtel Dieu de Mantes-La-JolieM. LUCE - La Blanchisseuse, Madame Boin à sa Toilette (1901), Travailleur (étude) - HST- Musée de l'Hôtel Dieu de Mantes-La-JolieM. LUCE - La Blanchisseuse, Madame Boin à sa Toilette (1901), Travailleur (étude) - HST- Musée de l'Hôtel Dieu de Mantes-La-Jolie

M. LUCE - La Blanchisseuse, Madame Boin à sa Toilette (1901), Travailleur (étude) - HST- Musée de l'Hôtel Dieu de Mantes-La-Jolie

 

Il change bientôt de patron-graveur ; embauché par Eugène Froment qui l'emmènera travailler avec lui à Londres pour une revue anglaise en 1877, il rejoint à son retour un petit centre artistique constitué à Lagny-sur Marne et fréquenté par les peintres Isabey, Cortès et Charles Jacque, le vieux Maître de Barbizon.

Tout en continuant sa formation chez Suisse, atelier célèbre de gravure à  Montparnasse, Il se met aussi à fréquenter les lieux de réunion parisiens d'où les préoccupations politiques libertaires et de lutte active contre l'Empire n'étaient pas exclues.

En avril 78, la mère du jeune artiste meurt ; l'année suivante, son père se remarie avec une "jeunesse" de 32 ans, peu sympathique, dont Maximilien fait un beau portrait en 1881(Nathalie Gourdon).

En novembre 79, Luce est convoqué à Guingamp pour faire son service militaire.

18 mois plus tard, son patron fait jouer ses relations pour le ramener à Paris, où il retrouve avec joie ses Amis artistes. On peut suivre désormais pas à pas le développement de la carrière du jeune peintre. Dès 1883, les tons gris de la palette de ses toiles évoluent vers des bleus subtils dans un ensemble de tonalités très graduées. Apparaissent aussi dans son œuvre des tons vert et chair qui persisteront longtemps.

En 1881, il rejoint également ses nouveaux compagnons politiques qui comme lui restent fidèles au souvenir de la Commune, vomie par Marx, et suivent Proudhon et les "Anars", demeurant à la pointe du combat ouvrier, comme Louise Michel, Emile Pouget, Elisée Reclus et Krotopkine.

Deux autres nouveaux amis vont compter pour notre jeune peintre lancé dans le militantisme : Eugène Baillet, ouvrier tablettier, habile propagandiste et organisateur né  pour "tenir" un public et Eugène Givort, "copain de régiment" , jeune marié, exerçant le métier de cordonnier ("gniaf")  dans le XIIème , auprès duquel il va trouver la chaleur d'un foyer qui lui manquait bien.

Que ce soit en matière de création artistique ou de débats politiques, les discussions  avec les fidèles amis de Lagny, exaltés chroniques, débordent souvent en mots violents.

En avril 85, Elisée Reclus et surtout Jean Grave lancent la parution d'un hebdo "le Révolté" s'intitulant lui-même, "organe communiste-anarchiste".

Simultanément Luce s'intéresse aux recherches de Seurat sur les couleurs et s'informe des progrès de sa "Grande Jatte" qui s'appuie sur une technique nouvelle de division des tons par touches séparées de "complémentaires". Ses essais aboutiront en 1886 à des toiles magistrales comme "le Chemin du Village".

Luce - portrait de Seurat -fusain /papier 29;3x22,3 -1890 - coll.partic.

Ces techniques novatrices participent à la naissance du mouvement de la "peinture optique", qualifié bientôt de "néo-impressionnisme" par un jeune critique d'art alors inconnu : Félix Fénéon.

Au début de 1887, Maximilien Luce se sent enfin prêt à affronter le public.

Il décide d'exposer au Salon des Indépendants et y présente 7 toiles, toutes en tons divisés, qui eurent un vif succès. Signac, toujours enthousiaste de ses œuvres, lui achète "la Toilette" 50 francs.

Dans la presse d'avant-garde, c'est un éloge général : " M. Luce nous montre des intérieurs et des paysages prolétariens d'une âpreté extraordinaire - La Toilette, un prolo se lavant dans une terrine- c'est un rude morceau de peinture (sic) ..." [Le Cri du Peuple -26/01/1887].

 homme à sa toilette HST92X73-1887 Musée du petit palais Genève-p25 ouvr. cité - les travaux et les jours

En quelques jours, il devient solidaire de Camille Pissarro, Seurat, Signac, Angrand, Cross, Petitjean, Dubois-Pillet, Lucien Pissarro....Ce succès, s'il fortifie sa foi dans son art, ne l'incite pas à s'endormir sur ses lauriers.  Mais, la fortune fait toujours défaut. Dès le début de l'année, il emménage un studio tout en haut de Montmartre avec son maigre mobilier entassé dans une charrette à bras.

Pour sa deuxième exposition aux Indépendants en 1888, Maximilien accroche 10 toiles dont Pissarro lui procure l'encadrement, d'une " facture néo-impressionniste impeccable" qui retient l'attention d'un nombreux public séduit par l'agressif bariolage qui se lénifie en larges harmonies violettes. "Même si l'art du peintre paraît mal équilibré, "ultranerveux", diront les critiques, la puissante personnalité qui s'en dégage force l'admiration des visiteurs.

En juillet 88, Luce est invité à faire sa première exposition partiulière à "La Revue Indépendante";  en février 89, il expose aux "Vingt" {" XX"} à Bruxelles avec Monet, Cross, Gauguin, C.Pissarro, Seurat...Il va connaître en Belgique tous les organisateurs , le peintre Théo Van Rysselbergue et le poëte Emile Verhaeren qui soutiennent son œuvre.

Luce et Signac liés désormais par une profonde amitié passent ensemble plusieurs semaines à Herblay, travaillant de concert, s'influençant l'un l'autre. On a écrit que la série d'Herblay avec "La Seine à Herblay" représente un sommet, l'une des parties de la période néo-impressionniste de Luce.

C'est là que Signac compose sa fameuse suite "Le Fleuve".

LUCE La Seine à Herblay - HST 50,5 x 79,5 Musée d'Orsay - page36 dans ouvrage cité Les Travaux et les Jours - Musée St-Tropez

Sur le plan politique, Luce demeure un militant très actif : l'hebdo "le Révolté" disparait sous le coup d'une forte amende mais resurgit avec Jean Grave sous le titre "La Révolte" qui obtient un succès retentissant auprès des prolétaires de la France entière.

Maximilien fréquente assidument Emile Pouget, polémiste reconnu, avec lequel il collabore pour le lancement d'un journal "anar" écrit en langue populaire, "Le Père Peinard" dont il fait la couverture qui en scène un "gniaf" menaçant de sa ceinture les représentants des Corps Constitués : Armée, Justice, Église.

Malgré sa réussite, Luce, peintre désormais reconnu, vit toujours chichement. Il continue cependant d'exposer au Salon des Indépendants de 1891, au cours duquel Seurat sera emporté, victime d'une diphtérie maligne.

1891 est une année difficile pour les artistes qui sont forcés pour vivre, de se livrer à des travaux subalternes peu rémunérateurs.

Ici commence pour Luce une période pénible, sentimentalement troublée. L'artiste subit une grave crise intérieure où se mêlent solitude et désenchantement. Il continue courageusement à travailler et à apporter son soutien à ses amis, alors que dans son environnement se créent de nouveaux groupes de pensée et d'expression artistique comme les Nabis, avec Bonnard, M. Denis, Vuillard et Sérusier.

Sur le plan politique, Luce demeure un militant très actif : l'hebdo "le Révolté" disparait sous le coup d'une forte amende mais resurgit avec Jean Grave sous le titre "La Révolte" qui obtient un succès retentissant auprès des prolétaires de la France entière.

Une désaffection se manifeste envers le néo-impressionnisme ; Camille Pissarro vitupère ouvertement contre le pointillisme ; Angrand qu'il connait dès 87, se réfugie dans le noir-et-blanc.

Le Groupe conserve néanmoins une certaine consistance avec Signac, Henri-Edmond Cross, jusque- là hésitant, et Luce, qui est par ailleurs considéré comme l'un des principaux imagiers du Parti fournissant  des dessins très engagés à ses amis Grave et Pouget ;  il sait y évoquer avec un art véritable "l'âme saignante du peuple et la vie des foules angoissées et exaspérées par la souffrance et les rancœurs, [.....} mais aussi, enfin, les joies du printemps, le calme de la nature et l'éternelle douceur des choses" (G.Darien -"La Plume" 1er sept. 1891) .

L'agitation anarchiste prend de l'ampleur en France en 1892 ("l'année de Ravachol"), mais ses acteurs sont déjà étroitement surveillés par la police.

Après une période douloureuse pour Luce, traumatisé par des amours déçus, et une semi-retraite de quelques mois en Angleterre, emmené par son ami Pissarro, le peintre rejoint Signac à Saint-Tropez et regagne enfin Paris à l'automne 1892.

Le Salon des Indépendants ouvre le 18 mars 1893 ; Luce y expose 6 toiles "tropeziennes" et "londonniennes" ; il se met en ménage avec Ambroisine, fort belle fille de 20 ans, qui restera sa compagne le restant de sa vie, et part peindre en Bretagne.

A Paris, les attentats fomentés par les "Anars" se multiplient et la répression ne reste pas inactive. L'année 1894 est celle des règlements de compte définitifs entre la société bourgeoise et les anarchistes. Jean Grave et le clan Reclus sont arrêtés. Compagnons et sympathisants anarchistes sont inquiétés et certains passent en Angleterre ; les revues "Le Père Peinard" et "La Révolte" cessent de paraître. Luce se sent visé.

Qu'est l'anarchisme en 1893 ?

"Je veux peindre le bonheur, les êtres heureux que seront devenus les hommes dans quelques siècles quand la pure anarchie sera réalisée" écrit vigoureusement H.E. Cross dans une lettre à son ami Signac.

Les anarchistes considérent l'État et la jeune 3ème République comme oppressifs. Selon eux la société ne devrait pas être organisée selon des "classes" et des partages économiques institutionnels mais par une association d'individus libres et égaux.

En 1893, la Police parisienne dénombre 2400 "anars" dont 852 réputés dangereux, plus, de nombreux sympathisants souscrivant à "La Révolte" mais non actifs dans les cellules du Parti.  De nombreux attentats à la bombe sont perpétrés quotidiennement. En juin 1894, un anarchiste italien assassine à Lyon le Président  de la République, Sadi Carnot.  Signac, Luce, Grave et Fénéon comparaissent au Procès des Trente, Pissarro se sauve en Belgique ; le mouvement anarchiste évolue vers plus d'"intellectualité", devient souterrain et se met à infiltrer les syndicats. Signac lui-même, réfugié à St-Tropez, donne à son anarchisme un ton plus individualiste : "harmonie dans l'art, harmonie dans la société" devient sa devise.

Pendant ce temps, Maximilien Luce qui avait été arrêté et écroué le 4 juillet 94, est libéré fin août ; il bénéficie d'une large loi d'amnistie votée en janvier 95, mais continue de faire l'objet d'une surveillance quotidienne. Sa liberté retrouvée, Maximilien, heureux père d'un petit garçon (qui  malheureusement, décèdera l'année suivante), se remet au travail et, en novembre 94, il expose avec Signac, 22 grandes toiles anciennes et nouvelles dans une Galerie, rue Lafitte, réservée aux Impressionnistes.

Libéré lui aussi, Jean Grave lance une nouvelle publication anarchiste "Les Temps Nouveaux" avec une série de 30 lithographies de grand format  en noir et blanc signées Pissarro, Signac, Cross, Angrand, Valloton, Van Rysselbergue, etc...Luce inaugure la série en mai avec "L'Incendiaire" s'inspirant des vers de Verhaeren : un jeune homme, torche au poing, court dans une rue où les maisons flambent !

Mi-février 97, Signac envoie à Angrand retiré dans sa campagne Cauchoise depuis 96, un projet de toile "Le démolisseur " publiée en litho dans Les Temps Nouveaux, qui représente un ouvrier, érigé en héros, " donnant un solide coup de pioche au vieil édifice social qui craque". Signac expose sa toile finalisée, aux Indépendants de 1901 avec un sous-titre "Panneau pour une Maison du Peuple".

"Le Démolisseur" de Signac était en fait un message d'encouragement lancé aux jeunes artistes de souscrire l'engagement à faire évoluer la société par l'image, vers un futur anarchiste et lumineux, plus juste, qui éradiquerait les systèmes en cours et supprimerait un État répressif et violent.

Quand Signac peint le Mont-St-Michel en 1897, ou Luce, Notre-Dame, quelques années après,ces artistes veulent surtout opposer l'énergie idéaliste et collective du passé au tumulte chaotique de la vie moderne.

Il faut comprendre enfin que les évènements du début du XXème siècle en France, les menaces de guerre et la Grande Guerre elle-même, ne vont pas favoriser un solide développement du mouvement artistique néo-impressionnisme qui, sans renier l'Impressionnisme, est condamné à devenir, en fait, le précurseur de l'Art Nouveau.

Les Maîtres à Penser que furent Seurat, Signac, Luce, Pissarro, Cross et Angrand ont eu néanmoins le mérite de faire découvrir au Monde une nouvelle harmonie des couleurs et du dessin en associant la Science à la création sur la toile de tons, de valeurs et de vibrations de la lumière par la juxtaposition de touches divisées ou de points de couleurs pures.

Maximilien LUCE - La Gare de l'Est sous la neige - 1917 - HST- Musée de l'Hôtel Dieu - MANTES-LA-JOLIE                                                                                

Le 3 juillet 2015

JACBA

 Bibliographie

 "Maximilien LUCE, peintre anarchiste" ouvrage du Dr Jean SUTTER -1986

 "les travaux et les jours" - ouvrage édité en oct. 2008 lors de l'Exposition M. LUCE à l'Annonciade -Musée de St-TROPEZ .

ci-contre Jean Texcier "portrait M.LUCE" - Musée de l'Hôtel Dieu de MANTES-LA-JOLIE

 "Charles Angrand"  - ouvrage édité en 2006 lors de l'Exposition Ch. ANGRAND par le Musée de la Ville de PONTOISE. - textes de F. et A. LESPINASSE.

"Paul  SIGNAC et l'anarchisme des années 1890"  par Richard THOMSON, professeur des Beaux-Arts à l'Université d'Edimbourg (G.B.) - spécialiste en Art Français du XIXème siècle - Art et Société - Séminaire décembre 2010 (Wikipedia).

La Rédaction du Blog de l'Association des Amis de l'Ecole de Rouen remercie chaleureusement pour sa sympathique collaboration, Mme Jeanne-Marie DAVID, Conservatrice du Musée de l'Hôtel Dieu de MANTES-LA-JOLIE et organisatrice de l'Exposition , "en amitiés, portraits croisés", consacrée au peintre Maximilien LUCE du 12 juin au 30 août 2015,

M.LUCE - Baignade à ROLLEBOISE (1920) -HST 44,7 x 81,1 et Plage de MERICOURT (1930)-HST 38 X 55,2 - Musée de l'Hôtel Dieu de MANTES-LA-JOLIEM.LUCE - Baignade à ROLLEBOISE (1920) -HST 44,7 x 81,1 et Plage de MERICOURT (1930)-HST 38 X 55,2 - Musée de l'Hôtel Dieu de MANTES-LA-JOLIE

M.LUCE - Baignade à ROLLEBOISE (1920) -HST 44,7 x 81,1 et Plage de MERICOURT (1930)-HST 38 X 55,2 - Musée de l'Hôtel Dieu de MANTES-LA-JOLIE

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une oeuvre, une Histoire, par B.Aurpeuthy et JACBA

11 Octobre 2014, 16:48pm

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Claude MONET : soleil levant, soleil couchant?

Claude MONET - impression, soleil levant - HST 50X65 SBG Musée Marmottan-Monet Paris- crédit photographique Christina BARAJA

Claude MONET - impression, soleil levant - HST 50X65 SBG Musée Marmottan-Monet Paris- crédit photographique Christina BARAJA

Impression soleil levant, la toile qui a donné qui a donné son nom à l'Impressionnisme et qui est le fleuron des collections du Musée Marmottan-Monet, est l'une des peintures les plus célèbres au monde. Cette œuvre n'a pourtant pas fait l'objet d'une étude approfondie jusqu'à ce jour. Au contraire, depuis près de 40 ans, le mystère semble grandir autour de la toile : que représente véritablement le tableau? Un soleil levant ou un soleil couchant ? Quand fut-il peint ? En 1872 ou en 1873 ? Qu'est-il advenu du tableau à l'issue de la première exposition impressionniste ? Pourquoi a-t-il rejoint en 1940 les collections du

Musée, établissement initialement dédié à l'Empire?

Ces interrogations se sont posées à l'équipe du Musée Marmottant-Monet à l'occasion d'une grande exposition qui se tient dans ses salons, jusqu'au 18 janvier 2015, regroupant autour du chef-d'œuvre de Claude MONET, 26de ses peintures et 35 œuvres majeures de grands artistes impressionnistes, provenant de musées et de collections particulières du monde entier.

Le 15 avril 1874, MONET présente Impression, soleil levant lors de la première exposition de la Sociétés des Artistes Anonymes, dans l'ancien atelier du photographe Nadar. La plupart des critiques sont vives et le célèbre journaliste d'art, Louis Leroy, peut se gausser dans un article du Charivari: "Que représente cette toile? Impression ! Impression, j'en étais sur aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans [...] et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l'état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là!".

Le tableau allait sceller aussi le destin des artistes réunis à cette occasion, qui furent, ce jour-là, baptisés, malgré eux, du néologisme "d'impressionnistes".

Les résultats de l'enquête documentée, menée par les spécialistes du Musée, démontrent que MONET aurait choisi de fixer sur la toile, en une seule séance, ce que la vue depuis la chambre d'hôtel de l'Amirauté, où il résidait, lui proposait d'emblée, en surplomb des quais de l'avant-port industrialisé du Havre, actuellement, quais de Southampton.

L'étude des circonstances locales leur permettent également d'affirmer que le regard du peintre était dirigé vers le sud-est. Autrement dit, pour eux, c'est bien une vue diurne, un soleil levant, que l'artiste a voulu représenter.

Par ailleurs, dans l'état actuel des connaissances, la date la plus probable d'exécution (qui a aussi fait l'objet de nombreuses controverses) serait le 13 novembre 1872.

Si le terme d'impressionnisme se diffuse rapidement dans la littérature artistique, en revanche l'œuvre et son histoire, que nous venons d'aborder, sont peu à peu oubliées. En mai 1874, le collectionneur Ernest Hoschedé acquiert le tableau pour 800 frs et le revend 210 frs, quatre ans après, dans l'indifférence générale, sous le nom d'Impression, soleil couchant.

En 1940, son nouveau propriétaire en fait don, avec sa riche collection personnelle d'œuvres d'art, au Musée Marmottan, propriété de l'Académie des beaux-arts, qui fait mettre le tableau en caisse, l'entreposant en province, à l'abri des bombardements.

En 1952, la toile revient à Paris. Exposée à la galerie WiIdenstein, elle est décrite dans le catalogue comme l'œuvre qui donne naissance à une nouvelle école de peinture. En 1955, elle est désignée enfin dans la remarquable Histoire de l'Impressionnisme de John Rewald (édition française) comme un marqueur historique et deviendra, en 1965, pour le monde des arts, une référence incontournable, fondatrice de la peinture impressionniste.

Son titre, Impression, soleil levant ne changera plus jamais.

JACBA

Remerciements à Madame C.Maureau de l'Agence de communication Claudine DUPONT et au Musée Marmottan-Monet pour leur aimable collaboration

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une oeuvre, une histoire...par Brice Aurpeuthy & JACBA

15 Août 2014, 12:50pm

Publié par le webmaster

 Pierre DUMONT (1884-1936)

 

QUAND ? : 1912

QU’EST-CE ? : La Cathédrale de Rouen (huile sur toile, Milwaukee Art Museum)

COMMENT ? :

Nous ne reviendrons pas sur la vie tumultueuse de Pierre Dumont et dont la carrière le fut tout autant.

Car, en créant, en 1907, « Le Groupe des XXX », il fait venir et exposer à Rouen la fine fleur des Avant-Gardistes parisiens comme Matisse, Marquet, Derain, de Vlaminck, Utrillo, Friesz... à coté de ses compagnons les Duchamp, Pinchon, Hodé, Louvrier, Tirvert ainsi que ses aînés Charles Angrand et Charles Frechon ! Autant dire que Pierre Dumont figure à la pointe des recherches artistiques de son époque.

Non content de cette 'bombe' artistique rouennaise, il transforme ce groupe en 1909 qui devient « La Société Normande de Peinture Moderne ». Le point d'orgue de ce nouveau groupe, date, sans contestation, de l'exposition de juin 1912 au Skating de L'Ile Lacroix, où Apollinaire tient conférence sur l'Avant-Garde artistique : « le sublime moderne ».

Puis c'est le "Bateau Lavoir" à Montmartre, et la naissance de « La Section d'Or » en 1912 à Puteaux avec les frères Duchamp (Marcel, Jacques Villon et Raymond Duchamp-Villon), Apollinaire, Léger, Kupka, Metzinger...  Une certaine philosophie du cubisme, qui a vu le jour vers 1907 avec Braque et Picasso, est au centre de leurs réflexions.

Notre toile est le fruit de ces recherches. Hélas, Pierre Dumont n'élabore qu'une petit poignée d’œuvres de cet acabit.

Construite d'une myriade de facettes planes, cette Cathédrale de Rouen rompt avec les compositions cubistes plus géométriques de Braque et Picasso.

Le pourtour de la composition est noyée d'éléments sombres, mettant alors en lumière la Cathédrale.

Sa base s'agence de facettes terreuses et de triangles à la pointe aiguë tournée vers le centre de la composition, tels les pavés du parvis reflétant l'architecture gothique, guidant ainsi le regard du spectateur.

En scrutant le milieu de la toile, vous découvrez alors la Cathédrale : admirez la Rosace dans l'exact centre de la toile ; les Tourelles encadrant les portails ; les deux Pignons surplombant la Rosace ; les Contreforts de chaque coté ; enfin, la flèche en fonte chapeautant l'ensemble ; serait-ce l'Abbatiale St Ouen et l'église St Maclou de part et d'autre de la tour principale ?

Et la partie supérieure de la composition : une multitude d'éléments sphériques de différentes tonalités, mais toutes claires : la représentation de l'astre solaire avec ses rayons dardant le monument et ses prismes chromatiques.

Ajoutons sa taille imposante, de presque 2 mètres de haut sur 1 mètre 40, dimensions rares dans l'histoire des compositions cubistes.

Regrettons enfin, que, dans le cadre de la magistrale exposition « Cathédrales, un mythe moderne », cette fabuleuse œuvre de Pierre Dumont n'ait pu rejoindre les cimaises du Musée des Beaux Arts de Rouen  (jusqu'au 31 août 2014)

 

Brice AURPEUTHY

 

la CATHEDRALE DE ROUEN - Pierre DUMONT (1912)

 

Robert-Antoine PINCHON et Pierre Dumont (assis)
Robert-Antoine PINCHON et Pierre Dumont (assis)

Robert-Antoine PINCHON et Pierre Dumont (assis)

le naufrage du TITANIC (Hérodote.net)

le naufrage du TITANIC (Hérodote.net)

et dans le Monde...

 

Comme l'écrit si bien notre Ami Brice, Pierre DUMONT est un talentueux représentant du mouvement pictural qui vient d'éclore dans ce début de siècle, bouleversant la notion de la vision traditionnelle de l'art occidental : le CUBISME.

 A la fin des années 1870, Paul CEZANNE construit ses paysages à l'aide de plans colorés et de cubes simplifiant ainsi la lecture de ses compositions (cf. "L'Estaque" - 1878 Musée d'ORSAY). Ce phénomène géométrique s'intensifie dans ses études suivantes, comme ses Natures Mortes, ses Joueurs de Cartes et ses Baigneuses.

A la suite de sa découverte avec son ami BRAQUE, de masques africains à la devanture d'un antiquaire parisien, puis de sa fascination.,PICASSO est considéré comme le père du CUBISME avec ses "Demoiselles d'Avignon" (NDLR - maisons closes d'un quartier de Barcelone), peintes en 1907 (année de fondation du Cubisme pour les Historiens d'Art), mais exposées quelques années plus tard, le peintre ayant laissé son œuvre en plan lui- même dérouté par l'innovation de sa composition.

Puis, en 1912,  le cubisme, dit "analytique", s'oriente, avec Pablo PICASSO et Georges BRAQUE, rejoints un peu plus tard, par Juan GRIS et le sculpteur Henri LAURENS dans leurs ateliers de Montmartre,, vers une réflexion esthétique nouvelle des niveaux de référence au réel en utilisant des éléments de composition issus du quotidien.

La modernité ne perd néanmoins pas ses droits, puisqu'une EXCEPTIONNELLE exposition, rassembla à COLOGNE en 1912 plus de 650 peintures et sculptures dont 125 VAN GOGH, 25 GAUGUIN, 36 MUNCH et 16 PICASSO.

Le Cubisme naissant influence aussi la jeune génération des peintres des années "dix", Robert DELAUNAY, Fernand LEGER, les frères DUCHAMP, et se fait sentir dans toute l'Europe, débouchant aussi bien sur les "ready-made" que sur  la peinture abstraite et le "constructionnisme" russe de Kasimir MALEVITCH en 1930.

Mais, l'évènement majeur de cette année 1912 qui tint en haleine et bouleversa le monde entier, fut, incontestablement, le catastrophique naufrage du luxueux steamer britannique "le TITANIC"  qui, lors de son voyage inaugural SOUTHAMPTON-NEW-YORK, le 14 avril, heurta un iceberg au large de TERRE-NEUVE, entrainant la disparition de 1500 personnes dans les eaux glacées de l'Atlantique Nord (voir une remarquable vidéo rétrospective récente en ouvrant sur google : tagtele.com/video/voir/82739).

JACBA

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une Oeuvre, une Histoire par Brice AURPEUTHY et JACBA (7)

1 Décembre 2012, 11:28am

Publié par le webmaster

  Delattre-RégatesSeine (Copier) (3)cliquer gauche  pour agrandir

 

QUI : Joseph DELATTRE (1858-1912)

 

QUAND : entre 1895 et 1900

 

QU’ EST-CE : Les régates (huile sur toile, coll. part.)

 

 

 

COMMENT : Joseph Delattre est un paysagiste, un paysagiste des bords de Seine, notamment.

Au début des années 1890, il oriente ses recherches dans la retranscription des brumes portuaires rouennaises. Il s'évertue à donner de la transparence dans la palette de ses gris, en les éclairant de bleu, de vermillon, d'ocre... Une recherche tout en délicatesse.

Après son déménagement à Petit-Couronne en 1902, ce sont les gribanes, ces barques de transport de roches et de craie des carrières de Biessard, qui captent l'attention de notre peintre.

Notre toile, exceptionnelle, se situe entre ces deux périodes. Joseph Delattre, grâce à ses correspondances avec Charles Angrand, l'ami de Seurat, a parfaitement intégré les principes néo de la décomposition de la touche. Plus large dans les reflets du fleuve, cette touche devient punctiforme dans les voilures, simulant le gonflement ou le faseyement de ces dernières, c'est à dire le mouvement !

Et que dire des couleurs réfléchies sur les ondes sages de la Seine: un mélange étonnant de parme venant du ciel, de mauve produit par les coteaux, quelques traits crème pour les voiles, coquille d'oeuf rosé pour le reflet des falaises de craie, sur fond bleu céleste dégradé (plus clair).

Quant au premier plan de droite ocre-vert figurant la berge, il est caractéristique de Delattre, permettant d'étager les plans successifs, ce qui amène toute la profondeur de la composition.

 

Brice AURPEUTHY

 

L'environnement du peintre en 1895-1900

 

Le peintre réalise son œuvre entre 1895 et 1900, c’est-à-dire au début de la « belle époque », caractérisé par de nombreux progrès technologiques : en 1895, les frères LUMIERE déposent le brevet du cinématographe, en 1897, Eugène DEMARÇAIS isole l’EUROPIUM, en 1898, Pierre et Marie CURIE, le RADIUM, le chimiste américain John ABEL, l’adrénaline, Joseph THOMSON annonce la découverte de l’électron, élément fondamental des rayons lumineux, et Clément ADER réalise un premier vol horizontal de 300 mètres sur son AVION III...et aussi  des catastrophes !

un train "s'arrête" en Gare Montparnasse en 95

 

Mais, dans cette période également riche sur le plan culturel surviennent également des évènements qui jettent le trouble dans cette société qui, sortant d’une longue période de guerre, respire enfin. J’en cite deux :

330px-Le Petit Journal - Bazar de la Charité (Copier)- Le 4 mai 1897, un gigantesque incendie survient au Bazar de la Charité à PARIS, faisant 121 morts.  L’effervescence autour de ce drame générera toutes sortes de réflexions, chacun voyant dans l’évènement récupéré, interprété et amplifié par le presse, des symboles quasi mythologiques sur la dégradation de la société ; les milieux cléricaux lui y attribuèrent même l’expression d’une punition divine.

- Le 13 janvier 1898, publication par le journal « l’aurore » du « J’ACCUSE », relançant l’affaire DREYFUS. Dans ce texte virulent, l’écrivain Emile ZOLA, soutenu par Georges CLEMENCEAU, dénonce les manigances qui entourent le procès démarré en 1894 du capitaine DREYFUS, accusé d’espionnage. Carte jaccuse

Le 19 septembre 1899, le Président de la République Emile LOUBET gracie DREYFUS, reconnu pourtant coupable de haute trahison par la cour militaire. Et c’est seulement en 1906 que DREYFUS est définitivement innocenté.

 

C’est dans cet environnement agité que Paul GAUGUIN réalise une de ses œuvres postimpressionnistes la plus connue, peinte à Tahiti,  actuellement abritée par le Musée de BOSTON (USA) :

« D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? ».

Tout un programme d’actualité, n’est-ce-pas ?     

 

JACBA

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une Oeuvre, une Histoire par Brice Aurpeuthy et Jacba (6)

21 Mai 2012, 22:00pm

Publié par le webmaster

CA-lesgardiensdemoutons-1881 [640x480]

cliquer gauche pour agrandir

 

QUI : Charles ANGRAND (1854-1926)

 

QUAND : 1881

 

QU’ EST-CE : Le gardeur de dindons (huile sur toile, coll. part.)

 

COMMENT : Ce sujet rupestre reste classique, déjà étudié par maintes générations de peintres. Et il est évident que l’intérêt de l’œuvre réside uniquement dans sa composition.

En effet, Charles Angrand montre une grande modernité : composition frontale, sans point de fuite. Gauguin, quelques années plus tard, en initiera son groupe à Pont-Aven.

La source en est la découverte des estampes japonaises, qui sont construites sans modelé, sans perspective atmosphérique chère aux artistes européens. Qu’un rendu plaisant et décoratif, car il faut rappeler que les estampes ne servaient à l’origine, que de papier d’emballage ! Or, les peintres impressionnistes, Claude Monet le premier dans sa maison de Giverny, furent séduits et collectionnèrent ces estampes, dont la galerie Siegfried Bing à Paris s’en fit la spécialité.

Ici, prime un fond jaune bouton d’or, façon icône mettant en valeur un sujet bucolique sans prétention, égrainé de touches vert prairie. Et construit, maçonné pourrait-on dire, en touches horizontales à la brosse. La même largeur de brosse habille les dindons d’un gris nuancé de bleu. De plus, les volatiles se retrouvent rejetés dans le coin supérieur du tableau, comme l’aurait fait un photographe.

Le spectateur semble épier le jeune garçon dans son activité de « gardeur ». Il est de dos, une branchette à la main. Même si il en est le titre, il n’est pas le sujet, ni même les gallinacés : la composition surpasse le sujet !

Ainsi en a voulu Charles Angrand.

Brice Aurpeuthy

 

l'environnement du peintre en 1881

220px-Jules Ferry by Georges Lafosse

Politique française

L’évènement politique majeur de cette année 1881 est indubitablement la loi votée le 16 juin par les Chambres à l’initiative de Jules Ferry, Ministre de l’Instruction Publique, instituant dans son article premier, « qu’il ne sera plus perçu de rétribution scolaire dans les écoles primaires publiques ». Mais, c’est en 1882 que « l’instruction primaire est rendue obligatoire pour les enfants âgés de 6 ans à 13 ans révolus »…

L’article 2 de la Loi de mars 1882 stipule que « les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, en outre du dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s’ils le désirent, à leurs enfants, l’instruction religieuse en dehors des édifices scolaires ».

Dans son article 6, la Loi « institue un certificat d’études primaires ».

Medecine

Louis Pasteur explique dans une communication le principe d’action de la vaccination, suite aux travaux de Robert Koch mettant en relation les microbes et les maladies. Sa première vaccination fut celle d’un troupeau de moutons contre le charbon le 5 mai 1881. Mais, ce n’est qu’en 1885 qu’un enfant fut traité contre la rage par vaccin après exposition au risque.

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Si vous souhaitez transformer quelqu’un de paisible en un démon hurlant,

saisissez-le amicalement, mais fermement, par son bras récemment vacciné !

Peinture

Pissarro24 [320x200]Si l’année 181 voit le mouvement impressionnisme s’épanouir avec des œuvres comme

« le déjeuner des canotiers » ou « sur la 

Puvis-pauvre pecheur [320x200]

terrasse » de Pierre-Auguste Renoir, « le chasseur de Lions » d’Edouard Manet, ou « Susan consolant un bébé » de Mary Cassatt, ou bien encore «  jeune paysanne prenant son café » de Camille Pissarro, on assiste en revanche au développement d’une génération anti-impressionniste avec Pierre Puvis de Chavannes (« le pauvre pêcheur »), Odilon Redon (« yeux clos ») ou Gustave Moreau très inspiré de mythologies raffinées.

Redon-yeux clos (320x200)

 Ce nouvel art pictural, né en 1870, s’ingénie à traiter par des représentations symboliques le caché, l’ailleurs, l’invisible, à travers la nature, le rêve et la méditation sans oublier la femme éternelle.

Au lieu de regarder la réalité par les sens, on l’explore par l’esprit.

JACBA

C. Pissarro - jeune paysanne prenant son café - HST 64x54 - 1881 - Art Institute Chicago

P. Puvis de Chavannes - le pauvre pécheur - HST 155x192 1881 - Musée d'Orsay

Odilon Redon - les yeux clos - HST 44x36 -1890 - Musée d'Orsay

 

 

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une Oeuvre, une Histoire, par Brice Aurpeuthy et Jacba (5)

14 Avril 2012, 09:53am

Publié par le webmaster

LEBOURG Café maure dans le jardin d'Essai (Copier) (3)  cliquer gauche sur l'image pour l'agrandir 

 

QUI :   Albert LEBOURG (1849-1928)

 

QUAND :   1876

 

QU’ EST-CE :   le café du jardin d’Essai (huile sur toile, coll. part.)

 

COMMENT : A 23 ans, abandonnant ses proches pour un territoire inconnu, Albert Lebourg débarque à Alger en octobre 1872. Un professorat de dessin l’attend. Il ne revient définitivement en France qu’en 1877. Un seul retour en 1873 à Rouen pour se marier.

Notre peintre manque donc la 1ère exposition impressionniste qui se tient à Paris en 1874, dans les salons Nadar, et que tout le Paris des critiques raille à foison.

En a-t-il connaissance ? Suit-il les nouvelles artistiques parisiennes ? Vraisemblablement tout de même car, rappelons-nous, il expose au printemps 1872 au salon de Rouen, où sont présents… Monet, Pissarro et Sisley ! Ce que nous savons avec certitude est que son ami, le peintre Seignemartin, du voyage à Alger également, l’incite à éclaircir sa palette.

Mais quid des nouvelles artistiques parisiennes que peuvent relayer les journaux algériens ?

Quid des relations épistolaires d’amis de l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen (qui ne se nomme pas encore de la sorte, d’ailleurs) ?

A ce jour, nous n’en savons rien. Mais quelle composition en phase avec l’avant-garde parisienne !

Un impressionnisme total, sans anecdote ni fioriture : des coups de brosse bien distincts et détachés, de la lumière éclatante, écrasante et des ombres colorées, une palette relativement restreinte enflammée par juste quelques touches de rouge carmin, une trouée de respiration avec ses deux touches bleu-acier dans les différents verts des frondaisons.

De la vigueur, du rythme, de L’IMPRESSION !

 

                                                                                      Brice Aurpeuthy

 

  l'environnement du peintre : 1876

 

L’environnement politique français en 1876

Depuis 1868, Bismarck, ministre de son roi, Guillaume 1er, avait pour objectif de soumettre à la Prusse tous les Etats Allemands en les poussant à s’unifier autour d’une cause commune. Falsifiant une dépêche de son souverain qui est « aux bains » à Ems, en lui donnant un sens outrageant pour la France, Bismarck fait savoir que Guillaume 1er a refusé de recevoir l’ambassadeur de Napoléon III. Ce dernier, se sentant humilié, déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 et, ce faisant, à toute l’Allemagne.

Napoléon III et son armée, particulièrement désorganisée, sont vaincus à Sedan et proclamEmpireAll (Copier)l’Empereur est fait prisonnier. La Capitale est bombardée. Gambetta forme à Paris un nouveau gouvernement et proclame la République.

Après des combats sanglants qui firent 130 000 morts de part et d’autre, les armées françaises capitulent enfin à Metz et la France demande la paix qui est signée le 28janvier 1871. Bismarck  et Guillaume Ier, qui devient Empereur d’Allemagne, annexent l'Alsace et de la Moselle qui resteront allemandes pendant 47 ans !

1875 : la République est définitivement établie en France. Adolphe Thiers en devient le Président.

La Constitution est rédigée et les premières chambres (Députés et Sénat) se réunissent pour la première fois en 1876.

les peintres

En 1876, se tient la deuxième exposition des peintres impressionnistes chez moulinGalette(dét)Durand-Ruel, rue Pelletier, où, déjà, on voit s’affronter les deux tendances de l’impressionnisme, 

l'absinthe-Degasd’un côté,« le plein air » avecMonet, Renoir, Sisley, jouant sur les reflets dans l’eau et la vie mobile mais aussi Pissarro et Cézanne, peintres de paysages plus rustiques, de l’autre, « la vie moderne » et « la figure humaine » avec Degas et Caillebotte.

Renoir y présente son premier chef d’œuvre « le bal du moulin de la Galette », Sisley, « l’inondation à Port-Marly », Pissarro, « la moisson », Degas, « la classe de danse » et « l’absinthe », Caillebotte, « les raboteurs de parquet ».port marly flood (Copier)

Les évènements dans le monde

Graham Bell dépose en 1876 son brevet du Téléphone et réalise la première communication téléphonique avec son assistant, Watson (qui est dans la pièce à côté !) : « M. Watson, come here, I want you ».

torcheStatueLibertéA Philadelphie, se tient la première exposition universelle des Etats-Unis où est présentée au public la torche (inachevée) de la Statue de la Liberté qui brûle peut-être déjà avec du pétrole …de sureté !

                               JACBA428px-Jules Chéret-Saxoléine (Copier)

 

 

Pierre-Auguste RENOIR  - le bal du Moulin de la Galette

Edgar DEGAS - l'absinthe

Alfred SISLEY - l'inindation à Port-Marly

 

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une oeuvre une histoire par Brice AURPEUTHY et JACBA (4)

11 Février 2012, 20:47pm

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pour agrandir, cliquer sur l'image  

Auvers-J.DELATTRE (Copier)

QUI : Joseph DELATTRE (1858-1912)

QUAND : Automne 1894

QU’ EST-CE : Auvers-sur-Oise (huile sur toile, coll. part.)

 

COMMENT : Joseph Delattre vient de rencontrer un amateur, Jérôme Doucet, qui devient son mécène en lui allouant une ‘rente’ de 3 francs par jour contre une partie de sa production. Doucet est le gérant de L’Hôtel du Dauphin et d’Espagne, sur les quais de Rouen, dont le propriétaire n’est autre que le célèbre mais facétieux collectionneur des premiers jours des Impressionnistes, Eugène Murer. Ce dernier expose de nombreuses toiles de sa collection (notamment Renoir) dans la salle de restaurant de l’hôtel !

C’est ainsi que Delattre fait un séjour à Auvers-sur-Oise, chez Murer, dans la demeure bourgeoise qu’il a fait construire en 1881, et que son voisin, le fameux Docteur Gachet (Cf. l’excellent article de Jacba) surnomme sarcastiquement : Le Castel du Four, en rapport avec la fortune provenant de la Pâtisserie que Murer exploitait à Paris. Sur place, il en profite pour rendre visite au Dr. Gachet et découvre, accrochés non loin d’une belle collection de Pissarro, des Van Gogh qui le laissent pantois…

Mais laissons raconter Joseph Delattre (lettre à Angrand datée du 14 décembre 1894) : « …Je viens de passer trois semaines à Auvers-sur-Oise et me suis là consciencieusement occupé. Je suis descendu chez un ami rencontré ici à Rouen et qui s’intéresse beaucoup à moi. Murer est un des premiers amateurs qui ont osé acheter, à l’époque difficile, des Pissarro, Sisley, Renoir, Monet, Cézanne, etc…

Quand tu viendras à Rouen, je te montrerai les toiles que possède ce brave et bon ami […]

A Auvers, j’ai rencontré le Docteur Gachet qui, je crois, est des vôtres aux Indépendants et que tu dois connaître. Chez lui, j’ai vu quantité de Van Gogh véritablement intéressants : plusieurs paysages et deux enfants en plein air m’ont surtout enthousiasmé, par le défini de l’expression. Oh ! Évidemment, pas le modelé – très vitrail, très cloisonné – mais modelé à sa façon tout de même. »

 La construction de notre toile est classique et très structurée, avec la masse colorée du feuillage de l’arbre à gauche qui encadre en partie la composition et procure un ‘effet repoussoir’, amenant toute la profondeur. Le personnage, quant à lui, donne l’échelle. Alternance de plans vert-prairie et ocres dans la première partie de la composition qui se ferme par celui coloré des habitations.

La touche est fine et totalement divisée, dans un style très Pissarro, et un motif que le Patriarche ne renierait pas !

Auvers-Pissarro-1 (Copier)

 

Brice AURPEUTHY

 

 

 

 

Camille PISSARRO - Auvers sur Oise - METRO NY  

                                                                        

                                                                        A propos du "bon Docteur GACHET"...

 

  

Fils de filateur lillois, Paul Ferdinand GACHET (1828-1909) entreprend des études de médecine à Paris, qu’il achève à Montpellier par une thèse « étude sur la mélancolie » en 1858. Il revient l’année suivante à Paris. Spécialisé  en « maladies nerveuses »,  il donne des cours d’anatomie artistique à l’école de dessin de son quartier et s’installe en 1872 à Auvers-sur-Oise où DAUBIGNY séjourne déjà et rencontre la famille PISSARRO qui réside à Pontoise. gachetphoto

Camille PISSARRO, dont il soigne les enfants, le met en contact avec GUILLAUMIN et CEZANNE (qui passe toute l’année 1873 à Auvers), lui permettant de pénétrer le cercle impressionniste et d’approcher de nombreux artistes, MANET, MONET, RENOIR...

Agité excentrique, compensant ainsi des qualités artistiques médiocres de dessinateur, collectionneur compulsif de choses de peu d’intérêt, il sera à peine remarqué malgré ses efforts.

Au début de l’année 1890, Théo VAN GOGH demande au docteur GACHET de s’occuper de son frère Vincent afin que celui-ci puisse sortir de l’asile psychiatrique de Saint-Rémy-de Provence.

C’est pendant le mois et demi qu’il passa auprès du « bon docteur », de son fils Paul et de sa fille Marguerite que Vincent VAN GOGH peignit son portrait le 2 ou 3 juin 1890. Il le représente accoudé à une table vermillon, coiffé de sa casquette avec « l’expression navrée de son temps ».

Le Docteur GACHET ne reverra Vincent que lorsqu’il fut appelé à son chevet fin juillet après sa tentative de suicide d’une balle dans le cœur mais ne fit rien pour le sauver.

Le tableau du portrait du docteur GACHET appartenait à Théo VAN GOGH. Passé de mains en mains entre 1890 et 1990, il a été acquis pour 82,5 millions de Dollars par un collectionneur japonais lors d’une vente chez Christie’s New York le 15 mai 1990.

Il existe une réplique (superbe) de ce chef d’œuvre conservée au Musée d’Orsay.

Selon le fils du docteur GACHET qui l’avait offerte au Louvre en 1949, elle aurait été réalisée début juin 1890, mais l’identité de son auteur demeure un mystère…

Nous montrons ci-dessous les deux œuvres… côte à côte.      

 

JACBA

 

   huile sur toile - 64,5x55,8                                                                                        huile sur toile - 68x57

   collection privée japon                                                                                             musée d'Orsay - Paris

gachet japon (Copier)gachetorsay (Copier)

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