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Les Amis de l'Ecole de Rouen

Articles avec #la rubrique de pierre buychaut

Interview de François LESPINASSE

5 Février 2011, 22:00pm

Publié par le webmaster

C’est à l’occasion de sa conférence de ce jeudi 10 mars 2011, dans le cadre de l’exposition de Rueil-Malmaison ‘Les Peintres de l’Ecole de Rouen’, que nous avons rencontré François Lespinasse, historien d’art, spécialiste de ‘l’Ecole de Rouen’. lespinasse2--320x200-.jpg

Sa grand’ tante tient boutique d’antiquités Place Restout à Rouen, tandis que son père, dentiste, lui fait suivre des cours particuliers de dessin avec l’un de ses patients, un certain Michel Frechon, fils du fameux Charles Frechon et considéré aujourd’hui, comme le plus fin dessinateur de ‘l’Ecole de Rouen’. François Lespinasse est alors âgé d’environ 8 ans. Et il se souvient avec tendresse de ces leçons du jeudi après-midi, où Michel Frechon repartait, après dîner. Puis il était coutume que le jeune François raccompagne Michel Frechon à son domicile-atelier Place St Marc, occasion de remarques et d’enseignements architecturaux chemin faisant, par celui qui restera comme LE fusainiste des Monuments Rouennais. Autant dire que le milieu fut propice au développement de l’acuité du futur spécialiste.

Après 10 ans comme Kinésithérapeute sur ‘Les Hauts de Rouen’, et de très nombreuses heures passées en recherches à la Bibliothèque Municipale, il décide d’ouvrir une galerie rue Martainville en 1979, qu’il garde 30 ans. Paraîtront une quinzaines d’ouvrages dont plusieurs de référence, telle la 1ère biographie sur l’ensemble des Peintres de ‘l’Ecole de Rouen’ éditée dès 1980.

Pierre BUYCHAUT  Durant toutes ces années, quelle a été votre plus belle découverte ?

François LESPINASSE : Après la montagne (1), ‘l’Ecole de Rouen’ !!

PB : 

FL : Oui, c’est ‘l’Ecole de Rouen’ ! Dans son ensemble ! Rendez-vous compte : depuis la disparition en 1927 du critique aux 6.200 articles, Georges Dubosc, quasiment rien : le catalogue de la rétro sur Pinchon à la Galerie Hervé en 1971, la réunion des courriers de Joseph Delattre par Du Châtenet en 1974, une étude de De Knyff sur Pierre Dumont en 1976 et surtout, en 1969, le catalogue de la rétro Narcisse Guilbert par la Galerie André Watteau, le pionnier, qui acheta une centaine de tableaux à Renée, fille de Narcisse Guilbert. Et c’est tout pour ce qui est de réellement instructif. Mais rien ne regroupant l’ensemble des Peintres de ‘l’Ecole de Rouen’.

PB : Quel est l’artiste qui vous impressionne le plus aujourd’hui ?

FL : Charles Angrand ! Définitivement, et depuis le début de mes recherches ! Pour la rétrospective montée au Musée de Dieppe grâce au concours de son neveu, Pierre Angrand, en 1976, je m’y suis rendu plusieurs fois. Et, à l’époque, il n’y avait rien sur Charles Angrand ! A part cet excellent ouvrage qui reste de référence, du Docteur Sutter, sur le Néo-Impressionnisme.

PB : Cette ‘Ecole’ est-elle, à votre avis, reconnue aujourd’hui ?

FL : Pas suffisamment malgré le cap historique de ‘Normandie Impressionniste 2010, qui fit cohabiter les majors de ‘l’Ecole de Rouen’ (Lebourg, Lemaître, Angrand, Frechon, Delattre, Vignet, Pinchon et Dumont) avec les grands Maîtres Monet, Pissarro, Gauguin, Guillaumin, Signac. 1996 fut une étape muséale intéressante (L’Ecole de Rouen, de l’impressionnisme à Marcel Duchamp, Musée de Rouen, NDR). En 2008, ce fut l’étape muséale cruciale d’une monographie, point de départ d’une reconnaissance avec son catalogue d’importance (Rétrospective Charles Frechon, Musée de Rouen, NDR). En fait, il faudrait 8 à 10 catalogues de cette envergure muséale, de préférence monographiques, pour qu’il y ait reconnaissance.

PB: Vous parlez de 8 à 10 monographies. A qui pensez-vous ?

FL : Albert Lebourg, Léon Jules Lemaître, Pierre Hodé, et puis Henri Vignet, Eugène Tirvert…  Pierre Dumont, quant à lui, mériterait une étude en profondeur, tout autre de tout ce qui peut exister aujourd’hui : une grande étude sur les XXX, puis la Société  Normande de Peinture Moderne qu’il créa en 1909, et par laquelle il fit venir à Rouen : Picabia, Vlaminck, Marquet, Gleizes, Juan Gris… que des pointures ! Cette période 1900-1914 est exceptionnelle d ans l’œuvre de Pierre Dumont, par son interprétation du cubisme (La Cathédrale de Rouen, 1912, Milwaukee Art DUMONT-Cath Rouen Milwaukee Art Museum [320x200]Museum, ci-contre - NDRL) et sa participation majeure à l’essor du Fauvisme.

Et puis il y a Joseph Delattre. Son tour va venir. Je sais que le bureau de l’AER travaille pour une rétrospective, si possible en 2012, centenaire de sa disparition. Il lui faut un espace d’exposition à sa mesure et la parution d’un ouvrage de qualité reprenant les 60 ou 80 plus beaux numéros de son œuvre.

PB : J’ai le plaisir de vous confirmer que l’AER prend des contacts depuis une bonne année, pour Delattre.

FL : Joseph Delattre revêt une importance considérable dans l’histoire de l’art, notamment régionale. Primo de par sa sensibilité impressionniste toute personnelle devant le motif, secundo par son implication dans la reconnaissance rouennaise du mouvement impressionniste et la défense de ses amis vis-à-vis des critiques réfractaires, et tertio par la création en 1896 de L’Académie Libre de la rue des Charrettes qui a vu passer toute une génération de peintres comme Couchaux, Vaumousse, Hénocque, Guilbert…, et j’en profite pour préciser qu’à aucun endroit, on ne voit apparaître le nom de Pinchon comme élève de Delattre ! Robert-Antoine Pinchon devait être de caractère trop indépendant pour suivre les préceptes du ‘Maître de Petit-Couronne’ (alias Delattre, qui se retira à Petit-Couronne en 1902, NDR), et son mécène, François Depeaux, devait veiller sur son ‘poulain’, le jeune Pinchon !

PB : Vous en êtes membre, mais ne faîtes pas partie du Bureau. Comment percevez-vous l’AER ?

FL : L’Association des Amis de l’Ecole de Rouen est un parfait moteur qui tient les peintres que l’on aime, au dessus de la ligne de flottaison. Mais avant d’arriver à la reconnaissance de cette ‘Ecole’, il faudra beaucoup de persévérance, de détermination. C’est un travail de très longue haleine. Or, cette reconnaissance passe par une expo à Paris.

Avec cette majestueuse expo de Rueil, dont je regrette le désistement de prêt du Musée de Swansea auquel François Depeaux a fait don en 1911 de 6 toiles, nous nous approchons de la Capitale, et nous bouleversons un peu les jugements tout faits qui font de Albert Lebourg, par exemple, un petit paysagiste des bords de Seine.

PB: Pourtant l’expo du Musée de Rouen en 2010, Normandie Impressionniste, à laquelle l’AER a contribué comme, du reste, à Vernon et Bernay, a du faire bouger cette image un peu figée ?

FL : Au bout de 30 ans de semence (le 1er ouvrage de François Lespinasse date 1980, NDR), l’expo de Rouen de 2010 a montré les Maîtres (Gauguin, Monet, Pissarro) et, à leurs cotés, les Peintres avec un grand P, notamment Les 3 Mousquetaires (Lemaître, Angrand, Frechon et Delattre, NDR) dont on a vu qu’ils n’étaient ni des ‘suiveurs’, ni des ‘petits maîtres’. Charles Frechon a, vraisemblablement, atteint une envergure nationale ; Charles Angrand la possède, lui, sûrement désormais ; le tour de Joseph Delattre s’approche ; quant à Lebourg, il pâtit de cette image bien collée de ‘petit impressionniste des bords de Seine’ que l’on ne gommera uniquement que par une importante rétro à Paris ou à Rouen. On y dévoilerait une période algérienne (1872 – 1877, NDR) totalement délaissée aujourd’hui, alors que Lebourg y développe un impressionnisme éclatant de lumière ; idem pour son voyage en Hollande ou à La Rochelle.

Dans un même état d’esprit, les ‘Autorités’ considèrent encore ‘l’Ecole de Rouen’ comme un mouvement régional mineur ! Alors qu’il ne faut pas oublier que Lebourg participe 2 fois aux 4ème et 5ème Exposition Impressionniste de 1879 et 1880, côtoyant alors les plus grands !

PB: Quels sont vos recherches actuelles, vos projets ?

FL : En ce moment, je m’attelle à la correspondance de Albert Lebourg, 820 lettres à ce jour, qui se révèle cruciale pour la compréhension des échanges artistiques entre Paris et Rouen. »

 

(1) La 1ère passion de François Lespinasse fut La Montagne, avec conquête de hauts sommets de par le monde, dont le Chopicalqui au Pérou (6.390m).

 

                                                                       Propos recueillis par Pierre Buychaut

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Normandie impressionniste au Musée des Beaux-arts de BERNAY

5 Février 2011, 21:04pm

Publié par le webmaster

En plus de l’expo du Musée des Beaux Arts de Rouen, notre association a participé également en 2010 à deux autres manifestations d’envergure lors de « Normandie Impressionniste » : La Seine au Musée de Vernon et Jardins enchanteurs jardins impressionnistes de l’Ecole de Rouen, au Musée de Bernay.

Cette dernière manifestation a attiré 6 133 visiteurs

(soit 60 visiteurs/jour en moyenne).

En comparaison, les trois dernières expos organisées à l’été 2009 par le MuséeDans le jardin [320x200]

ont reçu 5658 visiteurs

Co-Errances dans l’abbatiale (été 2009)…………………  2.701 visiteurs 

La faïence des Caussy au XVIIIe siècle (été 2009)………1.407 visiteurs

Fréquentation des collections permanentes………………1.550 visiteurs.

En moyenne, le Musée des Beaux-Arts de Bernay accueille 6.000 visiteurs par an. 

 


Origines géographiques des visiteurs

de l’exposition « Jardins Enchanteurs, Jardins Impressionnistes de l’École de Rouen »

86% sont des Français,  

14% des Étrangers.

 

Publications

visit Bernay-France [320x200]348 catalogues,

en comparaison d’une moyenne entre 50 et 70 

pour les expos des années précédentes.

Rappelons que notre association

a activement soutenu cette manifestation

en prêtant la grande majorité des œuvres exposées.


visit Bernay-Etrangers [320x200]

 

                                                                                                        

  

                                                                                                    Pierre Buychaut

 

R.A.PINCHON - "dans le jardin" - oeuvre exposée

Sources : Musée de Bernay

Merci à Delphine Campagnolle

 

clqier sur l'image pour l'agrandir

 

 


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NORMANDIE IMPRESSIONNISTE - MUSEE DES BEAUX-ARTS DE ROUEN - BILAN

14 Janvier 2011, 21:54pm

Publié par le webmaster

Voila déjà quatre mois que le Musée des Beaux-Arts de Rouen a fermé ses portes sur, vraisemblablement, la plus fameuse de ses expositions. Une volonté politique forte et haut placée, un sujet quant à lui apolitique, se basant sur un mouvement artistique non contemporain et donc reconnu par tous c'est-à-dire sans véritable controverse, fédérateur, car s’appuyant sur une région bien délimitée, quelques signatures reconnues, un bon appui journalistique travaillé en amont, sont la clé de ce succès.

En comparaison, les trois dernières expos au Musée des Beaux-Arts de Rouen :

Les Offices de Florence (été 2006)………………….87.000 visiteurs, soit 916 par jour

Le Mythe de l’Ouest Américain (automne 2007)…..35.000 visiteurs

Rétrospective Charles Frechon (été 2008)…………13.580 visiteurs

Ancien record, mais sur presque 5 mois et pour la réouverture du Musée après travaux :

Les Cathédrales de Monet (été-automne 1994)………….130.000 visiteurs

En moyenne, le Musée des Beaux-Arts de Rouen accueille 90.000 visiteurs par an.

Et puis, dans le monde en 2009 :

Exposition Rodin (Musée d’Orsay 2009)………………………………………………173.351 visiteurs

L’art et l’amour dans l’Italie de la Renaissance (Metropolitan New York 2009)…...200.692 visiteurs

Picasso (National Gallery Londres 2009)……………………………………………...204.862 visiteurs

Et un record,

Picasso et les Maîtres (Paris hiver 2008-2009)……………780.000 visiteurs

DONC,

Une ville pour l’impressionnisme, Monet, Pissarro, Gauguin à Rouen (été 2010)

Avec soirées, petit-déj, vernissages, laissez-passer :

238 395 visiteurs soit  2406 visiteurs/jour en moyenne

GROUPES

8.5 % de groupes, 970 groupes accueillis, 20 280 personnes

ORIGINES GEOGRAPHIQUES (sans les 16 653 billets ticketnet)

90 % français

dont   82 % Normandie,   9.5 % Ile de France,  9.5  % autres régions

10 % étrangers

- dont   81 % européens (21% anglais, 14% italiens, 11 % belges, 11% allemands,  6.5% Pays-Bas,  4% espagnols…)

- dont 11.5% américains

- dont 5% asiatiques avec 3% japonais.

VISITES COMMENTEES

338 visites commentées pour le public individuel, 9890 personnes, soit 29 personnes par visite

AUDIOGUIDES

26 007 audioguides soit environ 262 en moyenne par jour, soit 11 % des visiteurs individuels

TICKETNET

16 653 visiteurs venus par ticketnet, 168 personnes moyenne jour, 7 % des visiteurs individuels

PUBLICATIONS

6692 catalogues français, 21 010 Connaissance des arts et 143 catalogues anglais (l’Armitière musées)

Rappelons que notre association y avait prêté un Léon-Jules LEMAITRE, ‘La Seine à Croisset’ (hst sbd 27x46), circa 1888.

 

                                                                                                                      Pierre Buychaut

 

 

Sources : Musée de Rouen

 

 

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