15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 12:20

C'est avec un immense plaisir et beaucoup de fierté que nous accueillons dans ces pages, Marie-France VILCOQ, femme de lettres proche de René CHAR, esthète et amateur de dessin, qui nous fait partager son sentiment à propos d'un fusain de M. FRECHON.

Ce dessin, au noir profond, représente un pilier sous la lumière des vitraux de la Cathédrale de Rouen, dans la lignée des colonnades. Cette oeuvre se fait l'écho de l'exposition actuelle du Musée des Beaux-Arts de Rouen "Cathédrales, un mythe moderne" jusqu'au 31 août 2014.

Hubert PRIAUCEY, chroniqueur aux A.E.R

 

 "D’un côté l’émotion, de l’autre la matière délicate du fusain.

Ce dessin est pour moi un support de méditation plus encore que de contemplation.

Comme l’artiste, je me laisse emportée doucement par le geste maîtrisé, au fil de l’espace et du temps de cet univers sacré, proprement spirituel et sa lumière insaisissable.

La douceur de la pierre, sa verticalité, sa sévérité, sa substance secrète - le pilier est caressé le long de sa montée intérieure dans une dissipation de la lumière -  pleinement éclairée, installée au centre d’une intimité, sa présence nous transporte au cœur de la matière traversée par le temps.

L’existence d’une silhouette blanche se tient là comme une apparition chaste, austère comme la pierre, aride de par son exil, sa solitude.

Nous sommes là dans une rêverie de l’ascension, une traversée des apparences, un dépouillement de soi, une extase, un abandon, une vacuité, un silence, dans un appétit de transcendance comme un rêveur qui se voit arrivé au paradis.

Cohabitation de la légèreté et de l’apesanteur, de l’ascétisme et de l’attrait.

Ce lieu de création abrite une lenteur et une nuit, une nuit qui nous fait rayonner vers un au-delà, une solitude essentielle.

La lumière qui se dégage aboutit au surgissement d’un espace, à la signification même de ce fusain.

Un élan, une aspiration vers un ailleurs où il n’y aurait ni ombre ni lumière, dans un climat de sensible espérance ".

 

Marie-France Vilcoq, Muids juillet 2014

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M. FRECHON (1892-1974) - St-Vincent, piliers (1935) fusain SBD 102x72 - coll.part.

M. FRECHON (1892-1974) - St-Vincent, piliers (1935) fusain SBD 102x72 - coll.part.

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 12:44
HENRY VIGNET à LA BOUILLEHENRY VIGNET à LA BOUILLE

Si, en cette fin de vacances, vous avez quelqu'envie de promenade au bord de l'eau, il faut absolument flâner à LA BOUILLE sur les quais de la Seine et dans les ruelles de cette charmante bourgade qui organise cet été jusqu'au 15 octobre une animation gratuite sur l'œuvre de HENRY VIGNET à LA BOUILLE.

HENRY VIGNET est né à ROUEN en 1857. Décorateur, antiquaire, naturaliste et peintre de renom, il peint en 1875 sa première toile, une vue de MEUDON, et devient élève de ZACHARIE et de LEBET à l'Académie de peinture Sainte-Marie. Remarqué au Salon de ROUEN en 1891, il est récompensé d'une médaille de bronze et continue de participer à de nombreuses autres expositions. HENRY VIGNET s'éteint le 25 décembre 1920 à NYONS(Drôme).

 Il est un des fondateurs de l'École de ROUEN.

Actuellement, un diaporama de 8 minutes tourne en boucle sur un écran tv à l'intérieur de l'Église de LA BOUILLE; vous pouvez le visionner sur "youtube" en cliquant sur le lien suivant 

   http://youtu.be/ZfYIlhxFR7c 

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 12:08
P.A. RENOIR - la yole -1875 - London National Gallery

P.A. RENOIR - la yole -1875 - London National Gallery

​Chers Amis AER,

Voici, communiqués par Sylvain AMIC, Conservateur des Musées de Rouen, les chiffres des entrées de l'exposition "éblouissants reflets" qui a été présentée par le MBA dans le cadre de NORMANDIE IMPRESSIONNISTES 2013 (du 29 avril au 30 septembre 2013).

182368 visiteurs (136 jours d'ouverture)

120367 payants

62001 gratuits (dont 20294 de -26 ans et 8516 scolaires).

Vous noterez pour info l'affluence des visiteurs Américains et des Britanniques, Allemands, Belges et Italiens qui sont venus en force (voir détails en P.J.)

merci à  Mr BIGOT, Chef du Service des Publics du M.B.A Rouen, des iinformations aimablement communiquées sur la fréquentation 2013 de leur belle exposition.

JACBA et  B. AURPEUTHY

ps. pour aggrandir les tableaux, cliquer gauche sur la vignette

statistiques entrées MBA "éblouissants reflets" NI 2013 statistiques entrées MBA "éblouissants reflets" NI 2013 statistiques entrées MBA "éblouissants reflets" NI 2013

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 11:43

 Pierre DUMONT (1884-1936)

 

QUAND ? : 1912

 

QU’EST-CE ? : La Cathédrale de Rouen (huile sur toile, Milwaukee Art Museum)

 

COMMENT ? :

Nous ne reviendrons pas sur la vie tumultueuse de Pierre Dumont et dont la carrière le fut tout autant.

Car, en créant, en 1907, « Le Groupe des XXX », il fait venir et exposer à Rouen la fine fleur des Avant-Gardistes parisiens comme Matisse, Marquet, Derain, de Vlaminck, Utrillo, Friesz... à coté de ses compagnons les Duchamp, Pinchon, Hodé, Louvrier, Tirvert ainsi que ses aînés Charles Angrand et Charles Frechon ! Autant dire que Pierre Dumont figure à la pointe des recherches artistiques de son époque.

Non content de cette 'bombe' artistique rouennaise, il transforme ce groupe en 1909 qui devient « La Société Normande de Peinture Moderne ». Le point d'orgue de ce nouveau groupe, date, sans contestation, de l'exposition de juin 1912 au Skating de L'Ile Lacroix, où Apollinaire tient conférence sur l'Avant-Garde artistique : « le sublime moderne ».

Puis c'est le "Bateau Lavoir" à Montmartre, et la naissance de « La Section d'Or » en 1912 à Puteaux avec les frères Duchamp (Marcel, Jacques Villon et Raymond Duchamp-Villon), Apollinaire, Léger, Kupka, Metzinger...  Une certaine philosophie du cubisme, qui a vu le jour vers 1907 avec Braque et Picasso, est au centre de leurs réflexions.

Notre toile est le fruit de ces recherches. Hélas, Pierre Dumont n'élabore qu'une petit poignée d’œuvres de cet acabit.

Construite d'une myriade de facettes planes, cette Cathédrale de Rouen rompt avec les compositions cubistes plus géométriques de Braque et Picasso.

Le pourtour de la composition est noyée d'éléments sombres, mettant alors en lumière la Cathédrale.

Sa base s'agence de facettes terreuses et de triangles à la pointe aiguë tournée vers le centre de la composition, tels les pavés du parvis reflétant l'architecture gothique, guidant ainsi le regard du spectateur.

En scrutant le milieu de la toile, vous découvrez alors la Cathédrale : admirez la Rosace dans l'exact centre de la toile ; les Tourelles encadrant les portails ; les deux Pignons surplombant la Rosace ; les Contreforts de chaque coté ; enfin, la flèche en fonte chapeautant l'ensemble ; serait-ce l'Abbatiale St Ouen et l'église St Maclou de part et d'autre de la tour principale ?

Et la partie supérieure de la composition : une multitude d'éléments sphériques de différentes tonalités, mais toutes claires : la représentation de l'astre solaire avec ses rayons dardant le monument et ses prismes chromatiques.

Ajoutons sa taille imposante, de presque 2 mètres de haut sur 1 mètre 40, dimensions rares dans l'histoire des compositions cubistes.

Regrettons enfin, que, dans le cadre de la magistrale exposition « Cathédrales, un mythe moderne », cette fabuleuse œuvre de Pierre Dumont n'ait pu rejoindre les cimaises du Musée des Beaux Arts de Rouen  (jusqu'au 31 août 2014)

 

Brice AURPEUTHY

 

la CATHEDRALE DE ROUEN - Pierre DUMONT (1912)

 

Robert-Antoine PINCHON et Pierre Dumont (assis)
Robert-Antoine PINCHON et Pierre Dumont (assis)

Robert-Antoine PINCHON et Pierre Dumont (assis)

le naufrage du TITANIC (Hérodote.net)

le naufrage du TITANIC (Hérodote.net)

et dans le Monde...

 

Comme l'écrit si bien notre Ami Brice, Pierre DUMONT est un talentueux représentant du mouvement pictural qui vient d'éclore dans ce début de siècle, bouleversant la notion de la vision traditionnelle de l'art occidental : le CUBISME.

 A la fin des années 1870, Paul CEZANNE construit ses paysages à l'aide de plans colorés et de cubes simplifiant ainsi la lecture de ses compositions (cf. "L'Estaque" - 1878 Musée d'ORSAY). Ce phénomène géométrique s'intensifie dans ses études suivantes, comme ses Natures Mortes, ses Joueurs de Cartes et ses Baigneuses.

A la suite de sa découverte avec son ami BRAQUE, de masques africains à la devanture d'un antiquaire parisien, puis de sa fascination.,PICASSO est considéré comme le père du CUBISME avec ses "Demoiselles d'Avignon" (NDLR - maisons closes d'un quartier de Barcelone), peintes en 1907 (année de fondation du Cubisme pour les Historiens d'Art), mais exposées quelques années plus tard, le peintre ayant laissé son œuvre en plan lui- même dérouté par l'innovation de sa composition.

Puis, en 1912,  le cubisme, dit "analytique", s'oriente, avec Pablo PICASSO et Georges BRAQUE, rejoints un peu plus tard, par Juan GRIS et le sculpteur Henri LAURENS dans leurs ateliers de Montmartre,, vers une réflexion esthétique nouvelle des niveaux de référence au réel en utilisant des éléments de composition issus du quotidien.

La modernité ne perd néanmoins pas ses droits, puisqu'une EXCEPTIONNELLE exposition, rassembla à COLOGNE en 1912 plus de 650 peintures et sculptures dont 125 VAN GOGH, 25 GAUGUIN, 36 MUNCH et 16 PICASSO.

Le Cubisme naissant influence aussi la jeune génération des peintres des années "dix", Robert DELAUNAY, Fernand LEGER, les frères DUCHAMP, et se fait sentir dans toute l'Europe, débouchant aussi bien sur les "ready-made" que sur  la peinture abstraite et le "constructionnisme" russe de Kasimir MALEVITCH en 1930.

Mais, l'évènement majeur de cette année 1912 qui tint en haleine et bouleversa le monde entier, fut, incontestablement, le catastrophique naufrage du luxueux steamer britannique "le TITANIC"  qui, lors de son voyage inaugural SOUTHAMPTON-NEW-YORK, le 14 avril, heurta un iceberg au large de TERRE-NEUVE, entrainant la disparition de 1500 personnes dans les eaux glacées de l'Atlantique Nord (voir une remarquable vidéo rétrospective récente en ouvrant sur google : tagtele.com/video/voir/82739).

JACBA

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 09:37

Cédric PANNEVEL , Directeur du Service patrimonial et du Musée de BERNAY (Eure) nous demande de vous faire part des statistiques de fréquentation de l’exposition qu’il a organisée à la Salle capitulaire du Musée l’été 2013 dans le cadre de Normandie Impressionnistes sur le thème de  la mer et la campagne sublimées par la pluie et intitulée  « l’eau d’une heure de pluie ». On y a Pendant 4 mois, de juin à septembre inclus, 3041 visiteurs dont 526 élèvess des écoles se sont régulièrement succédés dans la salle d’exposition pour admirer  entre autres ce magnifique pastel de Ch. ANGRAND « les chevaux sous la pluie » (vers 1918).

Cédric PANNEVEL nous avait signalé dans un précédent article (février 2011 - « jardins enchanteurs et impressionnistes  en 2010 ») que la fréquentation annuelle moyenne du Musée de BERNAY est de 6000 personnes.

 

 

LES IMPRESSIONNISTES au Musée de BERNAY en 2013
LES IMPRESSIONNISTES au Musée de BERNAY en 2013

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 15:32

Le corpus éditorial consacré aux salons artistiques de province, initié par Pierre Sanchez, s’enrichit d’une  nouveauté d’importance. Après les salons de Dijon, Lyon et Le Havre, paraissent les Salons de Rouen. Villle Musée selon Michelet, Rouen fut en effet un foyer d’art solide et durable. Les expositions qui y furent organisées montrent souvent une originalité vraie par rapport aux Salons parisiens.

François Lespinasse et Gérard Bonnin sont spécialistes de la peinture normande. François Lespinasse est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages faisant autorité quant à l’École de Rouen ; inlassable chercheur depuis plus de trois décennies, il a sur l’époque picturale rouennaise regard tout à la fois diachronique et synchronique. Gérard Bonnin, orienté davantage vers l’estuaire de la Seine, est l’auteur des récents Salons du Havre.

Ensemble, ils sont parvenus à réunir les trente-neuf livrets des expositions municipales, les livrets de l’exposition des XXX et de la Société de peinture Moderne, les rares catalogues de la Société des Artistes Rouennais ainsi que maints livrets correspondant à des expositions exceptionnelles.

  • L’esprit des Expositions municipales a évolué de 1833 à 1921. De Paul Huet à Eugène Boudin,en passant par Camille Corot, Narcisse Diaz de la Peňa, Félix Ziem ou Théodore Rousseau, l’exposition a accueilli tous les meilleurs représentants de l’Ecole de la Nature chère à Pierre Miquel. Les très académiques Bouguereau, Bonnat ou Laurens y furent également encensés et Rosa Bonheur de même ; et puis, la modernité s’insinua (et finit par s’installer) avec Jongkind, Monet, Gauguin,  Pissarro, Valtat,  Sérusier, Bonnard et tant d’autres.
  • L’exposition des XXX (1907) et les cinq expositions de la Société de Peinture Moderne (1909 à 1914), très inspirée de la Libre Esthétique Bruxelloise sont prestigieuses : Matisse, Angrand, Picabia, Dufy, Saint-Délis, Juan Gris, Larionov et Natalia Gontcharova ne sont qu’un minuscule abrégé des artistes notoires qui furent les invités de ces manifestations.
  • Les Salons des Artistes Rouennais ont rendu compte, année après année, du dynamisme extraordinaire de l’École de Rouen, Angrand et Lebourg, Frechon, Lemaitre et Delattre, Couchaux et Louvrier, Dumont, Pinchon ,Hodé sont des maîtres. Ils ont une manière d’écriture propre, comme s’ils avaient écouté et entendu Montaigne : « me peignant pour autrui, je me suis peint en moi de couleurs plus vives que n’étaient les miennes premières ».
  • Et puis, de l’Exposition Nationale et Coloniale de 1896 jusqu’à la fabuleuse (et au catalogue introuvable) Exposition des peintres de la Mer en 1918-1919, sans méconnaître les manifestations de solidarité lors des deux guerres, Rouen ne manqua aucune occasion de parler (ou de se faire entendre) par la voix de la  peinture. Si créer c’est vivre deux fois, comme le disait Camus, ils sont assurément légion ces artistes admirés à Rouen, qui sont encore bien vivants.

 

La collection est donc tout à fait exhaustive ; elle se concrétise en un ensemble impressionnant de trois volumes de 670 pages chacun (2010 pages) et Pierre.SANCHEZ a enrichi la notice de chaque artiste (8000 artistes à exposer à Rouen dans les expositions de groupe de1833 à 1947) de références à leurs participations hors la Ville de Rouen..

 

Pierre Sanchez - Ed. l'Echelle deJacob

Pierre Sanchez - Ed. l'Echelle deJacob

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 15:23
BON DE COMMANDE (salons et expo.Rouen - ed. Echelle de Jacob).

TROIS VOLUMES format 16x24 cm de 670 pages chacun (2010 pages)

reliés, cousus, collés, dos ronds, tranchefiles, signets, impression sur papier 70g

couverture sur carte 300g recouverte de toile du Marais

ISBN des 3 tomes : 9782359680447

Prix de vente : 327€ - tirage strictement limité à 300 exemplaires

NOM :………………………………………………………………………………………

ADRESSE :………………………………………………………………………………………….

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DÉSIRE RECEVOIR :

……………exemplaire(s) T. III à V (327€) : les Salons de Rouen (1833-1947)

……………exemplaire(s) (70€) : les salons de Dijon (1771-1950)

……………exemplaire(s) T. I à III (327€) : les salons de Lyon (1786-1918)

……………exemplaire(s) T. I et II (96€) : les salons de Lyon (1919-1945)

Franco de port pour la France et l’étranger

soit un montant de……………€

RÈGLEMENT :

à la commande par chèque sur une banque française en €, à l’ordre de l’Échelle de Jacob, ou par virement bancaire

signature : date :

bulletin à retourner à : L’Échelle de Jacob – 55 avenue Victor Hugo – 21000-DIJON

Tél. : 06 85 72 41 76 - e.mail : pierresanchez@neuf.fr - site internet : www.echelledejacob.fr

Ouvrage également disponible :

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 17:18

 

 

Après de solides études scientifiques (Bac E puis DEUG de Physique), Sylvain Amic se tourne vers l'Education Nationale.

Pendant huit années d’enseignement, il poursuit en parallèle d’autres études, Langue et Civilisation Chinoise, puis Histoire de l'Art. Lauréat du concours de l'Ecole Nationale du Patrimoine en 1998, il se voit confier à sa sortie la charge de 'Conservateur XIXe, Art moderne et contemporain' au Musée Fabre de Montpellier. Il est, depuis septembre 2011, Directeur des Musées de Rouen.

 

Q : « Vous avez été, ainsi, en contact avec le truculent Maire de Montpellier, feu Georges Frêche ? 

 

Sylvain Amic : En effet, c’est lui qui m’a recruté et cela a été une expérience des plus fortes que de côtoyer un leader politique assez visionnaire, aux décisions sans appel. Il a beaucoup fait pour le développement de sa ville, de la culture en général et tout spécialement du Musée Fabre, en décidant la rénovation complète des bâtiments qui occasionna leur fermeture durant 5 longues années, pour un montant de 65 millions €. Pendant tout cet épisode, nous avons vécu le déménagement, les travaux, le chantier des collections, les expositions hors les murs, tout en maintenant une programmation au Pavillon populaire.

 

Q : Par exemple ?

 

SA : Durant mes 11 années au Musée Fabre, j’ai monté 24 expositions, grandes et petites. Les plus significatives avant la réouverture sont 'La Section d'or' en 2000, ma première exposition, où figurait déjà Pierre Dumont, grand peintre de 'l'Ecole de Rouen' ! Puis 'Kupka', 'Bonjour M. Courbet', 'Zao Wou-Ki' (qui a également été présent lors du 'Temps des Collections 2012' à Rouen, NDLR), et un joli dossier sur Bazille. Georges Frêche avait opportunément décidé que plus aucune œuvre de Frédéric Bazille ne passerait en vente de part le monde sans que la Ville de Montpellier ne soit sur les rangs ! Il y a désormais plus d’une quinzaine de toiles dans les collections du musée !

 

Q : Bazille qui mourut lors des premières escarmouches de la guerre de 1870 à l'âge de 28 ans, alors que son ami, Claude Monet s'était réfugié à Londres avec d'autres peintres...

 

SA : Et oui ! Bazille n'a laissé qu'une soixantaine d’œuvres ce qui, pour une vie de peintre, n’est qu’une œuvre de jeunesse. Ses dernières toiles laissaient entrevoir une inflexion significative dans son travail, peut-être vers Puvis de Chavannes.

A la réouverture du musée en 2007, une salle lui était consacrée dans l'exposition 'L’impressionnisme, de France et d’Amérique' dont j’étais le commissaire. Le rythme des grandes expositions n’a plus faibli, avec 'La couleur toujours recommencée', un hommage au marchand parisien Jean Fournier, la grande rétrospective 'Gustave Courbet', 'La vidéo, un art, une histoire' avec le Centre Pompidou, puis 'Emil Nolde', pour mon premier commissariat au Grand Palais, et enfin 'Alexandre Cabanel'.

 

Q : La fin du XIXème siècle est une période qui requiert votre attention !

 

SA : Le XIXème tout entier, car c’est la naissance du monde moderne. Tout ce qui fait notre contemporanéité se noue dans cette période-clef. L'artiste acquiert un nouveau statut, la démocratie finit par s’imposer, les innovations techniques foisonnent, c’est la révolution de la photographie !

 

Q : Photographie que vous avez accrochée à Rouen pour le festival Normandie Impressionniste 2013...

 

SA : Oui, je souhaitais accompagner les chefs-d’oeuvre de l’impressionnisme par les premiers chefs-d’œuvre de la photographie.

Monet est né en 1840, l’année de l’invention du négatif par Talbot, un an après la présentation du procédé de Louis Daguerre au public. Avec la commissaire de cette partie de l’exposition, Virginie Chardin, nous avons eu les mêmes exigences pour ces photographies que pour les toiles : les grands maîtres comme Le Gray ou Atget, les meilleurs tirages, même s’il fallait les chercher au MOMA.

Ce niveau d'exigence, c’est un peu le statut de ce musée qui l’impose. Rouen possède une collection de dimension internationale ; de grandes personnalités, comme Pierre Rosenberg, y ont fait leurs débuts ! Le musée a reçu de grandes donations comme celles de Depeaux bien sûr, mais aussi Hédou, Lebreton ou Baderou. Diederik Bakhuys (conservateur du Cabinet des Dessins du Musée de Rouen, NDLR) prépare une grande exposition sur le dessin français du XVIIIème, 'Trésors de l’ombre' (du 22 novembre 2013 au 24 février 2014), qui va rendre grâce à ces collectionneurs, mais aussi aux conservateurs qui ont œuvré pour les attirer.

 

Q : Comment avez-vous connu 'l'Ecole de Rouen' ?

 

SA : Nous avions deux Lebourg à Montpellier ! Je connaissais Angrand, superbe et rare, Pierre Hodé sûrement, Dumont avec 'La Section d'or' (il est même l’auteur du tableau éponyme).

Mais Charles Frechon m'étais inconnu, je me souviens de ma surprise en 2008 en recevant le carton d’invitation de Rouen ! J’ai découvert son œuvre avec le magnifique catalogue de Laurent Salomé.

Joseph Delattre a été une révélation grâce à la rétrospective organisée par votre Association au Conseil Général fin 2012. C’est vraiment un pivot dans le groupe.

J’ai découvert Lemaître dans les réserves du musée, avec beaucoup de curiosité ; voilà un peintre qui mériterait aussi que l’on s’intéresse à lui ! Il me fait penser à De Nittis (1846-1884).

Quant à Pinchon, la rapidité avec laquelle il a assimilé les plus modernes dans sa jeunesse me subjugue. Dans les premières années du siècle, je le rapproche de Jawlensky (1864-1941), de la peinture allemande, qui voit la couleur prendre le pas sur la composition. On voit que les peintres du crû peuvent dialoguer avec les mouvements picturaux internationaux.

 

Q : Et votre sentiment ?

 

SA : Pendant mes études d’histoire de l’art, j’ai beaucoup travaillé sur les artistes du pays de Nice au XIXème siècle, comme Hercule Trachel, Costa, Fricéro, Mossa, etc... Nous avons publié quelques livres avec mon ami Jean-Paul Potron et l’Academia Nissarda. Ces artistes nous montrent une réalité perdue, en peignant, par exemple, le premier chemin de fer qui arrivait à Nice ou 'La Promenade des Anglais' qui n'était qu'un modeste chemin... A Montpellier, j'avais fait rénover tout le fonds régional et créé, à la suite, une salle dédiée à ce fonds. Je suis très favorable aux Ecoles régionales, étant moi-même un provincial. Elles forment un substrat indispensable à l’émergence des grands maîtres.

 

Q : C'est pourquoi une salle 'Rouen et son Ecole' figurait dans votre expo 'Eblouissants reflets'.

 

SA : Je tenais à ce que l'Ecole de Rouen soit présente ! Mais, il fallait aussi se démarquer de l’exposition de 2010, qui avait fait une grande place à L'Ecole de Rouen. Il était logique pour le premier festival, de mettre à l’honneur Rouen comme sujet pour l’impressionnisme, mais du coup tout (ou presque !) a été dit. En 2013, le choix était de sortir du seul motif rouennais et de se tourner d'avantage vers l'Histoire de l'Art ! Mais nous en avons profité pour lever un mécénat et mener une campagne de restauration du fonds Depeaux dans les collections permanentes.

 

Q : Oui, cela était précisé sur les cartels de l'exposition.

 

SA : Et d'ailleurs, j'aimerais retravailler cette salle montrant 'L'Ecole de Rouen' dans les collections permanentes, un peu au niveau de l’éclairage, la couleur, qui mettraient mieux en valeur cette partie de la collection.

 

Q : Pierre Hodé sera sur les cimaises dans le cadre du 'Temps des Collections 2014-2015' ?

 

SA : Nous pensons en effet à une sélection de 20-30 œuvres. Hodé est vraiment un peintre intéressant, avec sa conception synthétique. Ses 'Ports de Rouen' sont très personnels avec une palette particulière, faite de tons métalliques rehaussés de quelques bruns, sans pittoresque. Et pourtant, ils traduisent une activité industrielle avec plus de sagacité que la peinture descriptive classique.

 

Q : Quel sont vos projets ? Mais, peut-être, allez-vous nous quitter avec le succès de votre exposition 'Eblouissants reflets'* ?

 

SA : Ah non, il n'est pas dans mes intentions de quitter Rouen ! La programmation est calée jusqu’à 2018, avec une exposition de qualité internationale chaque année, produite avec un grand musée européen. Celle qui s'annonce pour le printemps-été 2014, 'Cathédrales, 1789-1914, Un mythe moderne', explore la place de ce monument dans l'Histoire de l'Art (en partenariat franco-allemand et le Wallraf Richartz Museum de Cologne).

Et puis il y a cet autre temps fort chaque année à l’automne, 'Le Temps des collections', qui a pour but de valoriser ces fonds extraordinaires, et d’ouvrir nos portes à de nouveaux regards. Cette année, nous avons invité le designer Olivia Putman, l’ancien directeur du MNAM Germain Viatte, les artistes François Morellet, Bertrand Gadenne etc...

Ce nouveau cadre nous donne une grande liberté, et les sujets sont inépuisables ! L’automne et l’hiver sont désormais tout entiers consacrés à nos collections, avec cette année, en sus, une grande exposition, 'Trésors de l’ombre', 150 dessins du XVIIIème siècle français appartenant au Cabinet du Musée, seront présentés au public, dont de nombreux inédits.

Cela fait beaucoup de raisons pour poursuivre le travail ici, sans compter le développement des musées et les travaux qui pourraient se décider.

 

Q : Avez-vous des informations sur le prochain festival 'Normandie Impressionniste ?

 

SA : Il semblerait que le rythme triennal se confirme. Nous partirions donc pour 2016. Et puis je vous l'avoue : je suis un peu rassasié du 'Paysage' après deux éditions sur ce sujet. Je pense que le public apprécierait un renouvellement, avec un thème plus centré sur la figure. Nous y travaillions d’ores et déjà, mais on ne peut encore rien dire ! »

 

*L'exposition rouennaise 'Eblouissants reflets' a compté 182.368 visiteurs ; Le Havre : 81.709 ; et Caen : 77.869 (sources '76 ACTU')

 

 

Propos recueillis par Pierre Buychaut

 

 

 

INTERVIEW DE SYLVAIN AMIC
Sylvain AMIC

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 12:37

Suite à la parution de l'interview de Sylvain AMIC, Directeur des Musées de Rouen, nous avons l'avantage de vous présenter les deux LEBOURG (1849-1928) appartenant aux collections du Musée Fabre de Montpellier.

Le premier date de 1888, lors d'un voyage rapide que fait notre peintre à La Rochelle. Mais c'est en 1905 qu'Albert Lebourg aborde ce port si pittoresque avec la plénitude de ses talents impressionnistes. Sa toile nous montre l'avant port avec sa vue sur l'océan.

Le second, de 1898, représente l'ancien Pont de pierre reliant Sartrouville à Maisons-Lafitte, datant de 1872, et faisant suite à celui de 1855 détruit en 1870 devant les forces prussiennes et reconstruit donc après les hostilités.

 

Sources biblio: François Lespinasse

Crédit photographique: Musée Fabre de Montpellier Agglomération ; cliché : Frédéric Jaulmes

Un grand merci à Guillaume Assié du Sce reproduction du Musée Fabre de Montpellier

 

 

Alber LEBOURG : La Rochelle 1888 ; Maisons-Lafitte 1898Alber LEBOURG : La Rochelle 1888 ; Maisons-Lafitte 1898

Alber LEBOURG : La Rochelle 1888 ; Maisons-Lafitte 1898

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 23:02

LES AMIS DE L’ECOLE DE ROUEN

Association régie par la loi de 1901 Le 6 Janvier 2014

437 rue de Griolet

76320 saint pierre les elbeuf

0235811771 - 0613504630

 

 

 

Cher(e) Ami(e) Membre ,

 

Permettez moi de vous présenter mes tout meilleurs voeux de santé, de prospérité et de découvertes artistiques pour cette année 2014 qui commence.

 

Depuis sa création en 2008 notre site Internet a vu le nombre de ses rubriques s’enrichir et je ne saurai trop vous encourager à lui rendre régulièrement visite afin de suivre au mieux l’évolution de nos projets.

 

L’année 2013 a été marquée par le festival Normandie impressionniste.

A ce titre, outre des prêts dans différents musées (Rouen, Bernay, Elbeuf, Vire) , notre association s’est plus particulièrement impliquée dans la belle exposition rendant hommage, pendant l’été, à Albert LEBOURG à la Maison des Arts de Grand Quevilly.

 

 

Nous discutons actuellement avec le Musée des Beaux Arts de Rouen pour une possible exposition à l’automne 2014 consacrée aux œuvres de Pierre HODE.

 

Nous continuons également notre recherche d’une salle à Paris pour nous permettre de mettre en lumière les plus belles toiles de nos chers Artistes.

 

Nous sommes également en contact avec les Etats –Unis et espérons que 2014 nous permettra de finaliser la tenue d’une exposition.

 

Nous ne manquerons pas de vous tenir prochainement informé de l’ état d’avancement de ces projets.

 

D’autre part, le moment est arrivé de renouveler votre cotisation pour l’année 2014. Vous savez combien cette contribution est indispensable au bon fonctionnement de l’Association .Le montant de la cotisation est toujours de 20 Euros.

Je vous remercie par avance pour votre prochain règlement à établir à l’ordre de l’AER (ou Amis de l’Ecole de Rouen).

 

Vous renouvelant mes vœux pour cette nouvelle année, je vous prie de croire, Cher(e) Ami(e) Membre, en l’expression de mes sentiments cordiaux.

 

 

Jean-Claude DELAHAYE

 

 

Président de l’Association

 

 

NB : Les adhérents nous ayant rejoints depuis le 01.09.2013 ne sont pas concernés par l’appel à cotisation.

Les Voeux du Président

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Présentation

  • : Les Amis de l'Ecole de Rouen
  • : L’Association a pour objet la promotion des peintres de « L’ECOLE DE ROUEN » ainsi que celle des peintres normands décédés ou vivants. Ses buts sont d’échanger toutes informations permettant une meilleure connaissance des peintres concernés, de mettre en place ou de participer à la mise en place d’expositions visant à mieux faire connaître les peintres de l’ECOLE DE ROUEN et les peintres normands, de permettre à ses membres de rechercher des documents et archives propres à ces artistes.
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