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Les Amis de l'Ecole de Rouen

interview par Pierre BUYCHAUT de François LESPINASSE (14)

20 Décembre 2014, 15:02pm

Publié par le webmaster

A peine avons-nous interviewé Madame DUC, petite fille de Pierre HODÉ, et Madame PHILIPPE-MAILLE, filleule et nièce de Pierre HODÉ, que nous rencontrons François LESPINASSE dans cette même salle d'exposition consacrée à Pierre HODÉ par le Musée des Beaux-arts de Rouen.

Edité par notre Association des Amis des Peintres de l'Ecole de Rouen, un ouvrage est sorti des recherches récentes de François LESPINASSE sur notre peintre *.

* Pierre HODÉ par F.Lespinasse, en vente - 20€ au Musée des Beaux-arts et à la Librairie L'Armitière de ROUEN 

 

interview par Pierre BUYCHAUT de François LESPINASSE (14)

Pierre BUYCHAUT : nous voilà devant 25 toiles de Pierre HODÉ...

François LESPINASSE : C'est un travail remarquable de réunir 25 œuvres dans cette petite salle et j'en suis, comme vous pouvez le constater, tout ému ! Le Musée de Honfleur, en son temps, en avait réuni une soixantaine de numéros (Musée Eugène BOUDIN de Honfleur du 04 juillet au 27 septembre 1987, NDR). La sélection du Musée de Rouen est absolument brillante !

Pierre BUYCHAUT : peut-on s'arrêter sur une œuvre qui vous tient à cœur ?

François LESPINASSE: non, tout est sympathique et il y a des choses de grande qualité.

Pierre BUYCHAUT : Pierre HODÉ à ses débuts ? Il est autodidacte...

François LESPINASSE : on situe ses premières toiles, ses premières hésitations, vers 1909, il a 20 ans. Et de 1909 à 1914, il regarde évidemment du côté de PINCHON (Robert-Antoine PINCHON, 1886-1943, NDR), mais également du côté de DUMONT (Pierre DUMONT, 1884-1936, NDR) à qui il doit tout, comme il le dira avec beaucoup d'humilité. Mais de tous les artistes qu'il a fréquenté, c'est indiscutablement PINCHON qui lui a mis le pied à l'étrier et qui lui a apporté le plus au niveau pictural et surtout au niveau chromatique.

Pierre BUYCHAUT comme cette 'Maison Bleue' ?

François LESPINASSE : oui, cette composition est superbe ! Il y a recherche de tons et d'équilibre dans la composition, et cette toile montre toutes les hésitations d'un Pierre HODÉ débutant. Il est confronté, à cette époque, à tous les tumultes de la 'Société Normande de Peinture Moderne' (Société artistique créée par Pierre DUMONT en juin 1909 ; Robert-Antoine PINCHON en est membre du bureau, NDR). On voit bien, qu'à cette époque, il veut assimiler la leçon de Lebourg (1849-1928), comme celle de Joseph DELATTRE (1858-1912) et celle de Charles FRECHON (1856-1929). C'est un très beau début !

"la Maison Bleue" et "la Rue de l'Epicerie" (coll.part.) - cliquer gauche sur une image pour l'agrandir"la Maison Bleue" et "la Rue de l'Epicerie" (coll.part.) - cliquer gauche sur une image pour l'agrandir

"la Maison Bleue" et "la Rue de l'Epicerie" (coll.part.) - cliquer gauche sur une image pour l'agrandir

Pierre BUYCHAUT : allons, si vous le voulez bien, devant la série des Portraits dont celui, très brutal, du boxeur BRETONNEL, champion d'Europe en 1924 et qui met fin à ses jours en 1928 à l'âge de 23 ans.

François LESPINASSE : c'est un portrait que je connais depuis très longtemps. Celui-ci vient d'une collection particulière normande. Je tiens à rappeler qu'un pharmacien installé à Montmartre, Victor BOSSUAT, ami de Félix FÉNÉON mais aussi de Pierre HODÉ, a légué en 1935 au Musée de Nevers, parmi des œuvres magnifiques, un 'Boxeur Bretonnel' de HODÉ et une très très belle 'Lieutenance de Honfleur' absolument superbe et tout à fait remarquable !

Pierre BUYCHAUT : On peut dater ce portrait juste après son trophée européen ?

François LESPINASSE : oui, oui, de 1925.

Pierre BUYCHAUT : et Pierre HODÉ avait entrepris son expérience cubiste quelques années auparavant ?

François LESPINASSE : précisément en1922.

Cette œuvre est la parfaite représentation de la période de 1924 – 1925 où il a été au plus haut niveau du 'synthétisme' et non pas du 'cubisme', car je pense que cette structure de composition ne possède pas de grande attache avec le 'cubisme', mais une recherche synthétique des formes qui est unique en son genre. Il n'a, alors, copié qui que ce soit !

On peut évidemment le rapprocher de Robert et Sonia DELAUNAY à un moment, avec ses compositions concentriques.

Pierre BUYCHAUT : comme la composition 'à la cible' ?

François LESPINASSE : je connais 3 tableaux 'à la cible'. Ce 'rue de l'épicerie à la cible' est un très bel exemple et une belle performance d'avoir pu le recueillir. C'est un tableau que je connais depuis 35 ans.  C'est ce qui me fait dire que plus d’œuvres réunies permettraient une vision beaucoup plus pointue de cet artiste totalement méconnu. Car son œuvre peint est quantitativement très limité puisqu'on le donne autour de 450 numéros, et une rétrospective en en réunissant 80 voire 100, serait absolument prodigieuse !

Et j'ajouterais que si le fils de Pierre HODÉ, Pierre DUCENNE, n'avait pas donné un tableau au Musée de Rouen ('Remorqueurs à Conflans-ste-Honorine', 80x100, 1923, don en 1979, NDR), nous pouvons être certains que cet artiste serait resté très confidentiel !

Pierre BUYCHAUT : vous nous citez ce tableau de Conflans. Alors, cette série de ports ?

François LESPINASSE : Il a habité à Paris à partir de 1913 à l'initiative de DUMONT et a réalisé de nombreux bords de Seine. A la fois de Paris et jusqu'à l'estuaire. Ce serait un thème intéressant à développer, car ses œuvres sont toujours réussies.

Pierre BUYCHAUT : Honfleur ?

"la Lieutenance d'Honfleur" (coll.part.)

"la Lieutenance d'Honfleur" (coll.part.)

François LESPINASSE : Pierre HODÉ a séjourné plusieurs fois à Honfleur, car dès les premières expositions de la 'Société Normande de Peinture Moderne', il montre une 'Lieutenance' de Honfleur. Et puis, en 1924, il passe 6 mois à Honfleur puisqu'il tient la gérance du 'Café de Paris' voisin de 'l’Hôtel de France'. Il entame alors une série de Ports et de Lieutenance de Honfleur tout à fait exceptionnelle !

C'est incontestablement la plénitude de l’œuvre peint de HODÉ. C'est le moment où il est le plus créatif, et où il atteint l’approfondissement de ses recherches ! Là aussi, cette période honfleuraise mériterait une étude à part entière.

Pierre BUYCHAUT : et terminons par le 'Théâtre Synthétique'

François LESPINASSE : c'est une période qui mériterait d'être beaucoup mieux étudiée ! Car, après les années folles, il y a cette période des années 1930 durant lesquelles il rentre "en somnolence", quittant peu à peu la peinture pour se consacrer au développement des éléments structuraux de décors de théâtre. C'est une période importante de sa vie artistique.

Pierre HODE

photographie

Propos recueillis par Pierre Buychaut

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INTERVIEW par Pierre BUYCHAUT de proches parents de Pierre HODE (1889-1942)

7 Décembre 2014, 15:10pm

Publié par le webmaster

De gauche à droite, Mme DUC, M. DUC (fils de Mme DUC et arrière-petit-fils de P.HODE) et Mme PHILIPPE-MAILLE (filleule et nièce de P.HODE)

De gauche à droite, Mme DUC, M. DUC (fils de Mme DUC et arrière-petit-fils de P.HODE) et Mme PHILIPPE-MAILLE (filleule et nièce de P.HODE)

C'est le mercredi 26 novembre 2014, lors du vernissage de la 3ème édition du « Temps des Collections » du Musée des Beaux Arts de Rouen, que nous avons la joie de rencontrer Madame DUC, petite fille et Madame PHILIPPE-MAILLE, filleule et nièce du peintre Pierre HODÉ. En effet, cette édition rend hommage à ce dernier, dans la Salle Jacques-Émile Blanche du Musée.

Cette exposition d'environ 25 toiles, débute par une vitrine de photos, dessins et projets de décors de théâtre, dits 'décors synthétiques', faits d'éléments géométriques cubiques, sphériques et pyramidaux que le metteur en scène peut déplacer à volonté selon la scène. Enfin, l'accrochage montre les différentes périodes d'évolution de style du peintre : Impressionniste au côté de ses pairs PINCHON et DUMONT, "Natures Mortes cubisantes", portraits, puis une série de ports dont Rouen et Honfleur.

Marie-Claude COUDERT, conservateur au Musée de Rouen, est le commissaire de cette exposition.

Nous sommes, avec Mesdames DUC et PHILIPPE-MAILLE, assis face aux œuvres :

Q : « Alors, Mesdames ? 

Mme Philippe-Maille : ma première impression est très bonne et je suis même agréablement surprise !

Mme DUC : Oui oui, c'est très bien aménagé et ce n'est pas une exposition minime. C'est bien !

Q : L'accrochage balaye différents thèmes et périodes…

Mme D : Pierre HODÉ s'est beaucoup cherché. Il s'est inspiré de ses prédécesseurs mais sans jamais les copier. Il n'en a pris que l'inspiration ! Enfin, il a abouti à ses œuvres cubistes, analytiques.

Je dirais que c'est la couleur qui prime chez lui, pour rendre les formes cubistes. Ce n'est pas le trait. Les tons sont doux, sensibles.

Mme PM : Je me souviens de Pierre HODÉ dans son atelier à Montparnasse et, plus que ses tableaux, c'est sa création du « Théâtre Synthétique » qui m'a frappée !

Q : "Le Théâtre Synthétique"...

Mme D : J'ai eu le bonheur de le revoir, il y a une trentaine d'années, pour l'opéra de VERDI, Aïda (1984-POPB, Direction musicale de Michel PLASSON, Mise en scène et décors de Vittorio ROSSI, NDR), où les machinistes déplaçaient le décor géométrique à la vue du public.

Mme PM : Quant à moi, j'ai retrouvé ce "Théâtre Synthétique" au Théâtre des Arts de Rouen, pour le décor de "Véronique" (opéra d'André MESSAGER, en novembre 2008, Direction Nicolas CHALVIN, Mise en scène Alain GARICHOT, NDR).

Q : Vous vouliez nous conter quelques anecdotes ?

Mme D : Oui, Pierre HODÉ était à la fois Artiste et fantaisiste.

Tenez, une fois, il vient me chercher à la sortie de l'école, je devais avoir 7 ans, pour m'emmener voir un opéra des Concerts Colonne (Association créée par E. Colonne en 1873, NDR). Je me souviens, j'étais en tablier noir d'écolière.

Une autre fois, nous étions en famille à St Germain-des-Prés et nous remontions la rue de Rennes. Tout à coup, Pierre HODÉ et mon père décrètent de mimer le 'Paris – Strasbourg' à la marche. Ils se déshabillent alors et, en caleçon et fixe-chaussettes, ils remontent toute l'avenue jusqu'à la gare Montparnasse ! La fantaisie à l'état pur !

Une dernière : un midi à La Coupole, alors qu'il n'avait que très peu de moyens et qu'il venait finir de grignoter une maigre boulette, il se renverse sur sa banquette et il jette au serveur : « Allez, que l'on amène les danseuses hindoues ! ».

Mme PM : Je me souviens de ma communion solennelle, en 1936, à l'abbaye de Fécamp, avec les messieurs en smoking et les dames en robe longue. Arrive mon oncle Pierre HODÉ, qui n'était pas croyant mais toujours fidèle à la famille, en pantalon de velours et chemise écossaise ! Cela avait choqué mais j'étais ravie.

Mme D : Voila, c'était son côté fantaisiste et non conventionnel ! Horreur des honneurs ! Horreur des marchands de tableaux !.

Q : Nous fêtons le centenaire de la guerre de 1914. Pierre HODÉ a été réformé, mais il s'est engagé volontaire en 1917.

Mme D : Oui, il était aux Services de Santé, à ramasser les blessés dans les tranchées où il a été horriblement gazé et dont il est décédé des séquelles en 1942 à l'Hôpital BICHAT.

Je me rappelle que, quand j'étais petite, mon père se levait souvent la nuit afin d'aller chercher des sangsues à la pharmacie, tellement Pierre HODÉ suffoquait ! D'ailleurs, il ne pouvait pas dormir allongé mais assis dans un fauteuil bergère.

J'ajouterais qu'à la guerre de 1940, il s'est engagé avec mon père dans la Résistance ! Au sein du 'Réseau Nord'. Dans le vestibule de son appartement qui n'était jamais fermé à clef, il avait accroché un grand panneau bleu-blanc-rouge sur lequel il avait inscrit : "Ici, on est en FRANCE" !

Q : Un dernier mot sur cette commémoration ?

Mme PM : J'ai beaucoup lutté pour cet hommage, et pour obtenir une stèle dont j'aurais souhaité qu'elle se tienne Bd Pasteur à Rouen. Je suis très heureuse de le voir enfin exposé au Musée des Beaux Arts de Rouen. Et je remercie tous ceux qui ont contribué à sa réalisation de même que l'Association des Amis de l'École de Rouen.

Mme D : Je tiens à dire un grand merci à ma cousine, Mme PHILIPPE-MAILLE, dont je loue la pugnacité. Grâce à elle et à votre Association, Pierre HODÉ est rentré chez lui !

                                                                       Propos recueillis par Pierre Buychaut

 

natures mortes "cubisantes" - vitrines des projets de décors du Théâtre "synthétique" de l'époque impressionniste
natures mortes "cubisantes" - vitrines des projets de décors du Théâtre "synthétique" de l'époque impressionniste

natures mortes "cubisantes" - vitrines des projets de décors du Théâtre "synthétique" de l'époque impressionniste

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François LESPINASSE présente son nouveau livre produit par l'Association et consacré à la biographie du peintre Pierre HODÉ (1889-1942)

15 Novembre 2014, 16:02pm

Publié par le webmaster

​​Notre ami François LESPINASSE, depuis le début de l’année 2014, a mis de côté ses recherches sur l’École de Rouen et François DEPEAUX pour se consacrer à une biographie de Pierre HODÉ (1889-1942). Elle va sortir des presses de l’imprimerie Planète Graphique, à laquelle l‘Association des Amis de l’École de Rouen reste fidèle.

Le livre sera en vente le 26 novembre 2014 (1) en corrélation avec l‘exposition du musée des Beaux arts de Rouen  « Le Temps des Collections» , où une vingtaine de tableaux de Pierre HODÉ seront accrochés sur les cimaises du musée.

Quel sera le contenu de ce nouvel ouvrage ? Cent trente six pages, 97 documents noir et blanc et 115 reproductions couleurs de tableaux. 

Pour ce livre, l’auteur a bénéficié de l’aide de la petite fille de l’artiste. En 1979, François LESPINASSE avait eu l’occasion de rencontrer le fils du peintre, 23 boulevard du Montparnasse à Paris ; un quart de siècle s’est écoulé et un nouveau contact a pu s’établir avec les descendants du peintre. La filleule et petite nièce de Pierre HODÉ a elle aussi apporté sa contribution à une meilleure connaissance de cet artiste mal connu et quelque peu négligé.

Nous lui devons grâce à son opiniâtreté la présence des tableaux au musée. Qu’elle en soit remerciée.

En 1980, François LESPINASSE inclut Pierre HODÉ dans son livre « L’École de Rouen ». Puis, un ouvrage lui est consacré en 1985 par M. Claude PILLEMENT ; cet ouvrage comporte 43 couleurs et 18 documents noir et blanc ; enfin,  en 1987, une belle exposition lui est dédiée au musée d’Honfleur avec pas moins de 60 tableaux, qui donnaient une première et solide idée de sa belle facture.  Depuis, rien !.

Peintre autodidacte, Pierre HODÉ a peu produit ; il laisse environ cinq cents tableaux.

Employé à la Préfecture de Rouen, proche de Robert PINCHON et Pierre DUMONT, il fait ses débuts à Rouen et quitte la ville aux cent clochers pour la butte Montmartre fin 1913 et s’installer au Bateau Lavoir. Il n’en reste pas moins attentif au mouvement pictural rouennais avec les expositions de Pierre  DUMONT et la Société de Peinture Moderne jusqu‘en 1914.

Survient la première guerre mondiale. Réformé, Pierre HODÉ rejoint cependant le corps d’armée le 16 mai 1917. Gazé, il est évacué à l’hôpital du Mont Dore, puis à Paris, à l’hôpital temporaire CHAPTAL qu’il quitte le 2 novembre 1918.

Commence alors un œuvre peint très personnel, rare, de très grande qualité : natures mortes, paysages parisiens, rouennais et honfleurais ; mais laissons la  lecture de ces pages vous  révéler un très grand artiste et la découverte des illustrations...François  a retrouvé des œuvres aux États-Unis et même au Brésil.

Soyez nombreux à faire l’acquisition de ce nouveau livre de F.LESPINASSE édité en totalité par l’Association ; il ne va coûter que VINGT euros et ... Noël est proche !

La Rédaction

 

(1) - Ce nouvel ouvrage de François LESPINASSE sera disponible à partir du  mercredi 26 novembre à la Libraiie du Musée des Beaux-arts de ROUEN - rue Jean LECANUET, ainsi qu'à la Librairie L'ARMITIĒRE - 66 et 88 rue Jeanne d'Arc -76000 ROUEN - tél. : 02 35 70 57 42, au prix de 20€ ttc.

Vous pouvez également le commander directement au Siège Social de l'Association des AMIS DE L'ÉCOLE DE ROUEN - 437 rue de Griolet 76320 St-PIERRE-lès-ELBEUF en joignant à votre courrier un chèque bancaire de 25 € (frais de livraison inclus) à l'ordre de l'Association.

la couverture de l'ouvrage de F.LESPINASSE, le peintre dans son atelier (F.L.- le journal de l'Ecole de  Rouen -2006-page 318) et "la rue de l'épicerie " de P. HODE - HST 81x65 SBG - coll. partic.
la couverture de l'ouvrage de F.LESPINASSE, le peintre dans son atelier (F.L.- le journal de l'Ecole de  Rouen -2006-page 318) et "la rue de l'épicerie " de P. HODE - HST 81x65 SBG - coll. partic. la couverture de l'ouvrage de F.LESPINASSE, le peintre dans son atelier (F.L.- le journal de l'Ecole de  Rouen -2006-page 318) et "la rue de l'épicerie " de P. HODE - HST 81x65 SBG - coll. partic.

la couverture de l'ouvrage de F.LESPINASSE, le peintre dans son atelier (F.L.- le journal de l'Ecole de Rouen -2006-page 318) et "la rue de l'épicerie " de P. HODE - HST 81x65 SBG - coll. partic.

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LA RUBRIQUE D'HUBERT PRIAUCEY (14)

6 Novembre 2014, 10:24am

Publié par le webmaster

2 - DE L'EXPOSITION JAPONAISE

DE PEINTRES DE L'ECOLE DE ROUEN

 

LA RUBRIQUE D'HUBERT PRIAUCEY (14)

Notre dernier article vous faisait prendre l'avion à Roissy afin de rallier Tokyo pour l'exposition itinérante « l'estuaire de la Seine, l'invention d'un paysage », dont Annette HAUDIQUET (Conservateur en chef du Musée André MALRAUX du Havre) assure le Commissariat en parrainage avec le Brain Trust Inc. de Tokyo.

10 toiles de peintres de l'Ecole de Rouen y sont accrochées, dont Léon-Jules LEMAITRE, Charles FRECHON, Joseph DELATTRE, Robert-Antoine PINCHON et Albert LEBOURG.

Arrêtons-nous sur l''œuvre exposée de ce dernier.

Bien que les Historiens d'Art cloturent "L’Impressionnisme" en 1886, date de la dernière exposition du groupe, ils s'accordent à prolonger le Mouvement jusqu'en 1914, au vu des recherches sérielles de Claude MONET, comme celles de Camille PISSARRO (voir ses Ports de Rouen, de Dieppe ou du Havre) et des envolées lyriques de RENOIR notamment avec ses baigneuses.

Albert LEBOURG est né à Montfort-sur-Risle en 1849. École Municipale de Peinture, 5 ans à Alger comme professeur de dessin, retour à Paris en 1877, il participe aux 4ème et 5ème expositions impressionnistes de 1879 et 1880, avec MONET, PISSARRO, DEGAS, CAILLEBOTTE, GAUGUIN, Berthe MORISOT etc... En 1892, Albert LEBOURG achète un appartement sur les quais à Rouen. Ainsi, nombre de ses compositions montre le Pré aux Loups, sous tous les temps.

D'un pinceau très enlevé, notre tableau, « Le Pré aux Loups, Rouen » (54x81, SBD, coll. Part.) date des années autour de 1900.

 A l'instar d'Alfred SISLEY, Albert LEBOURG accorde une importance prépondérante au ciel. Quand on l'interrogeait, SISLEY disait qu'il débutait ses tableaux par le ciel, afin d'imprimer à sa composition toute l'atmosphère recherchée.

Il en est de même pour LEBOURG qui ajoutait qu'il ne fallait jamais "terminer" un ciel, laissant ainsi un effet suspendu, mouvant.

François LESPINASSE, dans le catalogue de 2010 "Une Ville pour l'impressionnisme ; Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen'"(1), insiste : « Dans tous ses tableaux, l'artiste décrit avec maestria le ciel rouennais dont il a parfaitement saisi l'atmosphère : d'une brosse rapide, il alterne une bande rosée, puis bleue, et de nouveau rose plus soutenu, et l'effet général est arrêté (sic) ».

 

                                                                                              Hubert Priaucey

(voir aussi la rubrique de Hubert Priaucey)

Nous remercions Mme Haudiquet pour ses clichés du Japon.

 

1-  Une Ville pour l'impressionnisme ; Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen, 2010 - Ed Skira, p.340.

LA RUBRIQUE D'HUBERT PRIAUCEY (14)LA RUBRIQUE D'HUBERT PRIAUCEY (14)

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la rubrique d'Hubert PRIAUCEY (14)

26 Octobre 2014, 10:10am

Publié par le webmaster

1-   DE  L’ EXPOSITION  JAPONAISE

de  PEINTRES  de  L'ECOLE  de ROUEN

la rubrique d'Hubert PRIAUCEY (14)

Lors de l'Assemblée Générale de ce printemps 2014, le Bureau de notre Association nous avait annoncé le départ pour une tournée japonaise et coréenne de 10 œuvres des peintres qui nous sont chers. A savoir : 1 Albert LEBOURG, 1 Léon-Jules LEMAITRE, 1 Charles FRECHON, 1 Joseph DELATTRE et 6 Robert-Antoine PINCHON.

Cette 'tournée', d'une durée d'un an, verra les étapes suivantes :

Seiji Togo Memorial Sompo Japan Museum of Art, Tokyo, du 6 septembre au 9 novembre 2014 ;

Seoul Arts Center, du 18 novembre 2014 au 22 février 2015 ;

Hiroshima Museum of art, du 28 février au 12 avril 2015 ;

Kumamoto Prefectoral Museum of Art, du 18 avril au 14 juin 2015 

Yamanashi Prefectoral Museum of Art, du 27 juin au 30 août 2015 ;

Réunissant 135 numéros, émaillée de signatures prestigieuses dont Claude Monet (6 toiles), Eugène Boudin (11), Gustave Courbet (3), Turner (4 gravures), Johan Jongkind (2), Raoul Dufy (15), Félix Valloton (2), Richard Bonington, Camille Corot, Georges Braque, Albert Marquet etc..., notre expo se trouve sous l'égide de Mme Annette Haudiquet, conservateur en chef du Musée Malraux du Havre (MuMa), et du Brain Trust Inc. Tokyo. Les œuvres choisies viennent de Musées français des plus prestigieux, dont le Musée Marmottan à Paris, le MuMa du Havre, le Musée des Beaux Arts de Rouen, entre autres. Autant dire que nos chers peintres rouennais voyagent en éminente compagnie, à une place méritée après les expositions d'importance de ces dernières années auxquelles ils ont participé.

« L'estuaire de la Seine, L'invention d'un paysage », voilà le thème retenu, de quoi ravir nos amateurs asiatiques, si friands d'art impressionniste.

Plusieurs sections jalonnent l'exposition qui débute par « Au source de la création d'une image de la Normandie : le rôle des artistes britanniques et des artistes romantiques ». Les peintres anglais, surtout par l'aquarelle qui permet une transcription immédiate du motif, sont les premiers à s'être émus des ruines médiévales normandes, suivis par la vague romantique française, comme Isabey ou Fragonard.

« L'invention du paysage moderne » s'attache à montrer le rôle nouveau de la lumière dans la composition du paysage peint. Eugène Boudin crée ses 'Paysages de Mer', distinction bien établie avec les 'Marines'. De Corot et Courbet, puis des pré-impressionnistes Boudin, Daubigny et Jongkind, Annette Haudiquet présente des œuvres de Monet.

« Plaisirs de la plage » retrace l'attraction nouvelle de la bourgeoisie parisienne pour les plages de Trouville et Deauville. On y retrouve Boudin, le précurseur, Dubourg à sa suite, mais également Monet ainsi que cette merveilleuse toile du Musée de Rouen, 'L'heure de bain' de Duez.

« Impressions urbaines » : Annette Haudiquet y montre le souci des peintres à décrire les activités portuaires, avec les jeux subtils de brume et de fumées. Eugène Boudin, qui fait l'affiche avec son fabuleux 'Bassin de l'Eure' du MuMa du Havre, côtoie Stanislas Lépine, Charles Lapostolet et 'Bords de Seine, Croisset' du rouennais Léon-Jules Lemaitre, appartenant à notre Association, ainsi que 'Le Port de Rouen, effet de brume' de Joseph Delattre.

« Vers une libération de la couleur » fait la part belle aux Peintres de l'Ecole de Rouen, avec Albert LebourgCharles Frechon et pas moins de 6 Pinchon ! Puis on y voit Braque, Marquet, Vallotton et Henri de Saint Delis.

« Raoul Dufy, un peintre de l'estuaire » cloture l'exposition.

Ajoutons 2 sections photographiques : une de la fin du XIXème siècle avec Letellier et Chesneau, et une autre contemporaine avec Olivier Mériel.

Quelques clichés, fournis par Mme Haudiquet que nous remercions, vous décrivent la logistique de cette exposition itinérante.

Hubert PRIAUCEY

Vous pouvez également en découvrir d'autres en cliquant sur le lien :

http://www.muma-lehavre.fr/blog/montage-d-une-exposition-itinerante-au-japon

 

les oeuvres de l'expo prêtes pour le voyage.....et à l'arrivée !les oeuvres de l'expo prêtes pour le voyage.....et à l'arrivée !

les oeuvres de l'expo prêtes pour le voyage.....et à l'arrivée !

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commentaires sur l'article de JACBA du 13 octobre

24 Octobre 2014, 08:10am

Publié par le webmaster

Notre chroniqueur, Brice AURPEUTHY, nous adresse quelques commentaires rapportés ci-dessous, qui complètent avec bonheur le récent article de JACBA intitulé : Claude MONET - Soleil levant, Soleil couchant ?

Dans la seconde moitié du 19ème siècle les expositions d'œuvres picturales qui se tiennent dans les salons parisiens, n'accueillent pas n'importe quel artiste. Seules des personnalités choisies et reconnues par un monde particulièrement fermé et académique de l'Art y sont invitées. Des jurys sévères sélectionnent les participants au point que, en 1863, l'Empereur Napoléon III est amené à créer un "Salon des Refusés" où Édouard MANET, accompagné de jeunes peintres paysagistes de l'Atelier de Gleyre, expose  Le déjeuner sur l'herbe .

Après la défaite de 1870, la sélectivité à l'égard de nouveaux talents, qui avait connu quelque répit de 1865 à 1870, repart de plus belle, sous caution de besoin nationaliste. Néanmoins, à l'initiative de jeunes peintres, une Association voit le jour qui, à partir de 1874, sous des noms différents ( 'Les Indépendants', 'Société anonyme des artistes peintres', 'École des Batignolles', 'Les Intransigeants', 'La Nouvelle Peinture', employé par le galeriste Paul Durand-Ruel quand il prend en main la gestion de leurs expositions, etc.) fera bientôt découvrir au public, des œuvres d'une facture nouvelle où le Dessin, art noble, parait délibérément négligé, ou absent ; ces œuvres se trouvent dépréciées par le fait que la Critique académique de l'époque les considère ainsi comme intellectuellement et esthétiquement inachevées.

Dès 1866, on compte parmi ces jeunes artistes, qui se réunissent régulièrement au Café Gerbois, avenue de Clichy, autour de Zola, Cézanne, et Manet, les "piliers du groupe'', Monet, Renoir, Sisley, Bazille, rejoints par Degas et Pissarro. Avides de sensations et, néanmoins, héritiers du réalisme de Courbet, ils échangent des idées et échafaudent des thématiques en peignant sur le motif pour mieux rendre compte du changement permanent de leur époque.

Leur première exposition se tient du 15 avril au 15 mai 1874, chez le photographe Nadar*; une trentaine de peintres hétéroclites s'y rassemblent dont certains restent inconnus aujourd'hui, ou oubliés, tel Edouard Béliard (1832-1912). Pierre-Auguste Renoir accroche La Loge (voir ci-contre) et La Danseuse, Claude Monet, 12 œuvres, dont le n°98  Marine  ou  Avant Port du Havre (aujourd'hui Impression Soleil Levant dont JACBA vient de nous relater l'histoire).

Nous ajouterons que le terme ''Impression'' est usité depuis déjà une grosse dizaine d'années ! Les critiques d'Art, que ce soit de la Danse ou la Peinture, commentent souvent leurs articles par ''l'impression'' qu'ils ont ressentie. Louis Leroy, au sortir de l'exposition de 1874, dans le journal 'Le Charivari', se gausse et invente alors la raillerie « Impressionnisme ! » dont on connaît le succès et qui donnera logiquement « NéoImpressionnisme » en 1886.

Brice AURPEUTHY, d'après JACBA

*alias Félix Tournachon, dit ''Nadar'' par ses condisciples étudiants qui s'amusaient à ajouter le suffixe « dar » au nom de famille de leurs camarades, pour donner « Tournadar » puis le quolibet de « Nadar » pour Félix, qui lui restera, cqfd

louis LEROY journaliste au CHARIVARI (25 avril 1874)
louis LEROY journaliste au CHARIVARI (25 avril 1874)

louis LEROY journaliste au CHARIVARI (25 avril 1874)

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une oeuvre, une Histoire, par B.Aurpeuthy et JACBA

11 Octobre 2014, 15:48pm

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Claude MONET : soleil levant, soleil couchant?

Claude MONET - impression, soleil levant - HST 50X65 SBG Musée Marmottan-Monet Paris- crédit photographique Christina BARAJA

Claude MONET - impression, soleil levant - HST 50X65 SBG Musée Marmottan-Monet Paris- crédit photographique Christina BARAJA

Impression soleil levant, la toile qui a donné qui a donné son nom à l'Impressionnisme et qui est le fleuron des collections du Musée Marmottan-Monet, est l'une des peintures les plus célèbres au monde. Cette œuvre n'a pourtant pas fait l'objet d'une étude approfondie jusqu'à ce jour. Au contraire, depuis près de 40 ans, le mystère semble grandir autour de la toile : que représente véritablement le tableau? Un soleil levant ou un soleil couchant ? Quand fut-il peint ? En 1872 ou en 1873 ? Qu'est-il advenu du tableau à l'issue de la première exposition impressionniste ? Pourquoi a-t-il rejoint en 1940 les collections du

Musée, établissement initialement dédié à l'Empire?

Ces interrogations se sont posées à l'équipe du Musée Marmottant-Monet à l'occasion d'une grande exposition qui se tient dans ses salons, jusqu'au 18 janvier 2015, regroupant autour du chef-d'œuvre de Claude MONET, 26de ses peintures et 35 œuvres majeures de grands artistes impressionnistes, provenant de musées et de collections particulières du monde entier.

Le 15 avril 1874, MONET présente Impression, soleil levant lors de la première exposition de la Sociétés des Artistes Anonymes, dans l'ancien atelier du photographe Nadar. La plupart des critiques sont vives et le célèbre journaliste d'art, Louis Leroy, peut se gausser dans un article du Charivari: "Que représente cette toile? Impression ! Impression, j'en étais sur aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans [...] et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l'état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là!".

Le tableau allait sceller aussi le destin des artistes réunis à cette occasion, qui furent, ce jour-là, baptisés, malgré eux, du néologisme "d'impressionnistes".

Les résultats de l'enquête documentée, menée par les spécialistes du Musée, démontrent que MONET aurait choisi de fixer sur la toile, en une seule séance, ce que la vue depuis la chambre d'hôtel de l'Amirauté, où il résidait, lui proposait d'emblée, en surplomb des quais de l'avant-port industrialisé du Havre, actuellement, quais de Southampton.

L'étude des circonstances locales leur permettent également d'affirmer que le regard du peintre était dirigé vers le sud-est. Autrement dit, pour eux, c'est bien une vue diurne, un soleil levant, que l'artiste a voulu représenter.

Par ailleurs, dans l'état actuel des connaissances, la date la plus probable d'exécution (qui a aussi fait l'objet de nombreuses controverses) serait le 13 novembre 1872.

Si le terme d'impressionnisme se diffuse rapidement dans la littérature artistique, en revanche l'œuvre et son histoire, que nous venons d'aborder, sont peu à peu oubliées. En mai 1874, le collectionneur Ernest Hoschedé acquiert le tableau pour 800 frs et le revend 210 frs, quatre ans après, dans l'indifférence générale, sous le nom d'Impression, soleil couchant.

En 1940, son nouveau propriétaire en fait don, avec sa riche collection personnelle d'œuvres d'art, au Musée Marmottan, propriété de l'Académie des beaux-arts, qui fait mettre le tableau en caisse, l'entreposant en province, à l'abri des bombardements.

En 1952, la toile revient à Paris. Exposée à la galerie WiIdenstein, elle est décrite dans le catalogue comme l'œuvre qui donne naissance à une nouvelle école de peinture. En 1955, elle est désignée enfin dans la remarquable Histoire de l'Impressionnisme de John Rewald (édition française) comme un marqueur historique et deviendra, en 1965, pour le monde des arts, une référence incontournable, fondatrice de la peinture impressionniste.

Son titre, Impression, soleil levant ne changera plus jamais.

JACBA

Remerciements à Madame C.Maureau de l'Agence de communication Claudine DUPONT et au Musée Marmottan-Monet pour leur aimable collaboration

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HENRY VIGNET à LA BOUILLE

30 Septembre 2014, 09:09am

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HENRY VIGNET à LA BOUILLEHENRY VIGNET à LA BOUILLE

Si, en cette fin de vacances, vous avez quelqu'envie de promenade au bord de l'eau, il faut absolument flâner à LA BOUILLE sur les quais de la Seine et dans les ruelles de cette charmante bourgade qui organise cet été jusqu'au 15 octobre une animation gratuite sur l'œuvre de HENRY VIGNET à LA BOUILLE.

HENRY VIGNET est né à ROUEN en 1857. Décorateur, antiquaire, naturaliste et peintre de renom, il peint en 1875 sa première toile, une vue de MEUDON, et devient élève de ZACHARIE et de LEBET à l'Académie de peinture Sainte-Marie. Remarqué au Salon de ROUEN en 1891, il est récompensé d'une médaille de bronze et continue de participer à de nombreuses autres expositions. HENRY VIGNET s'éteint le 25 décembre 1920 à NYONS(Drôme).

 Il est un des fondateurs de l'École de ROUEN.

Actuellement, un diaporama de 8 minutes tourne en boucle sur un écran tv à l'intérieur de l'Église de LA BOUILLE; vous pouvez le visionner sur "youtube" en cliquant sur le lien suivant 

 http://youtu.be/ZfYIlhxFR7c 

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une oeuvre, une histoire...par Brice Aurpeuthy & JACBA

15 Août 2014, 11:50am

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 Pierre DUMONT (1884-1936)

 

QUAND ? : 1912

QU’EST-CE ? : La Cathédrale de Rouen (huile sur toile, Milwaukee Art Museum)

COMMENT ? :

Nous ne reviendrons pas sur la vie tumultueuse de Pierre Dumont et dont la carrière le fut tout autant.

Car, en créant, en 1907, « Le Groupe des XXX », il fait venir et exposer à Rouen la fine fleur des Avant-Gardistes parisiens comme Matisse, Marquet, Derain, de Vlaminck, Utrillo, Friesz... à coté de ses compagnons les Duchamp, Pinchon, Hodé, Louvrier, Tirvert ainsi que ses aînés Charles Angrand et Charles Frechon ! Autant dire que Pierre Dumont figure à la pointe des recherches artistiques de son époque.

Non content de cette 'bombe' artistique rouennaise, il transforme ce groupe en 1909 qui devient « La Société Normande de Peinture Moderne ». Le point d'orgue de ce nouveau groupe, date, sans contestation, de l'exposition de juin 1912 au Skating de L'Ile Lacroix, où Apollinaire tient conférence sur l'Avant-Garde artistique : « le sublime moderne ».

Puis c'est le "Bateau Lavoir" à Montmartre, et la naissance de « La Section d'Or » en 1912 à Puteaux avec les frères Duchamp (Marcel, Jacques Villon et Raymond Duchamp-Villon), Apollinaire, Léger, Kupka, Metzinger...  Une certaine philosophie du cubisme, qui a vu le jour vers 1907 avec Braque et Picasso, est au centre de leurs réflexions.

Notre toile est le fruit de ces recherches. Hélas, Pierre Dumont n'élabore qu'une petit poignée d’œuvres de cet acabit.

Construite d'une myriade de facettes planes, cette Cathédrale de Rouen rompt avec les compositions cubistes plus géométriques de Braque et Picasso.

Le pourtour de la composition est noyée d'éléments sombres, mettant alors en lumière la Cathédrale.

Sa base s'agence de facettes terreuses et de triangles à la pointe aiguë tournée vers le centre de la composition, tels les pavés du parvis reflétant l'architecture gothique, guidant ainsi le regard du spectateur.

En scrutant le milieu de la toile, vous découvrez alors la Cathédrale : admirez la Rosace dans l'exact centre de la toile ; les Tourelles encadrant les portails ; les deux Pignons surplombant la Rosace ; les Contreforts de chaque coté ; enfin, la flèche en fonte chapeautant l'ensemble ; serait-ce l'Abbatiale St Ouen et l'église St Maclou de part et d'autre de la tour principale ?

Et la partie supérieure de la composition : une multitude d'éléments sphériques de différentes tonalités, mais toutes claires : la représentation de l'astre solaire avec ses rayons dardant le monument et ses prismes chromatiques.

Ajoutons sa taille imposante, de presque 2 mètres de haut sur 1 mètre 40, dimensions rares dans l'histoire des compositions cubistes.

Regrettons enfin, que, dans le cadre de la magistrale exposition « Cathédrales, un mythe moderne », cette fabuleuse œuvre de Pierre Dumont n'ait pu rejoindre les cimaises du Musée des Beaux Arts de Rouen  (jusqu'au 31 août 2014)

 

Brice AURPEUTHY

 

la CATHEDRALE DE ROUEN - Pierre DUMONT (1912)

 

Robert-Antoine PINCHON et Pierre Dumont (assis)
Robert-Antoine PINCHON et Pierre Dumont (assis)

Robert-Antoine PINCHON et Pierre Dumont (assis)

le naufrage du TITANIC (Hérodote.net)

le naufrage du TITANIC (Hérodote.net)

et dans le Monde...

 

Comme l'écrit si bien notre Ami Brice, Pierre DUMONT est un talentueux représentant du mouvement pictural qui vient d'éclore dans ce début de siècle, bouleversant la notion de la vision traditionnelle de l'art occidental : le CUBISME.

 A la fin des années 1870, Paul CEZANNE construit ses paysages à l'aide de plans colorés et de cubes simplifiant ainsi la lecture de ses compositions (cf. "L'Estaque" - 1878 Musée d'ORSAY). Ce phénomène géométrique s'intensifie dans ses études suivantes, comme ses Natures Mortes, ses Joueurs de Cartes et ses Baigneuses.

A la suite de sa découverte avec son ami BRAQUE, de masques africains à la devanture d'un antiquaire parisien, puis de sa fascination.,PICASSO est considéré comme le père du CUBISME avec ses "Demoiselles d'Avignon" (NDLR - maisons closes d'un quartier de Barcelone), peintes en 1907 (année de fondation du Cubisme pour les Historiens d'Art), mais exposées quelques années plus tard, le peintre ayant laissé son œuvre en plan lui- même dérouté par l'innovation de sa composition.

Puis, en 1912,  le cubisme, dit "analytique", s'oriente, avec Pablo PICASSO et Georges BRAQUE, rejoints un peu plus tard, par Juan GRIS et le sculpteur Henri LAURENS dans leurs ateliers de Montmartre,, vers une réflexion esthétique nouvelle des niveaux de référence au réel en utilisant des éléments de composition issus du quotidien.

La modernité ne perd néanmoins pas ses droits, puisqu'une EXCEPTIONNELLE exposition, rassembla à COLOGNE en 1912 plus de 650 peintures et sculptures dont 125 VAN GOGH, 25 GAUGUIN, 36 MUNCH et 16 PICASSO.

Le Cubisme naissant influence aussi la jeune génération des peintres des années "dix", Robert DELAUNAY, Fernand LEGER, les frères DUCHAMP, et se fait sentir dans toute l'Europe, débouchant aussi bien sur les "ready-made" que sur  la peinture abstraite et le "constructionnisme" russe de Kasimir MALEVITCH en 1930.

Mais, l'évènement majeur de cette année 1912 qui tint en haleine et bouleversa le monde entier, fut, incontestablement, le catastrophique naufrage du luxueux steamer britannique "le TITANIC"  qui, lors de son voyage inaugural SOUTHAMPTON-NEW-YORK, le 14 avril, heurta un iceberg au large de TERRE-NEUVE, entrainant la disparition de 1500 personnes dans les eaux glacées de l'Atlantique Nord (voir une remarquable vidéo rétrospective récente en ouvrant sur google : tagtele.com/video/voir/82739).

JACBA

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commentaires de M.F.Vilcoq sur un fusain de Michel Frechon

15 Août 2014, 10:20am

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C'est avec un immense plaisir et beaucoup de fierté que nous accueillons dans ces pages, Marie-France VILCOQ, femme de lettres proche de René CHAR, esthète et amateur de dessin, qui nous fait partager son sentiment à propos d'un fusain de M. FRECHON.

Ce dessin, au noir profond, représente un pilier sous la lumière des vitraux de la Cathédrale de Rouen, dans la lignée des colonnades. Cette oeuvre se fait l'écho de l'exposition actuelle du Musée des Beaux-Arts de Rouen "Cathédrales, un mythe moderne" jusqu'au 31 août 2014.

Hubert PRIAUCEY, chroniqueur aux A.E.R

 

 "D’un côté l’émotion, de l’autre la matière délicate du fusain.

Ce dessin est pour moi un support de méditation plus encore que de contemplation.

Comme l’artiste, je me laisse emportée doucement par le geste maîtrisé, au fil de l’espace et du temps de cet univers sacré, proprement spirituel et sa lumière insaisissable.

La douceur de la pierre, sa verticalité, sa sévérité, sa substance secrète - le pilier est caressé le long de sa montée intérieure dans une dissipation de la lumière -  pleinement éclairée, installée au centre d’une intimité, sa présence nous transporte au cœur de la matière traversée par le temps.

L’existence d’une silhouette blanche se tient là comme une apparition chaste, austère comme la pierre, aride de par son exil, sa solitude.

Nous sommes là dans une rêverie de l’ascension, une traversée des apparences, un dépouillement de soi, une extase, un abandon, une vacuité, un silence, dans un appétit de transcendance comme un rêveur qui se voit arrivé au paradis.

Cohabitation de la légèreté et de l’apesanteur, de l’ascétisme et de l’attrait.

Ce lieu de création abrite une lenteur et une nuit, une nuit qui nous fait rayonner vers un au-delà, une solitude essentielle.

La lumière qui se dégage aboutit au surgissement d’un espace, à la signification même de ce fusain.

Un élan, une aspiration vers un ailleurs où il n’y aurait ni ombre ni lumière, dans un climat de sensible espérance ".

 

Marie-France Vilcoq, Muids juillet 2014

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M. FRECHON (1892-1974) - St-Vincent, piliers (1935) fusain SBD 102x72 - coll.part.

M. FRECHON (1892-1974) - St-Vincent, piliers (1935) fusain SBD 102x72 - coll.part.

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