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Les Amis de l'Ecole de Rouen

UNE ANNONCE de François LESPINASSE : un salon du Livre à la Maison de MONET à VETHEUIL...

19 Juin 2017, 11:48am

Publié par le webmaster

UNE ANNONCE de François LESPINASSE : un salon du Livre à la Maison de MONET à VETHEUIL...

 

Si Vétheuil est connu dans le monde entier, c'est que ce village ne manque pas d'atouts !

Ce n'est pas par hasard en effet que Claude Monet, figure de proue de l'Impressionnisme, mouvement artistique qui a bouleversé l'art dans le dernier tiers du XIXème siècle, a choisi de séjourner à Vétheuil d'août 1878 à décembre 1881 avec sa femme Camille Doncieux, leurs enfants Jean et Michel, et la famille du collectionneur Ernest Hoschedé.

Camille y meurt le 5 Septembre 1879 ; elle est inhumée dans l'ancien cimetière du village.

Durant les trois années de son séjour à Vétheuil, Claude Monet peint plus de 150 toiles, la Seine, les magnifiques paysages du village, l'église et les alentours, avant de s'installer à Giverny en 1883.

Dimanche 25 Juin 2017 de 11h00 à 18h00, à l'occasion de Fête en Seine, l'Association '' Les Amis de Claude Monet à Vétheuil ''et "la Librairie la Nouvelle Réserve de Limay", vous invitent à un Salon du Livre dans la cour de la maison de Monet avec une rencontre "dédicaces" de 8 auteurs d'ouvrages.

 

Claire et Pascal Gardie, les actuels propriétaires de la maison, ont pris une année pour rénover le lieu ; aujourd'hui, ils vous proposent d'y venir faire une escale impressionniste, le temps d'une nuit en chambre d'hôtes à une 1 heure de Paris et 15 minutes de Giverny.

  contact : claudemonetvetheuil@gmail.com

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"ROUEN. LE PONT TRANSBORDEUR" de J.DELATTRE - suite de l'article de F.LESPINASSE publié le 2 mai 2017

23 Mai 2017, 13:11pm

Publié par le webmaster

"ROUEN. LE PONT TRANSBORDEUR" de J.DELATTRE - suite de l'article de F.LESPINASSE publié le 2 mai 2017

FRANCOIS  DEPEAUX et JOSEPH  DELATTRE

"Rouen. le Pont Transbordeur" et l'histoire de ce Tableau

Dans l'article précédent, nous précisions que François Depeaux (1853-1920), en quarante ans, va collectionner près de sept cents œuvres, dont cinquante-cinq Sisley, vingt Monet, neuf Pissarro, six Renoir, cinq Toulouse-Lautrec, vingt Guillaumin, six Moret, un Gauguin, un Courbet ... trente-neuf Lebourg et les meilleures œuvres de Pinchon, Ottmann et Joseph Delattre.

Natif de Bois-Guillaume, situé sur les collines dominant Rouen, François Depeaux est issu d'une famille riche qui, depuis 1840 et la création de la société « Depeaux Frères », s'adonne au négoce du fil de tissage puis du charbon. Il se marie le 23 septembre 1880 à la mairie du 9ème arrondissement de Paris avec Marie Decap, née à Rio de Janeiro le 5 mars 1858, fille de riches commerçants.

Succédant à son père, durant les vingt premières années, travailleur acharné, François Depeaux va donner à l'entreprise un essor considérable dans le négoce du charbon qu'il importe de Swansea, au Pays de Galles, à bord de son navire, Le Félix Depeaux, puis un second bâtiment, L'Alice Depeaux. En novembre 1898, il acquiert, de plus, une mine à Abercrave, bassin minier à 20 kilomètres au nord de Swansea.

L'industriel-négociant-armateur, bénéficiant des conseils avisés de Paul Durand-Ruel(1), le marchand des impressionnistes, constitue alors une remarquable collection, qu'il expose dans une galerie attenante à sa maison d'habitation avenue du Mont-Riboudet à Rouen.

   Il faut savoir que François Depeaux est le tout premier à acheter une Cathédrale de Rouen de Claude Monet, directement auprès de l'artiste qu'il a suivi et encouragé durant cette entreprise titanesque de 1892 et 1893. En 1897, il aide Alfred Sisley à séjourner au Pays de Galles permettant à l'artiste de réaliser une superbe série de marines peu de temps avant le décès du peintre.

   Localement, il s'intéresse à Charles Frechon (1856-1929), mais surtout à Joseph Delattre et lui achète ses plus belles œuvres, une cinquantaine environ. Plus tard, il prendra en mains la carrière du peintre Rouennais Robert-Antoine Pinchon (1886-1943).

Alors, comment se passent les transactions avec Joseph Delattre ?

   Lorsque notre peintre dispose de quelques toiles qu'il estime de qualité, il sonne à la porte de la cossue maison de maître de Depeaux, avenue du Mont-Riboudet, demeure, hélas, détruite depuis. Reçu par le majordome, il lui confie ses toiles. Patientant une quinzaine de jours, Delattre retourne à la même adresse. De nouveau, le majordome l'accueille mais, cette fois-ci, l'introduit dans la galerie meublée tout le long, de stalles gothiques en chêne, au dessus desquelles trônent les cimaises montrant les tableaux des plus prestigieux des maîtres impressionnistes que nous citons plus haut. Il est certain que Joseph Delattre, les yeux écarquillés, doit se nourrir et s'imbiber de ces joyaux. Lui pressant le pas, le majordome l'amène au fond de la galerie où une imposante cheminée tient sa place. Du lot de tableaux que le peintre a proposé,  Depeaux fait son choix et.....son prix. Le reste des œuvres est entreposé près de l'immense âtre, attendant le peintre.

   C'est de cette manière que Depeaux devient propriétaire de notre tableau "Rouen, le Pont Transbordeur", aujourd'hui exposé au Musée de Mantes-la-Jolie !

   Du 23 avril au 5 mai 1900, François Depeaux met en place une exposition Joseph Delattre, dans la prestigieuse galerie parisienne de Paul Durand-Ruel. Elle comporte quarante numéros, dont dix-neuf appartiennent au collectionneur rouennais. Malheureusement, l'exposition ne connaît pas de succès. L’Exposition Universelle concomitante, la méconnaissance de l'artiste à Paris, sont pour beaucoup dans cet échec. Notons qu'à Rouen, il faudra attendre 1905 pour voir une exposition particulière de Joseph Delattre !

   Pour des raisons que nous ignorons, François Depeaux se décide à mettre en vente une partie de sa collection à Paris à l'Hôtel Drouot le 25 avril 1901, salle 1. Maître Chevallier dirige la vente, assisté de deux experts, Paul Durand-Ruel et M. Mancini. Un remarquable catalogue est réalisé, imprimé à Rouen chez Lecerf, sous la direction de Paul Durand-Ruel.

   Les œuvres suivantes sont proposées au feu des enchères : neuf Delattre dont notre Pont transbordeur, trois Frechon, cinq Guillaumin, trois Blanche Hoschedé, deux Moret, cinq Lebourg, trois Loiseau, cinq Monet, cinq Moret, deux Pissarro, un Renoir, seize Sisley (!), quatre Toulouse-Lautrec et deux Vogler.

   Le numéro 56 "La Route de Marly" d'Alfred Sisley obtient le prix le plus élevé de 12.300 francs; le tableau de Claude Monet "Le Phare de l'Hospice et la côte de Grâce à Honfleur"» atteint 6.050 francs ; " Le Quai Malaquais"» de Renoir est adjugé 6.000 francs. Le total des tableaux de Sisley enregistre 97.380 francs.

  

Quant aux Delattre, tous, dont le "Pont transbordeur", retournent à leur propriétaire-vendeur. C'est de nouveau un échec.

   Du 18 au 31 décembre 1902, Paul Durand-Ruel accepte de mettre en place une seconde exposition dans sa galerie du 16, rue Laffitte et 11 rue Le Peletier. C'est à cette occasion qu'Arsène Alexandre, critique au Figaro, écrit le 22 décembre : « on ignore trop nos écoles de peinture provinciales. Qui sait qu'il y a eu une superbe école lyonnaise au milieu du siècle dernier ? Qui connaît l'École de Rouen actuellement une des plus vaillantes (…) M. Delattre expose à la galerie Durand-Ruel avec vingt-quatre paysages qui donneront au visiteur l'envie de faire connaissance avec ce bon et modeste peintre et aussi avec l'école dont Lebourg est un si noble représentant

Ainsi, la presse parisienne apporte enfin crédit à ce mouvement pictural et Delattre bénéficie d'une vraie reconnaissance, François Depeaux étant pour beaucoup dans cet élan.

 

François Lespinasse

 

 

 

(1) Voir: Paul Durand-Ruel, le pari de l'impressionnisme, Manet, Monet, Renoir, Musée du Luxembourg, Paris,2014.

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ON EXPOSE à SAINT-PHILBERT / RISLE (EURE)

14 Mai 2017, 14:19pm

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Notre Association des AMIS DE L'ECOLE DE ROUEN  est heureuse de vous annoncer que l’association "Montfort Culture et Patrimoine" vous convie à sa 10ème exposition-vente annuelle de PEINTURES / SCULPTURES qui se tiendra à la Médiathèque Daniele Mitterand de Saint Philbert sur Risle les 3,4 et 5 juin 2017 (Entrée libre).

Douze artistes confirmés y présentent un choix conséquent d’œuvres originales et authentiques qui se côtoient au travers de paysages de nos régions ou de personnages réels ou imaginaires, et dont la sensibilité et l’inspiration s’inscrivent dans le meilleur des Arts Plastiques :

Daniel LEGROS, Jean QUEMERÉ, Philippe EUGER, Eugénia ZHARAYA, Sergei PIETILA, Michel ABDOU, Antoine CARUEL, Pascal SEVIN, Anne-Sophie OBERSON, Delphine LAIGNEL, Karine CHEVROT et Marie JAMIN-HAUCHARD

Pour compléter la manifestation, Dimanche 4 juin, les peintres amateurs ou confirmés de la région et d’ailleurs sont invités à réaliser une œuvre de leur choix dans le cœur de la localité

Inscription GRATUITE dès 9h00 à la Médiathèque. Les œuvres réalisées sur le motif seront vendues aux enchères sur place le lundi 5 juin à 17h00.

 

Informations et contact

Montfort Culture et Patrimoine : www.amcp27.fr

Office de Tourisme : 0232563576

nb. le vernissage de la manifestation, ouvert à tous, est fixé au samedi 3 juin à 18h30

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"le Pont transbordeur" par Joseph DELATTRE - Article de F. LESPINASSE

2 Mai 2017, 07:33am

Publié par le webmaster

Joseph DELATTRE -"le Pont transbordeur de Rouen"  HST SBG 0,46x0,61 - 1899 - coll. partic.

Joseph DELATTRE -"le Pont transbordeur de Rouen" HST SBG 0,46x0,61 - 1899 - coll. partic.

   Le 14 septembre 1899, Rouen inaugure le "Pont Transbordeur" dont l'ingénieur Ferdinand Arnodin (1845-1924) est le concepteur. Les travaux ont commencé en 1898. Spécialisé dans les "ponts suspendus", Ferdinand Arnodin invente le concept du  "pont transbordeur". Le pont de Biscaye, à Bilbao, sera le premier de la série. Quant à celui de Rouen, il sera le premier à se mouvoir à l'électricité.

  

  Deux pylônes hauts de soixante-sept mètres donnent appui à un tablier de cent-quarante-trois mètres de long. Le pont se situe en bas du boulevard Cauchoise (futur boulevard des Belges) et relie les deux rives de la Seine. Cet ouvrage d'art va devenir une image incontournable du paysage rouennais, jusqu'à sa destruction le 9 juin 1940 pour freiner l'invasion des troupes allemandes.

Ci-dessous, au dessus du fleuve, la passerelle des passagers avec de part de d'autre

les "salons d'attente première et seconde classe ! "

ci dessus lapasserelle des passagers

   Le tableau d'artiste que j'ai le plaisir de vous présenter ici, a été peint entre 1899 et 1901 par Joseph Delattre (1858-1912) (1). A cette époque, l'artiste est bien connu à Rouen.

   Né à Déville-les-Rouen, dans une famille modeste, il va d'abord aider son père vitrier tout en suivant le mouvement pictural lancé par Léon-Jules Lemaitre (1850-1905), ancien élève de l'Ecole des Beaux-arts de Rouen et mentor, dans la capitale normande, de l'Impressionnisme en plein essor. Delattre va défendre avec passion et fougue la "peinture de plein air" en opposition à la peinture officielle.

   Il fait partie des «Trois mousquetaires» selon la formule lancée par le journaliste Eugène Brieux (1858-1932) dans Le Nouvelliste de Rouen du 26 avril 1889. Rares sont les journalistes défendant ces novateurs. Les trois mousquetaires sont, bien évidemment, quatre : Angrand, Delattre, Frechon, et  Lemaitre.

A ses débuts, Delattre est remarqué par le frère aîné de Claude Monet, Léon Monet (2). Chimiste à Déville-les-Rouen, là où réside Joseph Delattre, Membre de la Société industrielle de Rouen fondée en 1872 à l'imitation de celle de Mulhouse, il s'intéresse tout naturellement à la peinture et au mouvement impressionniste. Delattre le connaît bien. En effet, en 1882, Léon Monet a même fait un échange avec un Sisley de sa collection contre un Delattre : Le Cours-la-Reine ! Léon Monet reçoit régulièrement son frère Claude, en particulier lors de ses séjours pour la réalisation des façades de Cathédrales de Rouen, en 1892 et 1893.

   Au sein de la Société Industrielle se trouvent des personnalités du monde industriel comme Félix-Célestin Depeaux (1815-1891) et son fils François (3), qui vont ainsi s'initier, approcher et apprécier le monde des Arts.

   Peu avant l'exécution de notre tableau 'Le pont transbordeur', Joseph Delattre a fondé une 'Académie Libre de Peinture', dont le premier cours a eu lieu en avril 1896. Il écrit à son ami Charles Angrand, parisien depuis 1882 : « ...J'ai imaginé d'organiser un cours en plein air, avec l'espoir que cela me rapportera peut-être 80 francs par mois. Quand je dis cours, c'est bien prétentieux, étant donné ma façon de voir le sujet. Ce sera plutôt un mode d'entraînement : promenades à la campagne, où chacun pourra dire ce qu'il éprouve, où l'on pourrait causer, s’engueuler, travailler ou ne pas travailler, se servir de …..». Par ce cours de plein-air, Joseph Delattre attire de jeunes artistes qui vont donner, à leur tour, un élan artistique à la "ville aux cent clochers".

   Camille Pissarro, en visite à Rouen, écrit d'ailleurs le 28 septembre 1896 à son fils Lucien devenu londonien : «...Oui, c'est Delattre que se nomme le peintre rouennais. Je ne manquerai pas de lui dire bonjour de ta part. C'est un enthousiaste et qu'on a l'air de blaguer ici et qui en somme est le seul qui est de l'oeil... ». Et d'ajouter deux jours plus tard au même correspondant : « ...Tu n'as pas idée du mouvement qui se fait ici par suite des visites de Monet, moi, etc ...et la collection Murer. Il se fait un mouvement parmi de tout jeunes gens, je t'en causerai une autre fois... »(4).

   En effet, la ville a reçu, ou reçoit la visite de peintres importants : Corot, Delacroix, Bonington, Turner, Sisley, Gauguin, Monet, Pissarro... L'exceptionnelle exposition de 2010 au musée des Beaux-arts de Rouen, sous la direction de M. Laurent Salomé, en a été la parfaite démonstration.

Dans quelles mains est arrivé ce tableau ?

   Tout simplement dans les mains d'un des plus grands collectionneurs français : François Depeaux (1853-1920). En quarante ans, ce dernier va acheter près de sept cents œuvres, dont cinquante-cinq Sisley, vingt Monet, neuf Pissarro, six Renoir, cinq Toulouse-Lautrec, vingt Guillaumin, six Moret, un Gauguin, un Courbet ... trente-neuf Lebourg et les meilleures œuvres de Delattre, Pinchon et Ottmann.

    Ce tableau représente une page rouennaise de première importance. De petit format (12- Paysage 0,46 x 0,61), mais dense, le ciel y est tout à fait réussi avec une touche rapide et serrée, tout à fait caractéristique. L'ambiance générale grise est l'exact reflet de l'atmosphère rouennaise et de ses bords de Seine chers au peintre.

   Terminons par ces mots de Daniel Wildenstein: «...Le génie de l'impressionnisme réside pour une bonne part dans cette honnêteté attentive devant les spectacles de la nature.» (préface J. Delattre, de Bernard du Chatenet, 1974).

Mais réservons l'étude de ce Delattre au sein de la collection de François Depeaux dans un article à paraître très prochainement.

François  LESPINASSE        J.Delattre sur le motif - photo DR

 

notes

                                                                                                                       

1) Voir : B. du Chatenet, Delattre, éd. BDS Rouen 1974 et F. Lespinasse, Delattre, éd. F.L, 1985

2) Voir : Une ville pour l'impressionnisme, Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen, sous la direction de Laurent Salomé, Skira Flammarion, juin 2010.

3) Voir : F. Lespinasse in Une ville pour l'impressionnisme Monet, Pissarro, et Gauguin à Rouen p.124 à 165. (opus cité) ; M.H Tellier, Le charbonnier et les impressionnistes, éd. MHT, Rouen 2010 ; F. Lespinasse, François Depeaux, portrait d'un collectionneur d'impressionnistes, éd. Association des Amis de l'Ecole de Rouen, Rouen, 2016.

4) Voir : les 5 tomes de Janine Bailly-Herzberg, Correspondances de Camille Pissarro.

NB. "Le Pont transbordeur" de Joseph DELATTRE fait partie de l'exposition  "Au fil de l'eau : SEINE DE TRAVAIL" qui se tient actuellement au Musée de l'Hôtel Dieu à MANTES-LA-JOLIE jusqu'au 25 juin et que nous avons récemment annoncée dans les pages de notre blog (février et mars 2017).

 

 

 

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Albert LEBOURG (1849-1928) peignant sur les berges de la Seine, face à MUIDS (27)

18 Mars 2017, 10:15am

Publié par le webmaster

photographies - archives privéesphotographies - archives privées

photographies - archives privées

   L'année 1903 est une année particulièrement bien remplie pour l'artiste âgé de cinquante-quatre ans.

   Début mars, Albert Lebourg dîne avec l'industriel-négociant François Depeaux (1) qui lui fait part de sa délicate situation conjugale.

   Quelques jours plus tard, la municipalité de Montfort-sur-Risle (Eure), où il est né le 1er février 1849, lui apprend que la proposition d'attribuer de son nom une place du village (en face de sa maison natale) est refusée.

   Le 16 avril, ouverture du Salon de la Société Nationale des Beaux-arts de Paris, treizième exposition depuis sa fondation en 1890. Albert Lebourg en est Sociétaire, et adresse six "Bords du lac de Genève", souvenirs de son séjour en automne 1902.

   Le 20 mai, il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur ; quatre jours après, l'artiste écrit à Roger Marx (2), critique d'art, Inspecteur Général des Musées au ministère des Beaux-arts, pour le remercier : "...d'avoir eu la pensée de me faire avoir cette croix que je suis très fier de ne devoir qu'à vous qui l'avez demandée au ministre...".

   L'événement étant d'importance, il s'était ébruité quelques semaines auparavant, et Charles Angrand en avait eu connaissance par l'intermédiaire de la famille Guilloux (3). Il écrit le 5 mars de Dieppe à Lebourg : "cher Monsieur Lebourg, Mademoiselle Guilloux m'apprit samedi l'heureuse nouvelle de votre promotion. Les artistes n'avaient pas attendu cette imprécation (?) pour vous accorder la leur. Ils apprécient depuis longtemps votre belle œuvre. Ceux qui, comme moi ne sont plus jeunes, l'ont vue se fonder étape par étape … Vous êtes devenu le Maître Vénérable dont chacun reconnaît la haute figure et dont nous, Normands, sommes particulièrement fiers..." (8).

   Habitué au transport en chemin de fer entre Paris et Rouen où il possède un atelier dans chacune de ces deux villes, il a pu jouir du superbe paysage qui s'offre lors de ce trajet au bord de la Seine. Ce fleuve, il le connaît mieux que quiconque ! De Paris à Honfleur, il a saisi tous les plus beaux effets en toutes saisons.

   Pour l'été, il choisit donc de s'installer à Muids, village situé sur la rive droite. C'est un endroit paisible et réputé pour la pêche, qui possède à cette époque pas moins de seize restaurants-pensions, ainsi qu'une jolie église des XIIème et XVIème siècles, avec des fonts-baptismaux du XIVème siècle. Albert Lebourg choisit de s'y fixer pour août et septembre.

   Il donne à son beau-frère Albert Guilloux (4) (1871-1952), (les témoins d'Albert Guilloux à sa naissance sont Philippe Zacharie et Léon-Jules Lemaitre !), quelques explications depuis Paris sur le site, le 6 août :

ci-dessous " la descente du passage du bac à Muids"  - voir l'image plus loin : "Albert LEBOURG  dans la descente. pour se mettre  au travail...."...passage de la descente du bac à MUIDS

".. Tu dois savoir maintenant que j'ai loué la maison pour Alice (5) qui est probablement sur son départ, si elle n'y est déjà installée avec ta mère. Le pays en lui-même ne m'avait pas emballé outre mesure, mais le chemin de fer m'a eu l'air commode pour aller du côté de la vallée de l'Eure, de sorte que j'irai moi-même dès que j'aurai terminé des choses en train ici et aux environs et qui me prennent tout mon temps et surtout toutes les après-midi … Je te verrai sans doute à Muids où tu viendras te délasser et pêcher à la ligne. La mère Guilloux a acheté une ligne et un filet à papillons pour courir après ces bestioles, le costume des villégiatures est de rigueur..."

     Le 12 septembre, Albert Lebourg écrit à son ami Paul Paulin (6) : « depuis que je ne t'ai vu, je suis installé ici, au bord de la Seine, dans cet endroit où les berges sont très belles… Corot y venait autrefois, et Daubigny aussi. Évidemment, ce n'est pas aussi beau que de leur temps, mais c'est encore fort joli. Les Andelys ne sont pas loin, et aussi la vallée de l'Eure, de sorte que c'est l'embarras du choix et le mois va passer pour moi très rapidement. Malgré toute ma bonne volonté, il me sera impossible d'aller vous voir...".

   

     Albert Lebourg va y exécuter plusieurs toiles. Celle présentée à l'exposition de Mantes-la-Jolie, est l'archétype même de la toile recherchée par les collectionneurs de cet artiste qui a, ne l'oublions pas, participé à deux reprises (1879 et 1880) aux expositions du groupe impressionniste.

Un ciel magnifique, typique de cette vallée, une atmosphère unique, une plantureuse végétation parfaitement rendue, une animation avec ces vaches et leurs gardiens et, enfin, une ambiance générale d'une grande sérénité. C'est une très belle page normande qu'offre l'artiste à son pays natal.

François Lespinasse

février 2017

Albert LEBOURG - Bords de Seine à MUIDS - 1903- HST 54X81 - collection particulière.Cette toile est visible  en ce moment à l'Expo du Musée de l'Hôtel-Dieu de MANTES-la-Jolie (25 février - 25 juin 2017)

Albert LEBOURG - Bords de Seine à MUIDS - 1903- HST 54X81 - collection particulière.Cette toile est visible en ce moment à l'Expo du Musée de l'Hôtel-Dieu de MANTES-la-Jolie (25 février - 25 juin 2017)

Notes:

1) Voir François Lespinasse : François Depeaux, portrait d'un collectionneur. Ed, Association des Amis de l'Ecole de Rouen, Rouen, 2016.

2) Roger Marx (1859-1913) : Homme de lettres,critique d'art, Inspecteur Général des Musées des Départements au ministère des Beaux-arts, correspondant de la Gazette des Beaux-arts (deux très importants articles sur Lebourg). Voir : Roger Marx, un critique aux côtés de Gallé,  Monet, Rodin, Gauguin, Ville de Nancy/Musée d'Orsay 2006.

3) Il s'agit de Germaine Guilloux, fille d'Alphonse Guilloux, nièce d'Albert Lebourg, dont le musée de Rouen conserve le Portrait d'Albert Lebourg par Germaine Guilloux....

4)Albert Guilloux (1871-1952) : rouennais, dernier enfant d'une fratrie de neuf, élève de l'Ecole des Beaux-arts de Rouen, Prix du Salon en 1903.

5) Alice Guilloux (1861-1940) : épouse Emile Lambin en 1890, qui décède en 1902. Elle épousera Albert Lebourg en seconde noces le 26 février 1921.

6) Paul Paulin (1852-1937) : Originaire de Chamalières, docteur en médecine, puis chirurgien-dentiste, peintre et sculpteur. Il réalisa les bustes de Monet, Pissarro, Degas, Lebourg, Moreau-Nélaton..

7) Charles Angrand (1854-1926) : Voir: F. Lespinasse :

, éd.F.L, Rouen 1988 et catalogue: C. Duvivier, Adèle Lespinasse, F. Lespinasse, Musée de Pontoise, éd. Somogy, 2006.

8) Correspondances : Archives privées.

Charles Angrand, correspondances

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interview de Jacques-Sylvain KLEIN par P.BUYCHAUT - Expo "SEINE AU TRAVAIL" au Musée de l'Hotel-Dieu de MANTES-la-Jolie

13 Mars 2017, 15:29pm

Publié par le webmaster

Nous vous avons déjà publié dans les pages du blog les interviews que notre Collaborateur, Pierre BUYCHAUT, a réalisées de Mme Jeanne-Marie DAVID, Conservatrice du Musée de l'Hôtel-Dieu et Organisatrice de l'exposition, et de notre Ami François LESPINASSE.

Lors du vernissage de l'Exposition le 23 février dernier, Pierre BUYCHAUT a également rencontré une troisième personnalité, l'Historien d'art bien connu, Jacques-Sylvain KLEIN.

J-S. KLEIN  a créé en 2010 le "Festival  Normandie Impressionniste" ; conseiller en ingénierie industrielle, il a participé également à la création en 2015 par les Régions Normandie et Ile-de-France de "Destination Impressionnisme", une des quinze destinations touristiques labellisées par le Ministère des Affaires Étrangères ; il est Commissaire de nombreuses expositions picturales dont " L'Atelier en plein air, les impressionnistes en Normandie" (Paris, Musée Jacquemart-André, 2016) et l'auteur de plusieurs ouvrages historiques dont "Lumières normandes - les hauts-lieux de l'Impressionnisme" aux Éditions Rouennaises point de vues (juin 2013).

           Nous vous invitons à regarder la vidéo de Pierre BUYCHAUT ci-jointe qui rapporte les propos échangés au Musée de l'Hôtel-Dieu entre ces spécialistes de l'Impressionnisme en Normandie.

Pierre BONNARD - la terrasse à Vernon (1928) - Dusseldorf (K NW )

Pierre BONNARD - la terrasse à Vernon (1928) - Dusseldorf (K NW )

Nous profitons de cette dernière annonce pour vous rappeler de ne pas oublier de visiter au Musée de VERNON (27) une EXPO jumelle " au fil de l'eau" du 25 février au 25 juin 2017 organisée sur le thème "SEINE de LOISIRS" et à laquelle les Membres de l'Association ont participé par le prêt de nombreuses toiles.

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interview de F. LESPINASSE par P.BUYCHAUT -Expo " SEINE AU TRAVAIL"- Musée de MANTES-la-Jolie -

3 Mars 2017, 15:34pm

Publié par le webmaster

Nous vous avons transmis le week-end dernier l'interview que notre Collaborateur, Pierre BUYCHAUT, a réalisé de Mme Jeanne-Marie DAVID, Conservatrice du Musée de l'Hôtel-Dieu et Organisatrice de l'exposition, lors du vernissage de cette manifestation le 23 février. 

   A cette occasion, Pierre BUYCHAUT a également rencontré  un Ami bien connu des A.E.R., François LESPINASSE, qui est associé par le Musée à la présentation des oeuvres exposées.

   Nous vous invitons à regarder la vidéo de Pierre BUYCHAUT ci-jointe qui reprend les propos échangés ce jour-là entre nos deux Amis.

bonne lecture

le webmestre

interview  de F. LESPINASSE par P.BUYCHAUT  -Expo " SEINE AU TRAVAIL"- Musée de MANTES-la-Jolie -

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EXPOSITION "au fil de l'eau" SEINE AU TRAVAIL Musée de l'Hôtel-Dieu de MANTES-la-Jolie

27 Février 2017, 10:34am

Publié par le webmaster

Notre Collaborateur , Pierre BUYCHAUT, a représenté l'Association lors du vernissage des oeuvres exposées le jeudi 23 février 2017.

Il s'est entretenu quelques instants avec Mme Jeanne-Marie DAVID, Conservatrice du Musée et organisatrice de la manifestation.

En cliquant sur le lien suivant vous trouverez une vidéo des propos échangés à cette occasion.

 

bonne lecture

le Webmestre

EXPOSITION "au fil de l'eau" SEINE AU TRAVAIL Musée de l'Hôtel-Dieu de MANTES-la-Jolie

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DES EXPOSITIONS "AU FIL DE L'EAU"...

26 Février 2017, 14:31pm

Publié par le webmaster

cliquer gauche pour agrandir les affiches de cette manifestationcliquer gauche pour agrandir les affiches de cette manifestation

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Avec le développement des lignes de chemin de fer à la moitié du XIXe siècle, ainsi que l’engouement pour les séjours balnéaires, c’est toute l’ambiance de la nouvelle société des loisirs que les artistes du XIXe siècle se sont attachés à restituer. Canotage, pêche, déjeuner sur l’herbe, autant d’activités qui prennent pour cadre le plein air et les bords de Seine entre Paris et l’estuaire

Deux volets ont été associés dans une rétrospective représentative des activités du fleuve : les loisirs sur la Seine au Musée de Vernon et, sans doute moins pittoresques mais autant attractives pour les peintres, celles de la Seine laborieuse au Musée de l’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie.; du 25 février au 25 juin 2017.

  En organisant ces présentations importantes, Madame Jeanne-Marie DAVID, Conservatrice du Musée de l'Hôtel-Dieu de Mantes et Directrice du Service Culture et Patrimoine de la Ville de Vernon, a rassemblé sur les cimaises des salles d'exposition un certain nombre de très belles œuvres picturales et vitrines de collections publiques et privées dont une quinzaine lui ont été confiées par des Membres de notre Association des Amis de l'École de Rouen.

  Nous informons nos abonnés qu'un vernissage de l'Expo "la Seine au travail" est organisé au Musée de l'Hôtel-Dieu de Mantes par MM. M. VIALLAY, maire de MANTES et Ph. ALLIO, Adjoint à la  Culture et au Patrimoine, le jeudi 23 février 2017 à 18h30.

A. LEBOURG - bords de Seine à Muids - 1903 - 54x81 - coll. part

A. LEBOURG - bords de Seine à Muids - 1903 - 54x81 - coll. part

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UNE OEUVRE, UNE HISTOIRE...

20 Janvier 2017, 16:07pm

Publié par le webmaster

Robert-Antoine PINCHON - "le logis de CARADAS"- aquarelle gouachée - coll. particulière

Robert-Antoine PINCHON - "le logis de CARADAS"- aquarelle gouachée - coll. particulière

QUI :  Robert-Antoine PINCHON (1886-1943)

QUAND : entre 1935 et 1940

 

QU’ EST-CE : Le logis de Caradas

(aquarelle gouachée, coll. part.)

 COMMENT

Durant la seconde partie de sa carrière, donc après 1920 au retour de la Grande Guerre qu’il termina prisonnier en Allemagne, Robert Antoine Pinchon est sollicité comme illustrateur par Henri Defontaine, prolifique éditeur à Rouen.

Il participe notamment aux ouvrages de Guy de Maupassant ''Les Contes Normands'' réédité en 1925, de Lucie Delarue-Mardrus “Rouen” (1935), de Pierre Chirol “Cathédrales et Eglises Normandes” (1936), de Jean De La Varende  “Les Châteaux en Normandie” (1937)...

Avec une économie de moyens afin d’optimiser la reproduction de ses dessins, il produit donc des aquarelles et des lavis des monuments remarquables normands.

Ainsi, sensibilisé à l’architecture médiévale de la capitale normande, il s’adonne par la suite à dépeindre ses bâtiments caractéristiques comme les nombreuses maisons à colombages dont Rouen s’enorgueillit de posséder.

Des huiles, des aquarelles, mais pas à notre connaissance de crayons de couleurs qu'il utilisa au cours de sa convalescence à St Céré (Lot) après qu'il fut blessé mi-octobre 1914, ou lors de sa captivité en Allemagne en 1916. Ce point est intéressant car, autant ses premiers dessins sont ensoleillés malgré leur contexte brutal et tragique, autant ses huiles très délayées ou ses aquarelles portraiturant Rouen, nous paraissent un peu tristes aujourd’hui, surtout lorsque l'on compare avec son œuvre fauve d'avant 1914.

Mais il faut se rappeler que, d’une part les bâtiments devaient être moins mis en valeur à l'époque et, d’autre part, que son apprentissage aux dessins d’édition nécessite une économie chromatique pertinente, technique qu'il poursuit également dans ses compositions destinées à sa clientèle.

De plus, à l'instar de son aîné, Léon-Jules Lemaître (1850-1905) le chantre des ruelles du vieux Rouen nacrées d'atmosphères pluvieuses, Pinchon nous livre ici une fin d'après-midi typique bien grise que des rehauts de gouache blanche éclairent avec talent.

 

                                                                          Brice Aurpeuthy

 

…ET SON ENVIRONNEMENT

QUAND LE DESTIN PERMET DE RETROUVER UN PRÉCIEUX TÉMOIGNAGE D'UN PASSÉ CHARGÉ D'HISTOIRE ET DÉVASTÉ PAR LA GUERRE !

Cette fort jolie aquarelle est exécutée par Robert-Antoine PINCHON dans la période précèdant la déclaration de la deuxième guerre mondiale; elle fait partie d'une exposition de l'Artiste qui s'est tenue du 16 mai au 15 juin 1941 dans les locaux de l'Hôtel de la Couronne à Rouen, dont le propriétaire, Pierre DORIN est un ami du peintre.

Cette exposition comprenait 35 numéros de toiles ainsi que des dessins, gouaches et aquarelles.

   En 1942, PINCHON , âgé de 56 ans, va exposer une dernière fois dans les locaux du magasin Printania  et tombe gravement malade. Malgré des soins attentifs, Il s'éteint le 3 janvier 1943.

En mai 1944 , Rouen subit d'intenses bombardements et une partie de l'hôtel de la Couronne est détruite; par miracle, l'aquarelle évoquée ici est retrouvée dans les décombres.

Au dos de l'œuvre figure un intéressant témoignage écrit qui précise :

"retrouvé en mai 1944, dans les ruines de l'hôtel de la Couronne,

et offert par M.Pierre DORIN à Mlle…"

UNE OEUVRE, UNE HISTOIRE...

Le logis, dit "des CARABAS" est un bâtiment édifié à Rouen dans la seconde moitié du XVème siècle à l'angle des rues de la Savonnerie de la Tuile par Carabas de Quesne,  issu d'une famille de négociants Espagnols installée dans la ville. Avec la partie sud figurée ci-dessus donnant sur la rue de la Tuile (achevée au début XVIème), l'ensemble en colombage s'élevait sur trois étages et deux en combles possédant un quadruple encorbellement surmonté de corniches en mâchicoulis et  assorti  de deux oriols octogonaux.

L'ouvrage, classé monument historique en 1926, qui constituait, selon les Historiens Normands, la "perle des maisons en bois de la Cité" , fut victime de l'effroyable incendie du 9 juin 1940  Il ne subsiste,hélas !, aucun vestige.

                          JACBA

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