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Les Amis de l'Ecole de Rouen

interview de Sylvain AMIC par Pierre BUYCHAUT

21 Septembre 2016, 09:39am

Publié par le webmaster

Jules-Alexandre GRÜN - "un vendredi au Salon des Artistes Français " (1911)

Jules-Alexandre GRÜN - "un vendredi au Salon des Artistes Français " (1911)

Ce 20 juin 2016, nous rencontrons Sylvain AMIC, Directeur des Musées de Rouen, dans le cadre de l'exposition phare du 3ème Festival Normandie Impressionniste.

Pierre BUYCHAUT : Alors comment se déroule votre exposition “Scènes de la vie impressionniste”?

Sylvain AMIC : C'est une exposition qui marche bien, avec plus de 650 visiteurs quotidiens. La critique est également très bonne. Le public est très attentif et nous exprime souvent sa surprise de découvrir un nouveau pan de l'impressionnisme.

Nous-mêmes sommes heureux du résultat auquel nous sommes parvenus dans un contexte très tendu inhérent à la concurrence mondiale des expos impressionnistes, comme toujours. Nos bonnes relations avec les grandes institutions, comme le musée d'Orsay qui a très généreusement prêté, mais aussi les musées étrangers, ont évidemment beaucoup compté, mais c'est aussi le thème du Portrait Impressionniste qui a été plébiscité. Rendez-vous compte que ce sujet n'a jamais été réellement traité.  Jusqu'à présent, c'était au mieux, une des composantes d'une exposition impressionniste !

 PB: Bien, bien...

SA : Or les impressionnistes, qui ont choisi de ne traiter ni la Mythologie, ni la Religion ou même l'Histoire, ont peint en fait leur époque et ses transformations, aussi sûrement dans l'art du paysage que celui du portrait, et en particulier celui de leurs proches.

PB : que leurs proches ?

SA : Nous n'avons en effet pas voulu abordé la question du portrait de commande, dans lequel l'artiste reste prisonnier de certains codes, et préféré concentrer notre exposition sur les portraits de proximité, dans le cercle qui entoure l'artiste. Ces modèles partagent avec le peintre les mêmes émotions, les mêmes moments, heureux comme tragiques.

La Vie, dans toute sa diversité, est leur sujet. Ces portraits sont ainsi des clés pour comprendre une époque, tout comme les paysages décrivent les transformations de la ville, du monde du travail, etc... C'est une vraie surprise que de découvrir cette dimension dans les portraits intimes que nous exposons.

PB : donc, selon vous, ce n'est pas un thème, un sujet que les peintres traitent par défaut ?

Edouard MANET - "portrait de Berthe Morisot"- 1870

SA :absolument. Quand ils ne s'en désintéressent pas tout à fait, comme Sisley, le portrait est un genre qui fait partie de leur pratique, et qu'ils s'attachent à réformer, comme les autres. Bien sûr, leurs proches sont des modèles facilement disponibles et même souvent coopératifs : ils sont, d'ailleurs, prêts à se travestir pour incarner de multiples identités. Mais les critiques de l'époque ne s'y laissent pas prendre et les reconnaissent. On voit dans l'exposition que les peintres sont aussi à la recherche de types physiques qui les intéressent : ils découvrent des vraies personnalités, qui vont ensuite passer d'atelier en atelier et incarner le visage d'une époque. On commence à mieux connaître les histoires individuelles de ces modèles, et c'est assez passionnant. Autant de sujets d'expositions en perspective…

PB : comment est alors structurée votre exposition ?

SA : en 11 salles, il est offert au visiteur de parcourir une vie impressionniste, faite d'espoirs, d'idylles, de réussites, de bonheurs familiaux, mais aussi de ruptures, de conflits et d'adieux.

PB : peindre la Vie, peindre la Mort...

SA : oui, même la mort, avec ce fameux portrait de Camille Doncieux défunte, par Claude Monet.C'est un tableau qui reste secret durant toute la vie de Monet, à peine évoqué dans sa correspondance avec Clémenceau.

C'est une œuvre tragique et fascinante, “terrible” disait Monet. Et pourtant, on oublie que c'est une habitude au XIXe siècle, de conserver une image du défunt, comme par les masques mortuaires ou la photographie. Plastiquement parlant, c'est un tableau étonnant avec une Camille qui serait comme une Ophélie noyée dans l'étang des nymphéas.

Claude MONET -"Camille Doncieux sur son lit de mort" -1879

PB: difficile à intégrer dans la scénographie ?

SA : Le tableau fait une paire avec un autre, daté de 1871, montrant Camille dans un intérieur londonien. Le raccourci est un peu brutal entre ces deux moments et donne un côté très nostalgique à la scène de Londres. Au contraire du portrait mortuaire, ce dernier tableau a très vite connu une destinée publique. Bien qu'il s'agisse d'un moment privé, il a immédiatement été exposé sous différents titres : “Intérieur”, “Pose”, “Méditation”... C'est caractéristique d'une attitude propre aux Impressionnistes, qui d'emblée diffusent leur image, celle de leurs proches et leurs soutiens dans la scène artistique. Ils s'y sont presque exhibés, sans retenue ! Ils ne se cachaient pas derrière leur peinture.

Une dernière chose à propos de ce tableau : il a été exposé dès 1872 au Salon de Rouen, par la Société des Amis des Arts, exposition qui se tenait au Musée des Beaux-arts où Monet avait déjà fait une apparition en 1864. Nous sommes donc le premier Musée à avoir exposé Claude Monet.

PB : il n'y a pas que de la peinture...

SA : nos expositions se caractérisent toujours par une diversité d'approches, et ici encore nous nous attachons à montrer un contexte et pas seulement des chefs d'œuvres moissonnés dans le monde entier ! Il me semble que c'est fondamental pour comprendre une époque et ses enjeux. Nous avons ainsi réuni avec la peinture, le dessin, la sculpture, la photographie, des correspondances, une robe, des papiers peints.

PB : et la place de l'Ecole de Rouen dans tout ça    ?

SA : vous nous aviez soumis une très belle sélection d'œuvres issues de votre réseau. La plupart, renvoyaient à une problématique qu'on ne désirait pas aborder : “la place de la figure dans le paysage”. C'est un autre thème, immense, fondamental pour l'impressionnisme, qui pourrait faire l'objet d'une exposition à lui tout seul.

Pour le portrait pour, nous ne possédons guère que l'autoportrait de Delattre...

PB: existent également les autoportraits de Charles Angrand, Charles Frechon, Robert-Antoine Pinchon...

SA : c'est vrai, mais comme vous avez pu le remarquer dans l’exposition, la salle consacrée aux autoportraits est très précoce ; nous sommes entre 1864 et 1875.

PB : comment se conclut l'exposition ?

SA : l'exposition de termine en apothéose avec une grande confrontation entre les anciens et les modernes, au moment où l'Impressionnisme est consacré par la grande exposition centennale de 1900.

Le spectateur est pris entre deux univers qui s'opposent, celui de la jeune garde qu'incarnent les Nabis, représentés graves comme des conspirateurs chez Ambroise Vollard (NDLR Hommage à Cézanne  par Maurice Denis, 1900 - voir ci-contre)  et celui d'un monde finissant, qui perdu la bataille contre l'Impressionnisme, et qui sauve les apparences sous les Ors du Grand Palais (NDLR “Un vendredi au Salon des Artistes Françaispar Jules Alexandre Grün, 1911 - voir  titre de l'article).

PB : comment ressentez-vous ce festival ?

SA : j'ai senti une mobilisation de tous les acteurs ; il y a beaux projets même dans des petites structures, comme “être jeune au temps des impressionnistes” à Honfleur, “Walter Sickert” à Dieppe, “les lectrices” à Bernay, "les femmes impressionnistes" à Vernon... Je dirais même que ce sont les plus petits musées qui ont le mieux joué le thème du portrait ! C'est très remarquable! Nous avons essayé de soutenir de notre mieux par de nombreux prêts.

A mon avis, c'est l'une des meilleures éditions, au niveau jamais atteint. Les visiteurs ont de la chance !

PB: vos projets ?

SA : comme vous les savez, nous avons réuni depuis le 1er janvier 8 musées sous l'égide de la métropole. Nous sommes donc en pleine structuration de notre activité. Deux comités de programmation se sont déjà tenus, durant lequel tous les musées présentent leurs projets. Mais il y a parallèlement des avancées sur des programmes fondamentaux, dont le Quartier des musées.

Nous réfléchissons à l'idée du "territoire" dont, évidemment, l'Ecole de Rouen fait partie ! Nous souhaitons qu'elle soit visible dans nos collections et nos programmations. Nous sommes donc amenés à nous revoir.

Je garde dans un coin de ma tête “Léon-Jules Lemaître”, qui me semble un très très beau projet. Je cherche, en fait, un cadre de faisabilité ; pourquoi pas en 2018 ?

 

                                                           Propos recueillis par Pierre Buychaut

 

 

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Une belle journée du patrimoine à TOURVILLE-la-Campagne !

14 Septembre 2016, 08:52am

Publié par le webmaster

Marcel DELAUNAY, portrait par Charles LEVY (1877-1968) - pastel sur papier -col. partic.

Marcel DELAUNAY, portrait par Charles LEVY (1877-1968) - pastel sur papier -col. partic.

Dimanche 18 septembre 2016

Venez nombreux à l'exposition consacrée à :

 "1915-1916 - Portraits de Guerre par Marcel DELAUNAY" que l'Association des Amis de l'Église de Tourville-la-Campagne (27) y organise dans le cadre des Journées du Patrimoine.

Né à Rouen en 1876, Marcel DELAUNAY fait ses études à l'École des Beaux-arts et crée en 1907 la Société des Artistes Rouennais.

Marcel Delaunay s'installe en 1912 à Tourville-la-Campagne ; mobilisé, son goût pour la peinture et les dessins ne le quitte pas et il fait sur le front des croquis de soldats et de ses supérieurs militaires.

C'est une sélection de ses œuvres de "guerre" que notre Association présente au public dans les travées de l'église ainsi qu'un portrait de l'artiste peint par Charles LÉVY en 1913-1914.

Cette œuvre très remarquable vient d'être retenue pour l'Exposition "Portraits choisis" au Grand Quevilly, du 16 avril au 26 septembre 2016, dans le cadre de "Normandie Impressionnisme".

Plus tard, en 1927, Marcel DELAUNAY crée la Société des Monuments et des Sites de l'Eure avec vocation de sauvegarder le patrimoine naturel et bâti du Département.  

Dans le journal de Rouen du 26 mars 1927, il déclare :"…on dit que je suis embêtant… Qu'est-ce que je demande ? De sauvegarder les beautés d'un pays que nous aimons tous. Est-ce chose impossible ?

Marcel DELAUNAY s'éteint à Tourville en juillet 1959.

L'Association des Amis de l'Église deTourville espère consacrer l'année prochaine à cet infatigable défenseur du Patrimoine Normand, une autre Exposition pour s'associer à la célébration des 90 ans de l'AMSE.

Depuis sa création, notre Association s'intéresse à la mise en valeur de l'Église, en ayant déjà réalisé l'éclairage du Maître-Autel et projetant la restauration du tableau de l'Autel dédié à Saint-Sébastien.                      

Eglise de TOURVILLE-la-Campagne

 

Renseignements pratiques

horaires : dimanche 18 septembre de 10h à 17h30 à, l'Eglise de Tourville-la-Campagne

visites guidées à 11h, 15h et 17h

concert d'harmonium dans l'après-midi par M. François LEHEU

CONTACT : pour l'Association A.DIAZ 06 07 55 56 80

NDLR - pour ceux qui apprécient les oeuvres de Marcel DELAUNAY, nous signalons avoir publié en 2009 dans le blog des AMIS DE L'Ecole de Rouen, un article de Hubert PRIAUCEY en septembre sur la cote de l'Artiste et, en mars, un article de François LESPINASSE, critique  bien connu de la période postimpressionniste de l'Ecole de ROUEN qui fait état d'une exposition consacrée à M.DELAUNAY organisée à ECQUETOT (27) par M. Didier DEPERROIS avec la collaboration de notre Association.

Jacques BASSET -Webmestre

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Exposition consacrée au peintre Rouennais LEON-JULES LEMAÎTRE à LONGUEVILLE/Scie

24 Juin 2016, 08:44am

Publié par le webmaster

L-J LEMAÏTRE - Le Pont Corneille à ROUEN  (musée de Louviers)

L-J LEMAÏTRE - Le Pont Corneille à ROUEN (musée de Louviers)

L’association Les Amis de La Linerie en partenariat avec la commune de Longueville-sur-Scie et l’action culturelle cantonale poursuit son exposition de portraits en s’intéressant plus particulièrement à un enfant du pays : le peintre impressionniste Léon Jules Lemaître né à Longueville-sur-Scie en 1850.

Le 29 Juin à 18 h00 à la Salle des fêtes de Longueville, François LESPINASSE, Expert spécialiste des Peintres de l'ECOLE DE ROUEN présentera une conférence ouverte à tous sur la carrière de L.J. LEMAÏTRE (gratuit).

F. LESPINASSE est l’auteur de nombreux ouvrages et expositions sur les artistes de l’Ecole de Rouen (Charles Angrand, Joseph Delattre, Albert Lebourg, La Normandie vue par les peintres, La Seine vue par les peintres etc.. Lors de cette conférence, il nous propose de mieux connaître Léon Jules Lemaître qui, bien qu’oublié de la mémoire locale et trop souvent ignoré tout comme ses amis les trois mousquetaires Delattre, Frechon, Angrand de l’Ecole de Rouen, a largement contribué à l’essor de l’impressionnisme en Normandie.


 

exposition

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conférence de F. LESPINASSE sur F. DEPEAUX, collectionneur d'Art

15 Juin 2016, 09:39am

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conférence de F. LESPINASSE sur F. DEPEAUX, collectionneur d'Art

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MONFORT/Risle à la lumière des impressionnistes

3 Juin 2016, 12:02pm

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RAPPEL AUX AMATEURS !

 

Dans le cadre de l’édition du Festival Normandie Impressionniste 2016, l’association Montfort Culture et Patrimoine présente les 4 et 5 juin 2016 :

"Montfort à la Lumière des Impressionnistes"

Nous rendrons hommage aux trois peintres talentueux natifs de Montfort sur Risle : Albert Lebourg, René Sautin et Marie Duret.

 Dans la grande salle du château la Motte de Montfort-sur-Risle, une exposition leur sera consacrée.

Les collections, privées pour l’essentiel, seront accompagnées de différentes œuvres d’autres peintres célèbres issus de l’Ecole de Rouen, tels que Raymond LECOURT, Marcel COUCHAUX… et seront proposées dans le cadre d’une exposition vente. 

L’exposition sera par ailleurs complétée le samedi 4 juin d’une conférence relative aux peintres de l’Ecole Normande présentée par François LESPINASSE expert de l’Ecole de Rouen. Les échanges entretenus par les artistes seront évoqués.

 Conjointement, une autre exposition/vente située dans la seconde salle du château la Motte présentera des œuvres de plusieurs peintres actuels à tendance néo-impressionniste dont les influences sont issues de l’Ecole de Rouen. Nous retrouverons, Jean QUEMERE, Yves BOUFFIGNY, Jean SIEURIN, Christiane STENFORT, Jean-Pierre BORDRY, Mireille EUGER, Philippe EUGER, Annie FOURNIER, Michel ABDOU, Chantal LECESNE, Jean-Claude LENORMAND, ORIA, Eric JONQUAIS …

L’exposition sera également complétée par un ensemble de sculptures présentées par des artistes issus de la région.

 Le dimache 5 juin, afin de renouer avec l’ambiance champêtre et les sorties durant lesquelles les artistes peignaient sur le motif, il sera proposé dans le parc du château un déjeuner sur l’herbe avec panier repas.

Et pour fixer l’impression dégagée par cette mise en scène, les peintres planteront leur chevalet dans le parc du château et réaliseront une œuvre sur le motif alors que d’autres artistes composeront des portraits pour renouer avec le thème du Festival.

 Dimanche 5 juin après-midi, Sophie DOUMALIN, Directrice de la Médiathèque du canton, proposera aux enfants et aux adultes une initiation aux arts plastiques.

Plusieurs ateliers seront proposés aux travers des différentes techniques et les débutants pourront acquérir les premiers éléments.

 Lieu : Château la Motte, rue Saint Pierre 27290 Montfort sur Risle

Horaires : les 4 et 5 juin de 9h00 à 19h00

 Entrée Libre / Animations gratuites

 Panier repas pour le Déjeuner sur l’herbe à réserver près de l’Office de Tourisme au 0232563576

Buvette / Stationnement à proximité immédiate

Informations / réservations: Office de Tourisme 0232563576

SUR LES PAS D’ALBERT LEBOURG

 En partenariat avec l’Office de Tourisme Val de Risle de Montfort sur Risle, sera proposée une randonnée culturelle autour de l’Impressionnisme :

 En compagnie de Chantal, peintre local, sera proposée une randonnée culturelle de 8 kms intitulée « Sur les pas d’Albert Lebourg ».

Nous évoquerons la vie du peintre à travers les environs de son village natal. Nous découvrirons la beauté des lieux qui a suscité les premiers émois créatifs d’Albert Lebourg exacerbant sa sensibilité   faisant de lui un artiste incontournable.                                                  Albert Lebourg - autuportrait --( Musée des beaux-arts de Rouen)                                                   

 Sur RDV près de l’Office de Tourisme les samedis 11 et 18 juin  - 0232563576

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au Musee des Beaux arts de ROUEN

14 Avril 2016, 09:41am

Publié par le webmaster

au Musee des Beaux arts de ROUEN

 

Dans le cadre de la 3ème édition du Festival Normandie Impressionniste

Présidé par Erik ORSENNA

"SCENES DE LA VIE IMPRESSIONNISTE"

 E. MANET

 A. RENOIR

Cl. MONET

B. MORISOT…

Exposition ouverte

au Musée des Beaux-arts de ROUEN

du 16 avril au 26 septembre 2016

de 10h à 18h tous les jours sauf les mardis et le dimanche 1er mai

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à la Chambre de Commerce et d'Industrie Seine Mer Normandie

14 Avril 2016, 08:31am

Publié par le webmaster

VERNISSAGE le 18 avril 2016 à 11h30 à la C.C.I.

VERNISSAGE le 18 avril 2016 à 11h30 à la C.C.I.

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DES SUPERBES EXPOSITIONS NOUVELLES...inaugurent la troisième édition du Festival Normandie Impressionniste

12 Avril 2016, 15:35pm

Publié par le webmaster

à la MAISON DE ARTS de

76120 GRAND-QUEVILLY, mail des arcades

organisée par la Municipalité avec la collaboration de François LESPINASSE, Commissaire de l'Exposition et de l'Association des Amis de l'Ecole de ROUEN présidée par Jean-Claude DELAHAYE,

et le parainage

d'Erik ORSENNA, Président  du Festival.

entrée libre

du lundi

au samedi

15h/16h

VERNISSSAGE DE

L'EXPOSITION

SAMEDI 23

AVRIL 2016

11heures

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François LESPINASSE publie un nouvel ouvrage

5 Mars 2016, 13:33pm

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couverture du nouvel ouvrage de F.LESPINASSE : "François DEPEAUX (1853-1920)"

couverture du nouvel ouvrage de F.LESPINASSE : "François DEPEAUX (1853-1920)"

préfacé par Laurent SALOME,

Directeur scientifique de la Réunion des Musées Nationaux Grand Palais

comprenant 316 pages, 118 reproductions couleurs et 152 reproductions noir et blanc

réalisé avec la collaboration de l'Association des Amis de l'ECOLE DE ROUEN

Après la publication en 2010 de son essai "François DEPEAUX, un grand collectionneur" dans le catalogue "une ville pour l'impressionnisme, Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen" de l'exposition au Musée des beaux-arts, sous la Direction de Laurent Salomé, François Lespinasse a souhaité poursuivre son enquête sur le collectionneur Rouennais.

Une nouvelle visite au Pays de Galles et Swansea, un passage aux archives de Cardiff, la surprenante découverte des carnets journaliers de Jules Jacqueline, Directeur des Établissements Depeaux, entre autres, ont permis une meilleure approche du négociant-armateur , yachtman et propriétaire de 55 Sisley, 20 Monet, 9 Pissarro, 5 Toulouse-Lautrec, 6 Renoir, 39 Lebourg, 20 Guillaumin, 1 Gauguin, et des meilleures œuvres de Delattre, de Pinchon et Ottmann.

BULLETIN DE SOUSCRIPTION

 

Prix de souscription :

29 € jusqu'au 16 avril 2016

32 € au-delà de cette date

 

Règlement à adresser à l'ordre de :

l'ASSOCIATION DES AMIS DE L'ECOLE DE ROUEN

437 rue de Griolet

76320 Saint-Pierre-lès-ELBEUF

(date d'envoi de l'ouvrage mi-avril après règlement)

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Charles ANGRAND, un Normand parmi les plus importants peintres

9 Février 2016, 12:57pm

Publié par le webmaster

Charles Angrand (1854-1926), Dans l’île des Ravageurs, 1885, huile sur toile marouflée, signée, 46 x 55 cm.

Charles Angrand (1854-1926), Dans l’île des Ravageurs, 1885, huile sur toile marouflée, signée, 46 x 55 cm.

A Lorient, le samedi 19 décembre 2015 s’est vendu un tableau de l’artiste «  Dans l’ile des ravageurs, en automne » peint en 1885, 136.000 euros. A ce prix, ajoutons les frais de 14,40 % et nous arrivons à la somme très élevée de 155 584 euros.

De format 10 : 0,46 X 0,55, cette  petite toile impressionniste est une exceptionnelle découverte.

Qui est donc ce peintre, né le 19 avril dans le bourg de Criquetot-sur-Ouville en plein pays cauchois à équidistance des falaises de la côte d’Albatre et des boucles de la Seine ?

Ch.Angrand - autoportrait - 1880

Ses œuvres figurent dans les plus grands musées du monde : Metropolitan Museum New-York, Dallas Museum, National Gallery Londres, Orsay Paris, Petit-Palais Genève, Van Gogh Museum Amsterdam, Tournai, Ny Carlsberg Glypothek  Copenhague mais aussi Rouen, Helsinki, Bagnoles-sur-Cèze, Dieppe…  Et pourtant son œuvre peint ne comporte pas plus de 80 numéros.

Destiné par ses parents à l’enseignement, le père est lui-même instituteur à Criquetot de 1849 à 1875, Charles Angrand va gagner aRouen et devenir répétiteur au Lycée Corneille de Rouen. Là, dans la ville aux cent clochers, il suit les cours de l’Académie de peinture et de dessin située dans l’enclave Sainte-Marie à deux pas du Lycée.

En 1875, il visite l’exposition Corot à Paris et décide de se tourner vers la peinture.

Son premier envoi officiel est pour le 26 ème Salon municipal de Rouen avec « Fleurs des champs » en 1878. Il souhaite partir pour Paris dès 1’année suivante mais sa demande est refusée.

A l’Académie, ses professeurs ont pour nom : Gustave Morin (1809-1886) Philippe Zacharie (1849-1915) puis Edmond Lebel (1834-1908), ses collègues Charles Frechon (1856-1929 )et Joseph Delattre (1858-1912). L’un des anciens élèves de l’Académie est Léon Jules Lemaitre (1850-1905) à qui le 21 mars 1879 le conseil municipal de Rouen refuse la demande du peintre de voir prolonger une bourse de sixième année à Paris.

Ces jeunes artistes sont gagnés par le pleinairisme, et l’Impressionnisme, dont les expositions se sont tenues en 1874,1876 et 1877 et vont se poursuivre à cinq reprises (1879,1880,1881,1882 et 1886) .

Léon Jules Lemaitre est le mentor rouennais de ces artistes. Tous optent pour ce mouvement novateur.

Charles Angrand adresse en 1880 au Salon de Rouen «  La Gare Saint-Sever », « ce paysage, quel paysage!, appartient à l’Ecole Impressionniste …  »   écrit le critique du « Nouvelliste » puis en 1882 à ce même Salon « Le Gardeur de dindons » et « Autoportrait » (fusain).

le gardeur de dindons - 1881 - coll.part.

À la rentrée scolaire de 1882, il est nommé comme répétiteur au collège Chaptal, 45 Boulevard des Batignolles à Paris . Là, commence l’aventure parisienne qui va durer quatorze ans.

En 1883, Charles Angrand tente le Salon mais est refusé. Il écrit à Claude Monet pour rejoindre le groupe et essuie un nouveau refus.

La proximité de la place Clichy, du Café Guerbois, de la Nouvelle Athènes depuis Chaptal, lui permet de rencontrer les meilleurs éléments des milieux littéraires et artistiques de Paris, alors capitale mondiale des Arts.

Il adhère à la « Société des jeunes artistes » où il expose. Il est remarqué par le journaliste de Lutèce qui écrit le 29 décembre : «… signalons encore M. Angrand qui fait de l’impressionnisme, sans tomber dans la charge … ».

Mais, surtout il va faire partie des fondateurs de la Société des artistes indépendants « basée sur le principe de la suppression des jurys d’admission, a pour but de permettre aux Artistes de présenter librement leurs œuvres au jugement du Public » . Il rencontre Georges Seurat, Paul Signac, Albert Dubois-Pillet.

L’éloignement avec ses parents donne à l’artiste le devoir de les informer d’une manière régulière, mais aussi ses amis peintres en particulier Delattre et Frechon.

Cette correspondance nous permet ainsi de mieux connaitre l’artiste et les événements artistiques de la capitale.

Le 29 avril 1884 à ses parents : « …encore refusé : ils sont constants dans leur exclusivisme. Peut-être exposerai-je néanmoins. Un groupe d‘artistes indépendants s‘est réuni pour décider une exposition privée (…) Ce groupe d’indépendants n’a rien de commun avec les impressionnistes. L’exposition ne sera rien autre chose qu’un salon des refusés. »

Et cette autre missive : « Je suis allé jusqu’au boulevard Magenta voir un peintre de mes amis, un impressionniste. Je tenais à le voir. On m’avait dit qu’il terminait un grand tableau. C’est Seurat, celui-là même qui avait acheté mes Fleurs ».

La Société des Artistes Indépendants est créée le 4 juin 1884.

La première exposition se tient du 10 décembre 1884 au 30 janvier 1885 Charles Angrand envoie « Dans le jardin » et « Dans la basse-cour ». Les critiques sont sévères dans « La France » du 12 décembre : « Les Indépendants, c‘est-à-dire les refusés du Salon annuel, les fruits secs de la palette et de la terre glaise se sont organisés en société ( …) C‘est insensé! Voyez-vous les écoliers apportaient leurs barbouillages et leurs cahiers de devoirs ».Dans «La Ligue » : «  quel jury un peu éclairé consentirait à admettre les productions des neuf dixièmes d’entre eux. On sort de là attristé et colère ». Tel est le climat.

Après cette exposition, il écrit à ses parents : «je suis allé reprendre mes toiles aux Indépendants. Nous sommes arrivés à un déficit assez considérable. C’était à prévoir. Le choléra n’était plus d’actualité. A Paris, l’occasion est tout. Résultat : nous sommes quelques uns que l’exposition a fait connaître. Avec de l’obstination, nous pouvons peut-être nous en tirer. Durand-Ruel est en train de passer une réclame sérieuse de notre côté ( j’entend du côté des anciens du groupe) ; nous ne pouvons qu’y gagner».

la couseuse - 1885 - coll.part.

En 1885, les correspondances familiales font le point sur le quotidien de l’artiste. En mai, il informe la famille du décès de Victor Hugo. A son retour à Criquetot pour les vacances scolaires, il se replonge dans l’univers normand.

Il entreprend deux tableaux importants « La Couseuse », sa mère cousant dans la pièce principale de l’habitation, et une étude éponyme. « Dans le jardin » représentant son père bêchant dans le potager jouxtant la maison.

Puis de retour à Paris, il se rend sur le bord de Seine au nord de la capitale. Charles Angrand aime se rendre à Asnières. Il apprécie tout particulièrement la tranquillité de l’ile des ravageurs habitée par des chiffonniers et peut dresser là, le format 10 (0,46 X 0, 55) objet de ces lignes.

Comme l’écrit Robert L. Herbert : « la Seine, dans la banlieue de Paris était depuis longtemps le point où se rejoignaient la ville et la campagne, mais cette imbrication était devenue plus sensible avec la prolifération des usines et l’envahissement progressif des terrains vagues, par des maisons de commerce et les immeubles locatifs».

En 1886, plusieurs événements considérables ont lieu :

-     la huitième et dernière exposition du groupe impressionniste, du 15 mai au 15 juin où Georges Seurat présente « Un dimanche après-midi à la Grande Jatte » peint selon la méthode qu’il vient d’inventer : la division du ton.

-     l’apparition du terme « néo-impressionniste » lancé par Félix Fénéon,

-     l’arrivée de Vincent Van Gogh à Paris,

-     le manifeste du symbolisme par Moréas …  

En cours d’année, Charles Angrand exécute plusieurs toiles importantes : « La Seine à Saint-Ouen » et deux formats 30 : « la Ligne de l’ouest à sa sortie de Paris, vue prise des fortifications et, Terrains vagues (Clichy)». 

Du 21 août au 21 septembre, la seconde exposition de la société des artistes indépendants a lieu dans un baraquement des Tuileries à Paris. Charles Angrand est à Criquetot-sur-Ouville où il exécute sa première toile divisionniste « Un Coin de ferme »

 Grâce à l’amitié et complicité du critique Jean Le Fustec (1855-1910), collègue à Chaptal, il peut accrocher six toiles au salon parisien. Ce sont : «  Femme cousant; La Ligne de l’ouest; Le Fumier; La Seine, le matin; Terrains vagues (Clichy) et Dans l’ile des ravageurs, en automne »   

le fumier - 1890 - col;part.

A l’occasion de la dernière exposition du groupe apparait Félix Fénéon (1861-1944) remarquable critique d’art, journaliste. Il rend compte de l’envoi du Normand : « Angrand qui exposait pour la première fois en 1883, n’a pas adopté la facture impersonnelle et comme abstraite des dissidents de l’impressionnisme : sa brosse, d’une violence rusée, travaille et triture ingénieusement une pâte épaisse et plastique, la configure en reliefs, l’érafle, l’écorche, la guilloche et la papelonne. Le requièrent surtout des scènes de la vie agreste normande, et les environs immédiats de Paris : ses Terrains vagues à Clichy (1886), sa Ligne de l’Ouest à sa sortie de Paris, sa vue prise des terrains vagues (1886) se particularisent par leur sapidité, leur mélancolie rude, une tendance aux tons graves ».

Deux autres critiques sont particulièrement intéressantes, celles de Le Fustec dans Le Journal des Artistes dirigé depuis 1882 par Louis Alphonse Bouvret (1831-1898). La première est du 22 août : « …s’ils étaient des adeptes de l’École, ces artistes auraient parmi les paysagistes connus des notoriétés remarquables parce qu’ils sont riches en talent. Nous leur demandons qu’ils nous donnent au moins l’équivalent de ce qu’ils nous accorderaient s’ils étaient des habitués du Salon » ;. et d’ajouter le 29 août : « reste Angrand. A première vue les œuvres de cet artiste vous imposent l’opinion qu’ils ont été faits devant la nature. Que vous preniez le paysage normand ou le paysage parisien, l’impression est la même. Il y a dans ces toiles une sincérité à laquelle on ne se trompe pas. Ses verdures sentent le terroir. Ses paysages d’automne aux environs de Paris vous parlent du sol crayeux qui les porte, de même que les gazons normands plantureux, gras, puissants vous racontent la terre vigoureuse qui les produit (…) En somme, Angrand fait œuvre d’artiste en soumettant sa palette et son pinceau à l’observation. Il se place ainsi dans le grand champ de la liberté artistique où nul ne peut se donner carrière s’il n’a en lui les ressources suffisantes pour être original. Les toiles qu’il a données à cette exposition affirment énergiquement son originalité. A vrai dire il n’est pas encore arrivé à son but dans cette voie. Mais il y a chez lui un progrès qui a été constaté dès le premier jour et qui, nous en sommes convaincu, persistera tant que cet artiste fera œuvre d’impressionniste véritable en se maintenant dans l’observation ».

De l’été 1886 à la mort de Seurat, survenue le 29 mars 1891, Charles Angrand va réaliser une dizaine de toiles divisées ( L’Accident, La Seine à l’aube, Les Moyettes, Scène de moisson, Le Fumier …)

l'acccident - 1887 - coll.part.

Il expliquera à Eugène Brieux (1858-1932) en mars 1889 les raisons de ce choix et reviendra sur ces toiles précédentes : « …J’indique cette tendance à raison de la volte face que je dois maintenant avouer et qui m’a amené, non sans des études intermédiaires se réclamant de Monet : Les terrains vagues, l’Ile des Ravageurs, La Ligne de l’ouest - à la recherche actuelle sur laquelle je vous demanderai de m’étendre un peu … ».

 

La toile qui vient d’être vendue à Lorient, dont le premier propriétaire, ainsi qu’il est consigné dans le Mémorandum manuscrit des œuvres données ou vendues, fut Monsieur PLÉ, fondateur de la maison de fournitures pour artistes à Paris. C'est un élément supplémentaire pour affirmer la place exceptionnelle de Charles Angrand parmi les peintres de sa génération.

Terminons par cette maxime du peintre : «  Le tableau doit être avant tout une composition, c’est-à-dire une organisation par l’esprit, des lignes, formes, couleurs, en vue d’une harmonie expressive. ».

D’autres découvertes sont prévisibles, et elles apporteront une nouvelle preuve indiscutable de l’immense talent de cet artiste si peu à l’honneur dans sa contrée natale.

 

François Lespinasse,

décembre 2015

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